Cora (grande distribution)

ancienne entreprise française de grande distribution From Wikipedia, the free encyclopedia

Cora est le nom d'une enseigne d'hypermarchés d'origine belge créée par Philippe Bouriez en 1974 et disparue au milieu des années 2020. L'enseigne était gérée par le groupe Louis Delhaize.

Création
Dates clés2024 : reprise par le groupe Carrefour en France
Disparition (France)
(Belgique)
FondateursPhilippe Bouriez
Faits en bref Création, Dates clés ...
Cora
logo de Cora (grande distribution)
illustration de Cora (grande distribution)
Un hypermarché Cora à Haguenau, devenu par la suite Carrefour en octobre 2024.

Création
Dates clés 2024 : reprise par le groupe Carrefour en France
Disparition (France)
(Belgique)
Fondateurs Philippe Bouriez
Forme juridique Société par actions simplifiée à associé unique
Slogan « L'hyper proximité » (France)
« La passion du choix » (Belgique)
Siège social Croissy-Beaubourg, 1 Rue du Chenil
France
Direction Ludovic Chatelais (1er juin 2019)
Actionnaires Groupe Carrefour
Activité Hypermarchés
Produits HypermarchéVoir et modifier les données sur Wikidata
Société mère Groupe Carrefour (en France)
Groupe Louis Delhaize (en Belgique)
Sociétés sœurs Carrefour, Match
Effectif 18 072 en 2017
BCE 0402537726Voir et modifier les données sur Wikidata
SIREN 786920306
TVA européenne BE0402537726[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.cora.fr

Chiffre d'affaires 4 618 millions d'euros (2018)
Résultat net 59,6 millions d'euros (2018)[2]

Société suivante Carrefour (en France)
Fermer

Le premier hypermarché français du groupe ouvre sous franchise Carrefour à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise) le 30 mai 1969. Un réseau de points de vente se développe alors dans le nord de la France et en Belgique au début des années 1970. L'enseigne devient indépendante à la fin du contrat de franchise avec Carrefour en 1974.

L'enseigne est présente en France de ses débuts jusqu'au rachat des activités françaises du groupe Louis Delhaize le 1er juillet 2024 par le groupe Carrefour. Les 60 Cora français passent ainsi progressivement sous l'enseigne Carrefour fin 2024. La même année, le groupe Louis Delhaize avait déjà cédé ses deux magasins Cora du Luxembourg au groupe français E.Leclerc. L'enseigne a également détenu des magasins en Roumanie et en Hongrie par le passé.

Le 8 avril 2025, pour des raisons économiques, Cora annonce sa volonté de fermer ses sept hypermarchés belges le 31 janvier 2026, mettant ainsi à la porte 1 779 employés[3].

Le 8 septembre 2025, Delhaize annonce la reprise d'une partie de la superficie des sept hypermarchés Cora[4].

Origine du nom

Une rumeur, démentie par Cora[5], suggère qu'à la fin de la franchise avec Carrefour, il a fallu trouver un nom pour l'enseigne et qu'au même moment une petite entreprise homonyme des alentours de Verdun vient de faire faillite. Ce nom est racheté et celui-ci a comme avantage de pouvoir s'écrire avec les lettres C, A, R et O de Carrefour, et les couleurs de l'enseigne sont conservées.

Une autre théorie est que le nom « Cora » est emprunté à la déesse grecque Perséphone (romaine : Proserpine), également connue sous le nom de Cora. Cela car la déesse symbolise le renouveau et que la période coïncide avec l'indépendance que prend l'enseigne vis-à-vis de Carrefour[6][réf. nécessaire].

Historique

Origines

En 1850, Jacques Delhaize, négociant en vins, imagine et applique en Belgique le principe du succursalisme, des points de vente livrés par un entrepôt central. L'un de ses fils, Louis Delhaize, développe une société qui est à l'origine du groupe actuel.

Au début du XXe siècle, leurs descendants, Georges et René Delhaize, s'installent dans le nord et l'est de la France. Le premier crée les Docks du Nord à Lille. Le second achète Sanal à Nancy et Sadal à Strasbourg.

