Le tirage argentique est un processus d'imagerie monochrome basé sur la sensibilité à la lumière des halogénures d'argent. Une brève exposition à un négatif produit une image latente, qui est ensuite rendue visible par un agent de développement. L'image est ensuite rendue permanente par traitement dans un fixateur, qui élimine les restes d'halogénures d'argent encore photosensibles. Enfin, un rinçage à l'eau retire le fixateur de l'épreuve. L'image finale est constituée de petites particules d'argent liées dans une couche de gélatine.
Une épreuve à la gélatine argentique est composée de quatre couches: du papier, de la baryte, un liant de gélatine, et une surcouche de gélatine protectrice. Cette structure multicouche et la sensibilité des sels argentiques nécessitent un équipement de revêtement spécialisé et une technique de fabrication fastidieuse pour produire un film homogène exempt d'impuretés nuisibles à l'image.
Le support en papier sert de substrat sur lequel les couches suivantes sont fixées. Le papier est à bien des égards un support idéal : il est léger, flexible et suffisamment solide pour résister à la fois au traitement humide et à la manipulation régulière. Le papier photographique doit être exempt d'impuretés photoactives telles que le fer et les lignines. Afin d'obtenir cette pureté, le papier était à l'origine fabriqué à partir de chiffons de coton. Une transition vers l'utilisation de pâte à papier purifiée a eu lieu après la Première Guerre mondiale.
La deuxième couche est la baryte, un revêtement blanc opaque composé principalement de gélatine et de sulfate de baryum. Son but est de recouvrir les fibres du papier et de former une surface lisse sur laquelle apposer la gélatine.
La troisième couche est le liant de gélatine qui contient les grains d'argent de l'image photographique. La gélatine possède de nombreuses qualités qui en font un liant photographique idéal. Parmi celles-ci figurent la résistance à l'abrasion à l'état sec ainsi que sa capacité à gonfler et à permettre la pénétration des solutions de traitement. La quatrième couche, appelée surcouche ou couche de finition, est une très fine couche de gélatine durcie appliquée au-dessus du liant. Elle agit comme une couche protectrice, offrant une résistance à l'abrasion supérieure à la surface d'impression.
Avant qu'un papier ne soit exposé, la couche d'image est une matrice de gélatine transparente contenant les halogénures d'argent photosensibles. Ces halogénures sont généralement des combinaisons de bromure d'argent et de chlorure d'argent. L'exposition à un négatif se fait généralement avec un agrandisseur, bien que l'impression par contact fut également populaire au début du XXe siècle et parmi les utilisateurs d'appareils photo grand format. Partout où la lumière frappe le papier, les halogénures forment de petites taches de métal argenté à leur surface par le processus chimique d'oxydoréduction. L'exposition est la plus élevée dans les zones correspondant aux parties claires des négatifs, qui deviennent ainsi les parties sombres de l'épreuve.
Ce processus est la formation de l'image latente, car il forme une image invisible dans le papier qui est ensuite rendue visible par le développement. Le papier est placé dans le révélateur, qui transforme les particules d'halogénure d'argent qui ont une tache d'image latente sur eux en argent métallique. Maintenant, l'image est visible, mais les restes d'halogénure d'argent non exposé doivent encore être enlevés pour rendre l'image permanente. L'épreuve est d'abord placée dans un bain d'arrêt, ce qui arrête le développement et empêche le révélateur de contaminer le bain suivant: le fixateur.
Le fixateur, typiquement du thiosulfate de sodium, est capable d'éliminer l'halogénure d'argent non exposé en formant avec lui un complexe hydrosoluble. Enfin, un lavage à l'eau enlève le fixateur de l'épreuve, laissant une image composée de particules d'argent maintenues dans la couche d'image de gélatine transparente. La tonification est parfois utilisée à des fins de permanence ou d'esthétique et suit l'étape de fixation. Les toners au sélénium, à l'or et au soufre sont les plus courants et agissent soit en convertissant partiellement l'argent en un autre composé (tel que le séléniure d'argent ou le sulfure d'argent), soit en remplaçant partiellement l'argent par un autre métal (tel que l'or)[1]. Ces composés moins facilement oxydables permettent d'atténuer la détérioration de l'image au cours du temps (jaunissement et décoloration).