Provency

From Wikipedia, the free encyclopedia

Lieux-dits, hameaux et écarts

Provency est un village du sud de l'Yonne, entre Avallon (km) et l'Isle-sur-Serein (km).

Le paysage de Provency est celui des plateaux calcaires bourguignons, aux reliefs vallonnés, couverts de prés, de champs et de bois.

Le bourg de Provency (alt. 280 m) est situé au bord du petit cours d'eau qui, prenant sa source près d'Athie, va se jeter dans la Cure près de Voutenay (le Ru du Vau de Bouche).

Trois hameaux sont rattachés à la commune :

  • Genouilly à 0,8 km du bourg.
  • Marcilly à 1,7 km du bourg.
  • Tour de Pré à 1,5 km du bourg.

Voies de communication

Provency est situé sur la D86 qui relie Avallon et l'Isle-sur-Serein. Elle est également traversée par la route départementale 9 qui conduit à Athie et à Lucy-le-Bois.

L'A6, ou autoroute du soleil, passe sur le territoire de la commune. Mais la sortie la plus proche est la no 22 - Avallon, à 11 km de Provency.

Communes limitrophes

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[1]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (1,5 °C), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver[2].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 16 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 804 mm, avec 11,9 jours de précipitations en janvier et 8,1 jours en juillet[1]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « St André », sur la commune de Saint-André-en-Terre-Plaine à 11 km à vol d'oiseau[3], est de 11,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 849,9 mm. La température maximale relevée sur cette station est de 41,3 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −16 °C, atteinte le [Note 1],[4],[5].

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020[6]. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[7].

Urbanisme

Typologie

Au , Provency est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[8]. Elle est située hors unité urbaine[9]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Avallon, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[9]. Cette aire, qui regroupe 74 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[10],[11].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (97,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (97,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (65,3 %), terres arables (29,9 %), zones agricoles hétérogènes (2,7 %), forêts (2,1 %)[12]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Proanceium (XIVe siècle) ; Provhanciacum (1305) ; Provence (vers 1150) ; Proency (1184) ; Prohenci (1258) ; Provency (1484) ; Genouilly et Marcilly[13].

Attraction du nom de lieu Provincia devenu Prohensa[14], Provency , appelé au Modèle:S-XII Proency, signifie « Pro-Ancy », c'est-à-dire « devant Ancy » ; d'où Pancy Provency, « pené propė Anciacum (tout près d'Anciacum) , proche d'Ancy »[15]. Son nom viendrait probablement d'une cité ancienne disparue : Anciacum ou Ancy, qui était située entre Athie et Sainte-Colombe[16]. Les étymologies de Provency (Prope Anciacum) et de Pancy (Pone Anciacum), hameau détruit de Sainte-Colombe, indiqueraient la situation respective des deux villages par rapport à la ville d'Ancy[17].

Histoire

Les origines

Probablement une cité ancienne disparue : Anciacum ou Ancy, qui était située entre Athie et Sainte-Colombe (des débris de poterie romaine y furent trouvés).

Le village de Provency est cité au XIIe siècle sous le nom de Provence ou Proency[18].

Au Moyen Âge

Extrait de la Carte de Cassini (Carte 47 Auxerre publiée en 1758)

Buret de Prey, seigneur de Marcilly, de La Tour-de-Prey et de Thory, fonda en 1239 à Marcilly l'abbaye de femmes de Notre-Dame-de-Bon-Repos, de l'ordre de Cîteaux où les paroisses voisines venaient en pèlerinage en temps de calamité climatique et où se firent inhumer un grand nombre de représentants de la noblesse locale.

En 1258, Provency dépendait de l'abbaye de Reigny, puis en 1305 du Chapitre de Montréal[19].

