La prérogative de puissance publique est la faculté de l'administration d'imposer des actes administratifs unilatéraux d'application immédiate. Ce concept consacre le bénéfice, pour l'administration, d'un droit exorbitant du droit commun[1]. La gestion d'une mission d'intérêt général, qui caractérise l'administration, ne peut s'effectuer sans ce pouvoir spécifique qu'est la prérogative de puissance publique. Elle permet à l'administration d'être l'auteur d'une décision exécutoire[2].
La prérogative de puissance publique a longtemps été utilisée pour définir un service public[3]. Toutefois, la jurisprudence du Conseil d'État a, dans les années 1970, consacré l'existence de services publics gérés par des organismes privés dénués de prérogatives de puissance publique[2]. Aujourd'hui encore, un service public qui n'exerce aucune prérogative de puissance publique peut être poursuivi auprès du juge judiciaire et non auprès du juge administratif[4].