Prix Barbier

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Baron Joseph Athanase Barbier

Le Prix Barbier est un prix annuel décerné par l'Académie des sciences à partir de 1862 pour récompenser une découverte importante dans les sciences chirurgicale, médicale, pharmaceutique et dans la botanique ayant rapport à l'art de guérir[1].

Fondation du prix

Ce prix est fondé au plus tôt en 1847 grâce à un legs de Joseph‐Athanase Barbier (1767‐1846), chirurgien en chef de l'hôpital du Val-de-Grâce[n 1], qui le désigne ainsi :

« Je prétends et je veux qu'une somme annuelle de neuf mille francs soit affectée pour fonder trois prix annuels, savoir :
Un de trois mille francs à celui qui découvrira des moyens complets de guérison pour des maladies reconnues jusqu'à présent le plus souvent incurables, comme la rage, le cancer, l'épilepsie, les scrofules, lie typhus, le choléra-morbus, etc. ;
Une somme pareille de trois mille francs pour prix annuel en faveur de celui qui inventera une opération, des instruments, des bandages, des appareils et autres moyens mécaniques reconnus d'une utilité générale et supérieure à tout ce qui a été employé et imaginé précédemment ;
Pareille somme de trois mille francs pour prix annuel pour celui qui fera une découverte précieuse pour la science chirurgicale, médicale, pharmaceutique et dans la Botanique ayant rapport a l'art de guérir[3]. »

Il y a donc à l'origine trois prix : le premier attribué par l'académie royale de médecine, le deuxième par la faculté de médecine de Paris et le troisième par l'Institut de France.

Montant du prix

Les héritiers Barbier disputent ce legs auprès de l'Académie des sciences, et un décret du 2 mars 1859 autorise la réduction du prix à 2 000 francs[3],[4]. Il faut cependant noter que plusieurs sources donnent différentes sommes : le Bulletin de l'Académie de médecine de 1864 donne 4 000 francs[5] ; Maindron (1881) mentionne 3 000 francs en 1865 et 1866[6] ; les Archives de neurologie donnent 2 500 francs en 1893[7] et 2 000 francs en 1894 [8] ; et 2 400 francs en 1909[9]… Au moins deux raisons peuvent intervenir pour expliquer ces variations : 1) les sources indiquant des sommes supérieures à 2 000 francs font peut-être l'amalgame entre les institutions distribuant le prix (ce qui met un doute sur la précision de ces sources quant à savoir quelle institution distribue quel montant) ; 2) l'institution peut avoir décidé d'augmenter ponctuellement le montant du prix : ainsi on note que les deux années 1865 et 1866, qui voient 3 000 francs attribués par l'une ou l'autre institution, suivent l'année 1864 où le prix n'a pas été attribué - ce qui laisse 2 000 francs disponibles pour les années suivantes dans la caisse des institutions respectives.
D'autres raisons peuvent aussi intervenir, non mentionnées dans les sources trouvées.

Modalités d'attribution

Le prix est attribué sur concours, avec des ouvrages soumis à une commission spéciale[10],[11] dont les membres sont élus[12]. Pour les concours de prix, les auteurs doivent généralement soumettre leurs travaux en y joignant leurs noms sous pli cacheté, ce dernier étant ouvert seulement pour les ouvrages ayant obtenu le prix[4] ; l'Académie a décidé le que si cette condition de discrétion n'est pas remplie, le candidat est exclu. Mais le prix Barbier est l'un des six prix pour lesquels cette discrétion n'est pas exigée (les cinq autres étant les prix Itard, d'Argenteuil, Godard, Amussat et d'Ourches)[13].

Il peut être partagé (ce qui n'est pas le cas de tous les prix décernés, certains peuvent l'être et d'autres non). Mais seuls les prix donnent droit au titre de lauréats, à l'exclusion des encouragements, récompenses et mentions honorables qui n'y donnent pas droit[14].

Première attribution et buts visés

Le prix est attribué pour la première fois en 1862 seulement[15], alors qu'il est disponible depuis 1856 : en décembre 1864, lors d'un débat sur l'élargissement des conditions d'attribution du prix, il est précisé que sept fois déjà il n'a pas été décerné. Le fondateur M. Barbier, a demandé des moyens complets de guérison pour des maladies réputées incurables ; une condition difficile à remplir. L'Académie souhaite donc assouplir cette exigence. Elle obtient l'autorisation de pouvoir récompenser les travaux qui se rapprochent le plus du but proposé par le testateur ; elle décide aussi de ne pas se limiter à l'examen des travaux soumis et d'aller au-devant de toute découverte allant dans le sens du but proposé pour le prix, y compris à l’étranger ; et elle décide aussi d'inclure la chirurgie dans l'éventail des travaux acceptés[16]. Ainsi les conditions d'obtention sont redéfinies :

« [Il est] décerné à l'auteur « qui découvrira des moyens complets de guérison pour des maladies reconnues jusqu'à présent le plus souvent incurables, comme la rage, le cancer, l'épilepsie, etc., etc. Des encouragements pourront être accordés à ceux qui, sans avoir atteint le but indiqué, s'en seront le plus rapprochés »[4],[17]. »

Le prix n'est pas systématiquement décerné chaque année : la commission juge parfois que le but n'a pas été atteint. Ainsi, même avec la redéfinition dans les années 1860 du but visé, en 1906 aucun des quatre mémoires soumis n'en est jugé digne mais trois d'entre eux reçoivent des « encouragements », ou « mentions honorables » voire « très honorables », accompagnés de 500 francs[10],[n 2].

Confusion

Récipiendaires

Notes et références

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