Stepan Ianovski

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Stepan Ianovski
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Stepan Ianovski (en russe : Степан Дмитриевич Яновски), né en et mort le en Suisse, était un médecin de famille de l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski[1]. Il a suivi l'état de santé de l'écrivain durant les années 1846 à 1849, quand Dostoïevski avait entre 24 et 28 ans. Il est auteur de mémoires sur Dostoïevski parues dans la revue Le Messager russe, (1885, № 176). Les traits du caractère de Ianovski et certains évènements de sa vie de famille se reflètent dans la personnalité du personnage de Pavel Pavlovitch Troussotzky dans le roman de Dostoïevski L'Éternel Mari.

Stepan Ianovski s'est formé à la section moscovite de l'académie medico-chirurgicale de Saint-Pétersbourg S. M. Kirova. Il a été en service au régiment Préobrajensky, durant l'hiver 1837 comme médecin, et à l'université d'État des techniques forestières de Saint-Pétersbourg, comme professeur de sciences naturelles. Au milieu des années 1840, il entre en fonction au ministère des affaires intérieures de l'Empire russe au département des fournitures médicales, puis commence à pratiquer la médecine à son compte. Cela lui permet de rentrer dans le cercle des écrivains de Saint-Pétersbourg[1]. En 1855, Stepan Ianovski épouse une actrice du théâtre Alexandra, Alexandra Choubert-Ianovskaïa ; le mariage a duré 8 ans[2]. En 1871, Ianovki part à la retraite et part en Suisse où il meurt en 1897[1].

Relations avec Dostoïevski

Au printemps 1846, un étudiant du nom de Vladimir Maïkov s'adresse à Ianovski et lui demande d'accepter de donner une consultation à un ami proche âgé de 24 ans qui lui a confié souffrir de vertiges et d'insomnies. La première rencontre du médecin et de l'auteur des romans qui venaient de sortir Les Pauvres Gens et Le Double a lieu à la fin du mois de mai et était, au début, officielle, mais devint rapidement amicale. Ils se rencontrent une fois par semaine mais certains mois davantage (chaque jour) et ce durant trois ans c'est-à-dire jusqu'à l'arrestation de l'écrivain en 1849. Les procédures médicales entreprises par Ianovski visent à éliminer l'apparition régulière de crises d'épilepsie et des vertiges. Le médecin insiste pour que la patient, malgré ses craintes d'avoir des crises, se conduise comme quelqu'un en bonne santé. Grâce à des soins spéciaux et à la prise de décoctions de salsepareille (smilax aspera L), il parvient par ailleurs à débarrasser Dostoïevski de symptômes précurseurs de la tuberculose[3].

Leurs conversations ne se limitent pas à la seule consultation médicale : ils parlent aussi de musique et de littérature, de la vie de tous les jours ; le médecin est au courant des problèmes familiaux et financiers de son patient[4]. Ianovski est un des premiers à apprendre l'arrestation de Dostoïevski le matin du à son domicile. Le frère de Fiodor, Mikhaïl Dostoïevski apprend lui aussi avec inquiétude cette arrestation effectuée par la troisième section de la Chancellerie Impériale[5]. Dix ans plus tard, en 1859, quand Fiodor Dostoïevski sorti du bagne a obtenu l'autorisation de vivre à Tver, Ianovski se souvient dans ses mémoires qu'il fut le premier des proches de l'écrivain à rendre visite à son ami à Tver[1].

Selon les historiens, les lettres échangées entre Dostoïevski et son ami médecin ont été conservées, aussi bien celles d'avant le séjour au bagne que celles d'après[1]. Ainsi, au printemps 1868, après la sortie du roman L'Idiot, Ianovski informe Dostoïevski des réactions du public à son dernier roman : « Au club, dans les salons, dans les tramways… partout, tout le monde demande : avez-vous lu le dernier roman de Dostoïevski? »[6]. Dostoïevski de son côté exprime sa gratitude envers son ami et médecin dans une lettre datée de 1872 :

« Vous êtes un de ceux que je n'oublie pas, un de ceux qui m'ont parlé sévèrement dans ma vie… et je vous en suis reconnaissant. Vous m'aimez et vous m'interpelliez alors que j'étais atteint d'une maladie mentale grave (maintenant j'en suis convaincu), avant mon voyage en Sibérie où j'ai guéri … Toute ma vie je vous serai reconnaissant…[6] »

Vie de famille

А. Choubert-Ianovskaïa

Dostoïevski avait beaucoup de sympathie pour l'épouse de Ianovski, Alexandra Choubert, et regrettait qu'elle soit confinée, comme actrice, dans des rôles d'ingénue au théâtre. Il lui promet de composer pour elle une comédien en un acte[2]. En 1860, quand Ianovski et Alexandra Choubert commencent à penser à se séparer, Fiodor Dostoïevski est sans le vouloir amené à s'impliquer dans les problèmes conjugaux du couple. Il appuie la décision de l'épouse de s'installer à Moscou et de quitter Saint-Pétersbourg et prend plutôt le parti d'Alexandra face à son mari Stepan : « Il semble tout à fait convaincu que nous entretenons une correspondance permanente, que vous suivez mes conseils… Il me semble aussi qu'il est un peu jaloux et pense peut-être que je suis amoureux de vous »[5].

Le poète Alexeï Plechtcheïev s'est aussi impliqué dans le conflit entre le médecin et sa femme. Il trouve que c'est le mari qui était à l'origine de la situation complexe du couple : « Je pense que vivre avec un homme comme Ianovski est ennuyeux, c'est entendre toute sa vie le même discours, c'est comme si quelqu'un était condamné toute sa vie à ne manger que de la confiture aux fraises ! »[2]

Le couple se sépare en 1863, mais son histoire se retrouve dans l'œuvre de Dostoïevski L'Éternel Mari (1870). Selon les critiques, certains traits de caractère de Ianovski — la suspicion, la chicanerie, la jalousie — se retrouvent dans l'image du héros du roman, Pavel Pavlovitch Troussotzky[7] — un personnage , « qui ne peut être qu'un mari »[8]. Après la sortie du roman (selon Dostoïevski c'est plutôt une nouvelle) L'Éternel Mari, le poète Apollon Maïkov avoua à l'auteur qu'il avait immédiatement reconnu Ianovski et son personnage dans le héros du roman[2].

Souvenirs de Ianovski

Références

Bibliographie

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