Provency et ses hameaux formaient plusieurs seigneuries relevant les unes (Provency et Genouilly) de Montréal rattaché au duché de Bourgogne, les autres (Marcilly et la Tour-de-Prey) de Noyers, qui dépendait du comté de Champagne. De cette situation frontalière découla une histoire souvent mouvementée, tout particulièrement lors de la Guerre de Cent Ans.

La terre de Provency appartint successivement aux Damoiseau, aux Sainte-Maure ; Genouilly était aux Pampelune.

Les temps modernes

Durant les Guerres de Religion, la région fut le théâtre d'affrontements entre les catholiques et les protestants puis, après le sacre d'Henri IV, entre les troupes royales et les ligueurs. Au printemps 1593, le duc de Guise envahit l'Auxerrois et l'Avallonnais : les troupes de la Ligue s'emparent de nombre de places fortes. Mais rapidement, les troupes fidèles à Henri IV reprennent l'initiative. Conduites par le duc de Nevers et le marquis de Ragny, avec le soutien de l'artillerie de Montréal, elles délogent le capitaine Sardin, qui occupait la forteresse de Tour de Pré avec une bonne garnison[17].

L'époque contemporaine

C'est en 1832 que l'industrie du ciment romain fait son apparition dans la région : les frères Gariel installent une usine à Vassy, hameau d'Etaules. Rapidement, la demande augmente et d'autres usines dressent leurs hautes cheminées dans les villages alentour. En 1875, M. Bougault installe une cimenterie à Genouilly. En 1885, Adrien Dumarcet, successeur des frères Gariel, ferme l'usine de Vassy et installe également son entreprise à Genouilly[20].

En 1877, le P.L.M. arrête le tracé définitif de la ligne de chemin de fer d'Avallon à Nuits. En , le tronçon entre l'Isle-sur-Serein et Angely est inauguré. En 1906, une gare avec un hangar et un quai de chargement est construite à proximité des cimenteries de Genouilly[21].

Vers la fin du XIXe siècle, Provency est un gros village peuplé de plus de 500 habitants (521 au recensement de 1881). Au début du XXe siècle, on trouve deux épiciers, un aubergiste, trois maçons, un bourrelier, un charron, un maréchal-ferrant, un marchand de vin en gros, un facteur, un garde-champêtre, sans compter le maire, l'instituteur et le curé. Le reste de la population travaille la terre ou est employé dans les cimenteries locales[21].

Mais le déclin est déjà commencé : à la veille de la Première Guerre mondiale, le village a perdu 135 habitants, soit le quart de sa population en 30 ans. Et la guerre va l'amputer d'un nouveau quart.

Tandis que la seconde moitié du XIXe siècle avait vu l'expansion de l'industrie cimentière autour de Vassy et Genouilly, la première moitié du XXe siècle marque son déclin. En 1904, les cimenteries de la région se réunissent en formant un cartel : la Société Anonyme des Ciments de Vassy, dont le siège social s'établit à Paris. Mais il leur est difficile de résister à la concurrence du ciment moderne, ou ciment Portland. Dumarcet ferme l'usine d'Angely en 1938 et celle de Genouilly en 1939. La cimenterie Bougault résiste jusqu'en 1960[20].

Le réseau ferré Avallon - Nuits, intégré à la SNCF en 1938, est fermé en 1951[21].

Économie

Politique et administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
14 mars 1983 13 mars 1989 Daniel Poignard   Avocat
13 mars 1989 24 mars 2014 Pierre Coste DVD Directeur de banque
24 mars 2014 en cours Jean-Claude Landrier SE Cadre supérieur

Intercommunalité

La commune adhère à plusieurs groupements :

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[22]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[23].

En 2023, la commune comptait 250 habitants[Note 3], en évolution de +2,88 % par rapport à 2017 (Yonne : −1,78 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
472431472482458477486489484
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
441451485451413521468481465
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
429394386277325277273277262
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
251242211228216227233209243
2021 2023 - - - - - - -
251250-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[24] puis Insee à partir de 2006[25].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine

Pour approfondir

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI