Psautier de Fécamp

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Psautier de Fécamp
alias Psautier d'Aliénor d'Aquitaine
Image illustrative de l’article Psautier de Fécamp

Bibliothèque Bibliothèque royale des Pays-Bas
Lieu d'origine Abbaye de la Trinité de Fécamp ? Abbaye Notre-Dame de Ham ? Paris ?
Support parchemin
Volume 176 ff.
Format 232 × 169 mm
Datation 1173-1223 (plusieurs hypothèses)
Langue latin

Le psautier de Fécamp est un psautier enluminé réalisé vers la fin du XIIe siècle, peut-être pour Aliénor d'Aquitaine, successivement reine de France, d'Angleterre, et régente d'Angleterre. Le manuscrit est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque royale des Pays-Bas sous la référence KW 76 F 13[1]. Il tire son nom de l'Abbaye de la Trinité de Fécamp où il a été composé selon plusieurs historiens de l'art.

Le psautier contient 176 feuillets de parchemin de 232 X 169 mm. Le manuscrit est écrit en latin avec une police littera textualis encore proche de la minuscule carolingienne. Le bloc de texte mesure 169 X 109 mm et le texte est écrit sur une colonne de 22 lignes par feuille. En plus d'un calendrier des saints, le livre contient les 150 psaumes attribués au roi David, des hymnes et des chants, les Litanies des Saints, et quelques autres prières[1].

Le calendrier est suivi d'un certain nombre d'images avec des scènes de la vie du Christ sans texte d'accompagnement. La série d'images, annonciatrice de l'illustration des Heures de Marie dans les derniers Livres d'Heures, n'est pas complète[2].

Le manuscrit contient 27 miniatures pleine page (176/157x125/109 mm), 36 vignettes de calendrier (32/23 x 31/23 mm), 11 initiales historiées (120 x 80 mm et 70:20 x 74/19 mm) et des initiales décorées [1].


Historique

Les 150 premières années d'existence du psautier restent pour le moment dans l'ombre, mais selon un acte au dos du livre (f187v), le manuscrit a été écrit en 1369 par Gérard de Dainville, alors évêque d'Arras et plus tard de Thérouanne, offert à Jeanne des Planches, une parente, qui était religieuse à l'abbaye des Dames d'Étrun dans le diocèse d'Arras et devint plus tard abbesse de ce monastère. Le livre entra plus tard en possession de Georges-Joseph Gérard, fonctionnaire à Bruxelles, qui inscrivit son nom et la date 1767 au f0v.

La collection de Gérard est entrée en possession des Archives nationales néerlandaises en 1818 et a été transférée à la Bibliothèque royale des Pays-Bas en 1832[2],[3].

Origine et datation

Le premier à dater ce psautier fut WGC Byvanck en 1898, qui le situa vers 1200 comme œuvre d'art anglo-normande[4]. AW Byvanck conclut de l'occurrence du nom de saint Waneng les 9 et 16 janvier dans le calendrier, que le manuscrit doit provenir de l'abbaye de Fécamp, fondée par Waneng vers 600. L'origine normande de l'ouvrage ressortirait également de l'apparition des saints Wandrille, Léger et Eulalie. D'après les dates de canonisation et de translation de Thomas Becket, François, Dominique et Bernard, il est daté entre 1173 et 1223. Selon une étude ultérieure de Koseleff, l'œuvre serait datée d'environ 1180 et appartiendrait à un groupe de manuscrits originaires du nord-est de la France. Finalement, l'œuvre a été classée par Walter Cahn dans le style Channel. Il a suggéré qu'elle pourrait provenir de l'abbaye Notre-Dame de Ham dans le Vermandois, car les reliques de Waneng y ont été transférées au IXe siècle[4].

Selon une récente étude de 2012 de Marianne A. Schouten, le Psautier proviendrait des environs de Paris. Il utilise le calendrier parisien des saints et est en accord avec les Psautiers d'Ingeborg (1200) et de Blanche de Castille (1225). Sur la base d'une analyse du style, elle date le Psautier des alentours de 1200-1210[5].

