Prince Mychkine

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dessin au trait d'une tête de profil entourée d'écriture
Dessins et texte manuscrit de F.M. Dostoïevski. "L'Idiot" de 1867

Le Prince Mychkine, Muichkine ou Prince Lev Nikolaïevitch Mychkine (en russe : Князь Лев Никола́евич Мы́шкин) est le héros principal du roman L'Idiot de l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski, publié en 1869.

L'idiot pour les contemporains du prince est en fait un fol en Christ[1].

Le prince Mychkine est un « jeune homme [.] de vingt-six à vingt-sept ans, un peu plus grand que la moyenne, [sa chevelure est épaisse et d'un blond fade], les joues creuses et une petite barbiche légère, tout en pointe, presque totalement blanche. Ses yeux sont grands et bleus et attentifs. »[2]. Leur fixité a quelque chose de doux mais inquiétant. Ils ont un étrange reflet qui pourrait se révéler être celui du regard d'un épileptique. Ses traits ne manquent pas de finesse[3],[4].

Sa voix est « douce et conciliante ». Il est présenté comme appartenant au meilleur monde et étant d'une politesse raffinée. Il manque toutefois d'aisance en société et est souvent embarrassé et maladroit. Mais il n'est jamais désemparé; il sait garder son sang-froid.

Il n'a souci ni de son élégance, une fois qu'il prendra possession d'un vaste héritage, ni de son débraillé aussi longtemps qu'il manque de moyens. Toute valeur humaine a pour lui plus d'importance que l'argent : il emprunte sans penser déchoir ou donne sans compter. Le prince est courageux, brave sans être téméraire et sans l'impavidité d'un cœur froid. Dans la société il prend parti pour les causes nobles et délicates, celles perdues d'avance. Il a un sentiment de l'honneur très affiné envers tout ce qui est noble, inutile ou menacé[5].

Tout le monde le tient pour bavard, mais c'est par ingénuité de quelqu'un qui ne peut même pas concevoir la nécessité de la prudence. Il s'abstient toujours de juger et reste dans un état de pensive humilité, en relation intime avec la perfection[6].

C'est un fin psychologue. La puissance de son regard vient du fait qu'il n'est durci par aucune convoitise ou hostilité. Il fait confiance à tout le monde et quand il voit bien les défauts du prochain il les accepte avec une objectivité tranquille. Le prince est prêt à aider autrui jusqu'à l'oubli complet de soi-même[7].

S'ajoute à toutes ces qualités, celle de la véracité. Non pas parce qu'il ne ment pas, mais parce qu'il s'est mis au service de la vérité et qu'il l'exprime en restant indifférent à tout ce qui peut en résulter y compris des choses fort désagréables.

Le prince a souffert d'épilepsie dès sa première enfance. Il est resté longtemps en Suisse pour se faire soigner et d'un coup il a été délivré des ténèbres qui l'oppressaient sans être totalement guéri de la maladie[8]. C'est grâce à ses relations avec les enfants du village suisse et avec Marie qui est malade, qu'il a vu sa santé se raffermir. Les évènements qu'il va connaître en Russie vont faire réapparaître les crises et le prince se retrouve à la fin du roman dans le même état que dans cet établissement de santé suisse et ne reconnaît plus les gens qui l'entourent[9].

Le prince est mal équipé pour les relations d'homme à homme et les traits de sa personnalité ne facilitent pas le succès dans la société. Il a choisi une manière d'existence qui s'efforce d'incarner les plus hautes valeurs humaines et se révèle difficile à déployer en ce monde[10].

Signification de la figure

Références

Bibliographie

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