Projet de transfert de données est-ouest

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Projet de transfert de données est-ouest :
  • Hubs émetteurs (régions orientales)
  • Hubs récepteurs (régions occidentales)
  • Rôle hybride de Chengdu-Chongqing (émetteur et récepteur)
  • Clusters de données associés aux hubs
  • Connexions Hub-Cluster
  • Connexions entre Hubs

Le projet de transfert de données est-ouest (en mandarin : 东数西算, Dōng shù xī suàn, « Données de l'Est, Calcul à l'Ouest »), aussi connu sous le nom anglais de Eastern Data Western Computing (EDWC), est un projet d'infrastructure numérique lancé en février 2022 par la Chine, visant à rééquilibrer la répartition géographique de ses centres de données. Conçu pour répondre à la forte concentration des infrastructures numériques dans les provinces de l'Est, il prévoit de transférer une partie des capacités de calcul vers les régions de l'Ouest, moins peuplées mais riches en ressources énergétiques renouvelables et disposant de coûts fonciers et électriques plus faibles. L'initiative s'inscrit dans la stratégie nationale de développement durable et de réduction de l'empreinte carbone, tout en cherchant à stimuler l'économie intérieure par des investissements massifs dans les provinces de l'Ouest.

La Chine, en tant que première économie numérique mondiale, a une demande croissante en capacité de calcul. Cependant, 65 % de ses centres de données sont concentrés dans les provinces de l'Est pour minimiser les distances de transmission et servir les utilisateurs finaux. Cette concentration crée une forte pression sur les ressources, car l'Est, avec seulement 11 % de la superficie du pays, fait face à une population dense, un coût élevé de l'énergie, et une importante charge de réduction des émissions de carbone. En 2021, les centres de données chinois ont consommé 237 milliards de kWh d'électricité, ce qui représente 3 % de la consommation totale du pays, et généré près de 160 millions de tonnes d'émissions de CO. D'autre part, le nombre de racks de serveurs des centres de données, de 5,2 millions en 2022 (10 % du total mondial), sont attendus en croissance de 110 %, ce qui n'est pas soutenable si les pratiques actuelles de conservation des données n'évoluent pas[1].

Le projet Eastern Data Western Computing (EDWC) est lancé en février 2022[2],[1],[3] dans le cadre d'une stratégie inter-agences visant à optimiser le réseau informatique du pays en déplaçant les centres de données de la région côtière et développée de l'Est vers les vastes provinces de l'Ouest[4][source insuffisante] pour tirer parti des avantages de ces régions, notamment leurs ressources naturelles abondantes (hydroélectrique, solaire et éolienne), leurs coûts réduits en électricité et en terrain, et leur climat plus frais qui facilite la dissipation de la chaleur des serveurs. Sur le plan environnemental, la réorganisation des centres de données, combinée à une optimisation de l'efficacité énergétique, pourrait permettre une réduction cumulative des émissions de CO2 de 361 millions de tonnes d'ici 2030, ce qui aiderait la Chine à atteindre son objectif de réduction de 18 % de l'intensité carbone de son PIB d'ici 2025. Sur le plan économique, avec l'électricité représentant 70 % des coûts d'exploitation des centres de données, le transfert vers l'Ouest devrait générer des économies substantielles, avec des bénéfices directs de 53 milliards de dollars d'ici 2030, et des gains indirects potentiels compris entre 117 et 172 milliards de dollars. Cette hypothèse repose toutefois, en parrallèle au transfert des centres de données, sur une amélioration de leur efficacité énergétique, avec un indicateur moyen devant passer de 1,7 à 1,2[1].

Ce projet est comparé à des initiatives d'infrastructures passées, comme le projet de transfert d'eaux sud-nord, mais il se distingue en cherchant à stimuler le développement des régions intérieures plutôt que de simplement approvisionner des régions déjà développées. Pékin espère que le détournement d'infrastructures et d'entreprises de haute technologie vers ces régions moins développées encouragera la productivité, la diversification des compétences et l'emploi, tout en tirant parti des coûts fonciers et de l'électricité plus faibles. L'initiative a le potentiel de générer environ 400 milliards de yuans d'investissements par an et de transformer des provinces intérieures comme le Guizhou et la Mongolie-Intérieure[2]. Son succès pourrait servir de modèle pour d'autres pays, en particulier les économies émergentes comme l'Inde et le Brésil, qui connaissent une croissance rapide de leur infrastructure numérique. L'approche chinoise, qui consiste à intégrer les centres de données aux sources d'énergie renouvelable et à planifier des délocalisations à petite échelle, pourrait être une source d'inspiration pour ces nations[1].

Mise en œuvre et défis

Pour mettre en œuvre ce plan, le projet a créé huit pôles de calcul répartis entre l'Ouest et l'Est afin de distribuer la charge. L'initiative vise à transférer les données moins sensibles à la latence, comme les données de sauvegarde et les données « sub-chaudes » utilisées pour la récupération après sinistre, vers l'Ouest. Les données « chaudes », qui nécessitent une faible latence pour des applications comme les transactions financières, resteront dans l'Est. Le plan vise à transférer jusqu'à 95 % des besoins en données numériques de la Chine. Le projet se concentre principalement sur la planification des futurs centres de données, car le démantèlement des infrastructures existantes dans l'Est est rare. Moins d'un an après son lancement, plus de 112 nouveaux centres de données ont été autorisés ou sont en construction dans les pôles prévus[1].

Malgré ses promesses, l'initiative fait face à plusieurs défis. L'un des principaux est le déséquilibre régional, car l'Ouest manque d'une chaîne industrielle de données développée. Attirer des talents qualifiés et des entreprises non étatiques pour qu'elles délocalisent leurs activités reste une difficulté. De plus, il existe des défis techniques, notamment la gestion des transferts de données sur de longues distances et le contrôle de l'efficacité de l'utilisation de l'énergie. La dépendance aux énergies renouvelables pose également des questions sur la variabilité de leur production et les coûts élevés de la transmission sur de longues distances[1].

Nom et étymologie

Voir aussi

Références

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