Premiers entrepreneurs du charbon britannique

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Les Premiers entrepreneurs du charbon britannique ont innové très tôt en rentabilisant leur charbon par des fabriques de verre, de céramique, de briques ou de sel raffiné situées en général à proximité des gisements. Ils ont aussi pris de l'avance technologique en bâtissant des mines sous la mer dès le XVIIe siècle ainsi que des voies acheminant des wagonnets, des pompes permettant le drainage de l'eau ou des canaux pour diminuer le coût de livraison de leur charbon, ce qui a permis au Royaume-Uni d'être très tôt et de très loin le premier producteur mondial.

La machine à pomper l'eau des mines dont Thomas Savery déposa un brevet en 1698 et qui fut améliorée une dizaine d'années plus tard par Thomas Newcomen a permis des progrès important, en particulier celui de creuser plus profond, sans craindre le ruissellement de l'eau dans les galeries ou tout simplement le long des parois du puits.

La machine permet de pomper 500 litres à la minute et de descendre à quarante-mètres sous terre. En 1750, une centaine d'entre elles équipent déjà les mines de charbon d'Angleterre, permettant de creuser plus profond et d'augmenter la production à une vitesse très rapide. En Écosse, elles sont multipliées par cinq entre 1700 et 1800 et représentent le tiers de celle du pays. La machine a cependant pour inconvénient de consommer beaucoup de charbon.

Les mines descendant plus profond, cette machine n'est par ailleurs pas jugée assez puissante. Le futur inventeur de la machine à vapeur, l'écossais James Watt, l'étudie pour tenter de l'améliorer, en partenariat avec John Roebuck, scientifique et entrepreneur d'une mine de charbon en Écosse, qui est régulièrement inondée. Finalement James Watt décide de s'allier avec d'autres partenaires, comme le fabricant d'acier John Wilkinson.

Autre innovation très importante des mines anglaises, les rails faits de simples barres de bois sur lesquelles circulaient des chariots également de bois", mais « généralement complétée par un rebord externe qui empêchait la roue de sortir du rail »[1], soit dix fois plus que la France[2]. S'ils existaient depuis longtemps, ces rails sont développés sur longue distance par Charles Montagu (1658-1721) à partir de 1699: avec un trajet de six kilomètres, la voie permet d'étendre considérablement le champ d'extraction des Mines de charbon de Newcastle jusque-là confiné aux abords les plus proches de la rivière Tyne, le long de vallée qui descend vers le port de Newcastle. La substitution de rails en fonte aux rails de bois s'opère à partir de 1767[3], l'année où se développe la fonte au coke chez John Wilkinson et John Roebuck. Elle permet d'élargir encore le périmètre d'extraction.

Par ailleurs, les usages du charbon vont croissant. La substitution de la coke, (du charbon de terre cuit) au charbon de bois pour faire de la fonte est opérée dès 1709 par Abraham Darby, mais cette fonte est encore fragile et coûteuse. La demande de charbon est aussi dopée par le développement des usines de briques, tuiles, céramiques et verre, ou les brasseries.

La croissance très rapide entre 1700 et 1800

La production anglaise fut très tôt significative, dans l'Angleterre élizabéthaine, avec 35 000 tonnes en 1560 et 200 000 tonnes quarante plus tard, permettant à un poète anglais de déclamer en 1650 : Correct your maps, Newcastle is Peru, selon Fernand Braudel[4]. Cependant, l'industrie charbonnière a dans un premier temps été tirée surtout par la demande, l'offre ne s'ajustant vraiment qu'au XVIIIe siècle.

Le doublement de la population anglaise entre 1530 et 1650 créa des besoins en charbon, la forêt ne suffisant plus[5]. Un indice composite (reconstitué au XXe siècle) montre que, sur cette période, la moyenne des prix des charbons anglais, tirée par la forte demande, a progressé de presque 80 % en suivant une courbe assez accidentée mais quasiment toujours en progression[6]. Il faut cependant attendre les innovations de la période 1695 à 1710 (pompage des galeries, rails sur grande longueur et fonte au coke) pour que la production accélère vraiment et soit en mesure de faire face à la demande puis de faire baisser les prix.

Dès 1800, les Mines de charbon de Newcastle produisent 1,4 million de tonnes, soit trois fois plus qu'un siècle avant. Les autres régions, plus au sud, croissent un peu plus tard mais encore plus vite et s'imposent au XIXe siècle. Au total, l'Angleterre produit six millions de tonnes en 1790.

La substitution de rails de fonte aux rails de bois s'opère à partir de 1767[3], et accélère le mouvement dans le dernier tiers du siècle. De pair avec la multiplication du nombre de canaux, qui suit les Aménagements de rivière en Angleterre, il augmente considérablement le nombre de gisements accessibles à un coût raisonnable, sur fond de division par deux du coût moyen, ce qui stimule aussi à nouveau la demande.

Dans une étude réalisée en 1815, le baron Charles Dupin constate que la longueur des voies ferrées, sans locomotive mais avec des wagons pleins de charbon, est de 76 lieues dans les Mines de charbon de Newcastle et de près d'une centaine de lieues dans le comté de Glamorgan, au cœur du réseau des Mines de charbon du Pays de Galles. Selon ce rapport, la longueur la plus étendue est celles des "projets présentés aux capitalistes" aux alentours d'Édimbourg et Glasgow, au centre des Mines de charbon d'Écosse.

Six innovateurs, dont cinq à partir des années 1700

Notes et références

Annexes

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