En 1928, André Bouriez, un des neveux des frères Delhaize, entre à la Sanal à Nancy.

En 1965, André Bouriez, rapproche les réseaux Mielle, Sanal, Sadal Docks du Nord.

Le parking du Cora de La Louvière (Belgique).

Cora (1969-2024)

Le premier hypermarché Cora français ouvre en septembre 1969, franchisé par le groupe Carrefour à Garges-les-Gonesse, suivi peu après d'un second à Villers-Semeuse (Ardennes). Le premier hypermarché Cora belge ouvre également le 30 mai 1969, à Hornu[7], introduisant le concept d'hypermarché en Belgique[8]. Entre 1970 et 1974 ouvrent ensuite dix magasins Cora sous franchise Carrefour à Bruay-la-Buissière, Courrières, Wattignies, Houdemont, Mundolsheim, Houssen, Vendin-le-Vieil, Sarrebourg.[réf. souhaitée]

En 1974, les contrats de franchise expirent, l'enseigne « Cora » est créée. En 1975, Philippe Bouriez devient président du groupe Louis Delhaize.

De 1975 à 1985, Cora ouvre un hypermarché tous les six mois avec le slogan « Cora, la qualité est là ! ».

En 1982, l'enseigne rachète le groupe Révillon.

En , Cora reprend quinze hypermarchés et dix cafétérias Radar.

En , lancement de 500 produits signés Cora.

En 1991, prise en compte de l'aspect environnemental avec la création d'une quarantaine de produits à marque Génération Verte (biodégradabilité supérieure à 95 %).

En 1992, première édition des « Écoles du désert » en collaboration avec l'agence GAO Voyage. Chaque année un enfant de chaque magasin partira dans un pays d'Afrique à des fins humanitaires (livraisons dans les écoles de plusieurs tonnes de matériel scolaire).

En 1995, développement de gammes de produits spécifiques : les tondeuses Verciel, les vélos Optim'Alp, l'électroménager Domeos, le textile Influx.

En 1997, lancement de la marque « Engagement dès l'origine ».

En 1998, lancement des produits à marque « Cora Nature Bio ».

En 1999, création de la centrale d'achat « Opéra », en association avec le groupe Casino. Opéra devient la 3e centrale d'achat française, en volume.

En 2000, lancement des produits Cora destinés aux enfants et animés par le personnage « Kido ». (Kida, la sœur de Kido fera son entrée en 2013).

En 2002, Cora se sépare du groupe Casino et crée sa propre centrale d'achat, Provera qui est confiée à Kuehne+Nagel. Il existe plusieurs dépôts, comme celui de Roye (80), Bondoufle (91). La même année, Cora propose environ 3500 produits et lance les produits participant au développement durable ainsi qu'une gamme de produits de Terroir à la marque « Patrimoine Gourmand ».

En 2003, Cora lance l'enseigne « Cora Voyages ». Provera est la centrale d'achats alimentaire de plusieurs enseignes telles que Cora, Match, Maximo, Migros France et Francap[9].

En 2008, remplacement progressif des produits « Engagement Dès l'Origine » par les produits « Cora Dégustation ».

Depuis août 2010, chaque année, Cora lance le collector Cora destiné aux enfants. Au début, il y a des cartes autocollantes le 24 août 2011 (Kung Fu Panda 2, Madagascar 2, Shrek…), puis des jetons le 22 août 2012 (Madagascar 3), ensuite des balles rebondissantes le 20 août 2013 (Les Schtroumpfs) à collectionner, et le collector est sur le thème des animaux avec des cartes animées le 20 août 2014. Une bourse d'échange est organisée chaque année dans tous les magasins. En raison du déclin des ventes d'année en année, le collector est arrêté à partir de la rentrée 2015.

Le 14 mars 2014, Philippe Bouriez, père fondateur de Cora, décède à l'âge de 81 ans.