Fresque représentant une scène de chasse de la Chapelle Sainte-Radegonde de Chinon, où une figure centrale couronnée représenterait Aliénor d'Aquitaine.

Commanditaire

Une étude de 2016[6] défend la thèse selon laquelle le psautier a été commandé par Aliénor d'Aquitaine, en attribuant sa création à l'abbaye de Fécamp, et en le datant de 1185. Jesús Rodriguez Viejo s'appuie sur les arguments suivants :

La ressemblance iconographique du portrait de la commanditaire au f28v en face de l'initiale beatus, avec l'image des rois mages vénérant Marie intronisée avec son enfant aux f17v et 18r. Les riches atours de la dame (vêtements, présence d'éléments en or sur son collier et sa ceinture), et l'exécution somptueuse, avec un usage intensif de la feuille d'or, notamment pour les fonds, indiquent une commanditaire de haut rang.
Quant à l'appartenance de la commanditaire à la famille Plantagenêt, il évoque le soutien royal angevin à l'abbaye de Fécamp, dont Henri de Sully, neveu du roi Étienne d'Angleterre[7], et cousin issu de germains du roi Henri II Plantagenêt[8], fut l'abbé de 1140 à 1187. Enfin, le motif de vair de la doublure du manteau de la dame, similaire à celui que l'on peut voir à l'intérieur du manteau de Henri II Plantagenêt sur les vestiges de peinture murale dans la Chapelle Sainte-Radegonde de Chinon, et qu'on trouve originellement sur la représentation de Geoffroy V d'Anjou Plantagenêt (1113-1151), père de Henri II, sur sa plaque tombale dans la cathédrale Saint-Julien du Mans, de même que la présence, dans le calendrier, d'Hilaire (Hylarii, f2r) et Radegonde (Radegundis virg., f9r), les deux saints patrons de Poitiers, patrie d'Aliénor, désignent cette dernière, d'après l'auteur[6].

Cependant, selon l'étude de 2012 mentionnée ci-dessus, l'origine parisienne du psautier et une date de réalisation entre 1200 et 1210, remettraient en question cette théorie, bien que cette origine et cette datation ne soient généralement pas acceptées[5]. Des recherches plus poussées pourraient fournir une réponse définitive.

Contenu

  • fo : page de garde
  • f1v-f13r : calendrier
  • f14v-f28r : vignettes pleine page sur la vie du Christ
  • f28v : portrait de la donatrice
  • f29r -f163v : psaumes
  • f160v-f167r : chants et hymnes
    • f160v : Chant d'Isaïe, Isaïe 12:1-6 Confitebor tibi domine qui iratus es …
    • f161r : Chant d'Ezéchias, Esaïe 38:10-12: Ego dixi in dimidio...
    • f161v : Chant d'Anne, 1 Samuel 2:1-10: Exultavit cor meum in domino et exaltatum
    • f162v : Chant de Moïse, Exode 15:1-13,17-20: Cantemus domino gloriose
    • f163v : Chant d'Habacuc, Habacuc 3:2-19 Domine auditum
    • f165r : Chant de Moïse, Deutéronome 32 :1-44 : Audite celi quae loquor…
    • f168r : Chant des trois Hébreux dans le four, Daniel 3:57-88 : Benedicite omnia opera
    • f169r : Chant de Siméon, Luc 2:29-32 : Nunc dimittis
    • f169r : Chant de la Vierge Marie, Luc 1:46-55 : Magnificat
    • f169v : Chant de Zacharie, Luc 1:68-79: Benedictus dominus deus Israël
  • f170r-f171v : Credo d'Athanase (Quicumque remplit)
  • f172r-f172v : Hymne d'Augustin et Ambroise, Te Deum laudamus
  • f172v-175r : Litanies des Saints
  • f175r-176r : Collecta de Trinitate et autres collections
  • f176v : acte

Caractéristiques

Notes et références

Liens externes

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