L'année 2014 est particulièrement difficile pour Cora, le chiffre d’affaires s’établi à 4,57 milliards d’euros, soit une chute de 6,3 % sur l'année[source secondaire souhaitée].

Le , Carrefour et Cora signent un accord de coopération des achats. Ce partenariat porte sur la négociation à l’achat des produits de marques nationales et internationales, alimentaires et bazar, à l’exception des marques de distributeur, des produits élaborés par les PME et des produits frais issus des filières agricoles. Ce partenariat est effectif dès le 1er janvier 2015. Le communiqué des deux groupes précise également que « Carrefour et Cora / Supermarchés Match maintiennent leur politique commerciale propre, chaque enseigne définissant de manière séparée ses prix et sa politique promotionnelle »[10].

En , après avoir déjà regroupé plusieurs de ses SAV en France, Cora annonce une nouvelle restructuration sur deux ans. Certains services comme la maintenance ou la sécurité sont concernés. Par ailleurs, la comptabilité individuelle de plusieurs magasins français va être centralisée au siège social.

En 2015, les ventes repartent à la hausse (+3,2 %) et les marges se redressent, notamment grâce à l'alliance des achats avec Carrefour[source secondaire souhaitée].

En , ouverture du 60e magasin à Bourgoin-Jallieu en Isère. Ce magasin ferma ses portes le 31 décembre 2022[11].

Entre 2007 et 2017, Cora perd 18 % de chiffre d'affaires, mais maintient un résultat d'exploitation à un bon niveau[12].

En avril 2017, Cora entame une restructuration interne impliquant l'externalisation des Services Après Vente. Un PSE (Plan de Sauvegarde de l'Emploi) est annoncé en septembre 2017 pour 2018. Ce plan concerne 540 personnes[13],[14].

En 2018, Cora ouvre en France son 61e magasin aux Pavillons-sous-Bois (93).

Rachat de Cora France par le groupe Carrefour (2024)

Le , le groupe Carrefour annonce le rachat de Cora en France et des supermarchés Match à l'horizon été 2024[15]. Le rachat s'effectue sur la base d'une valeur d'entreprise de Cora de 1,05 milliard d'euros[16],[15],[17],[18]. Ce rachat comprend également la centrale d'achat Provera (fermée fin 2025) ainsi que l'école des métiers située à Boussy-Saint-Antoine[19],[20].

En , le groupe E.Leclerc annonce le rachat des magasins de l'enseigne Cora, Match et Smatch au Luxembourg[21].

Le , la reprise de Cora France par le groupe Carrefour devient effective[22]. Les magasins Cora en France sont progressivement remplacés par des Carrefour à partir du jusqu’au , la bascule se déroule pendant une période de transition au cours de laquelle les hypermarchés restent ouverts[23].

Davantage d’informations Chiffre d'affaires HT, Nombre d'employés ...
Cora ces dernières années
Chiffre d'affaires HT Nombre d'employés
2012 5 039 284 600 18 805
2013 4 880 994 320 18 397
2014 4 575 092 854 Non communiqué
2015 4 719 901 198 Non communiqué
2016 4 700 261 289 17 911
2017 4 688 059 196 18 072
2018 4 618 437 107 Non communiqué
2019 4 086 526 316 17 861
2020 3 854 072 278 17 901
2021 3 821 801 109 17 416
Fermer

Identité visuelle

Cora possède le même logo ovale depuis le milieu des années 1970. Certains détails (comme la police, le contour de l'ovale, par exemple) ont pu varier au cours des années, mais la forme reste la même.

Implantation

L’ancienne présence de Cora en Europe.

Il existait 61 hypermarchés Cora en France, dont 16 dans le Grand Est, 9 dans les Hauts-de-France, 7 en Île-de-France et 6 en Bourgogne-Franche-Comté. L'enseigne était implantée de manière plus irrégulière dans le reste du territoire hexagonal, par exemple en Auvergne-Rhône-Alpes (Vichy, Lempdes et Publier), en Bretagne (Pacé et Saint-Jouan-des-Guérets), en Centre-Val de Loire (Dreux et Blois), en Normandie (Évreux et Rots) et à Limoges. Le seul magasin Cora de la moitié sud de la France se trouvait à Alès, dans le département du Gard. Un magasin Cora à Bourgoin-Jallieu (Isère) ouvrit en septembre 2017, une première depuis 1996[24]. Ce dernier ferme cependant ses portes le , faute de rentabilité[25].

Les agglomérations de l'Est de la France, comme Metz, Nancy, Reims et Mulhouse, étaient les bastions traditionnels de l'enseigne, qui y détient plusieurs magasins. On peut également citer des implantations dans des villes moyennes comme Saint-Dizier ou Verdun. Un centre Cora était également basé dans le centre commercial "Shop'In Houdemont" situé à Houdemont dans la banlieue de Nancy.

En 2011, le magasin Cora de Mundolsheim, en banlieue strasbourgeoise, est l'hypermarché le plus productif du réseau, avec un chiffre d'affaires de 146 millions d'euros.

L'enseigne Cora était également implantée en Belgique, avec sept magasins dans les agglomérations de Bruxelles (Anderlecht et Woluwe-Saint-Lambert), Liège (Rocourt), Charleroi (Châtelineau), Mons (Hornu), La Louvière et Arlon (Messancy). Ces magasins cessent à leur tour leurs activités le 31 janvier 2026[26]. Une partie de la superficie des centres commerciaux est reprise par Delhaize[27].

Cora exploite des hypermarchés en Hongrie entre 1997 et 2012, avant qu'Auchan, déjà présent dans ce même pays, ne reprenne la totalité des magasins[28].

L’enseigne Cora est également présente en Roumanie et au Luxembourg jusqu’en 2024. En Roumanie, c’est l’enseigne Carrefour qui reprend la totalité des magasins[29] tandis qu’au Luxembourg, c’est l’enseigne E.Leclerc qui reprend la totalité des magasins (Foetz et Bertrange)[30].

Le 19 novembre 2024, tous les hypermarchés Cora sont remplacés par Carrefour en France, le groupe Carrefour ayant racheté l'enseigne le 1er juillet de la même année[23]. Au premier semestre 2026, suite à une décision de l'Autorité de la concurrence, deux ex-Cora français (Villers-Semeuse et Publier) prendront l'enseigne Hyper U[31].

Controverses

Condamnation d'une hôtesse de caisse pour vol de ticket de réduction

Le , Cora fait la une des journaux pour avoir voulu licencier une employée accusée d'avoir récupéré un ticket pour un hamburger gratuit laissé à sa caisse par un client. L’hôtesse de caisse, une mère de famille gagnant le revenu minimum et employée au Cora Mondelange depuis dix ans, est convoquée pendant plus de deux heures par la gendarmerie pour éclaircir ce vol de ticket de caisse. La députée PS de Mondelange (Moselle) Aurélie Filippetti appelle la direction à « mettre fin à cette mascarade honteuse au nom du respect de l'action syndicale ». La colère contre l'enseigne Cora est ressentie au niveau national, et la pression est telle que Cora décide d'abandonner les poursuites lancées contre la caissière[32],[33],[34].

Licenciements de salariés refusant de travailler le dimanche

En , Cora licencie des salariés ayant refusé de travailler le dimanche[35]. En mai 2019, le mode de gestion de Cora est à nouveau montré du doigt lorsque plusieurs salariés ont dénoncé avoir été licenciés pour avoir refusé de travailler le dimanche[36].

Le , mise sous pression par les polémiques déclenchées par d'anciens employés licenciés, la direction de Cora annonce vouloir ouvrir des négociations avec ses employés concernant le travail du dimanche[37],[38],[39].

Les salariés qui n'acceptent pas de travailler le dimanche s'exposent à des pressions. Selon un cadre de l'entreprise : « On les convainc de quitter l’entreprise en leur disant qu’ils auront droit au chômage. Si ça ne suffit pas, on leur cherche une faute grave. Ou on leur affirme que ne pas faire les dimanches, c’est une faute grave[40]. »

Notes et références

Voir aussi

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