Le modèle de la psychologie sportive a également été adapté au domaine du management. Cette adaptation consiste à transposer les aspects émotionnels qui permettent aux athlètes de haut niveau d'exceller, dans le contexte du management. Parmi les contributions significatives à ce domaine, on trouve les travaux de Terry Orlick, qui a développé le concept de " The Wheel of Excellence[1]" . Ce modèle met en lumière l'importance de la concentration et de l'équilibre de ses supports pour améliorer la performance. D'autres modèles existent tels que le modèle du Corporate Athlete de Jim Loehr et Tony Shwartz[2] qui se concentre sur la gestion des différentes formes d'énergie, telles que l'énergie physique, psychologique, spirituelle et mentale.
La recherche[3] a confirmé que la préparation psychologique des sportifs de haut niveau développe des ressources psychologiques qui augmentent leurs capacités lors des compétitions. L'application de cette préparation au management a démontré qu'elle est tout aussi pertinente pour les managers, leur permettant de mieux faire face aux défis et d'atteindre l'excellence opérationnelle. De même, les travaux de l'INSEP[4] ont montré que la gestion inadéquate de l'anxiété chez les sportifs de haut niveau peut altérer la performance en affectant la concentration et l'attention. Dans la même lignée de pensée, le transfert de ces concepts au monde du management révèle que, dans un contexte professionnel, comprendre et gérer l'anxiété cognitive et somatique peut significativement améliorer l'exécution des tâches et la prise de décision.
Un autre élément central de cette discipline est le concept de la Zone Optimale de Performance[5] (ZOP) dans le sport, également appelé flow[6],[7]en management. Il s'agit d'un état de concentration intense où les individus sont entièrement immergés dans une activité, ce qui mène à une performance et une satisfaction maximales. Ce concept favorise la réalisation d'un état psychologique optimal pour améliorer la performance.
Lors de la pratique d’un sport de haut niveau, chaque athlète agit de manière différente face aux choix liés à sa carrière puisqu’ils ont une identité différente[8]. Les athlètes peuvent alors être classés selon leur vision du sport en six catégories bien distinctes.
Le premier groupe se nomme les maximalistes et ce sont ceux qui voient le sport comme étant la seule chose qui leur importe. Ils sont donc prêts à n’importe quoi, même à adopter un mode de vie malsain, tant qu’ils peuvent compétitionner et dépenser leur énergie. Ces différentes situations peuvent alors devenir dangereuses pour l’athlète[9].
Le deuxième groupe se nomme les prophylactiques. Ce sont des athlètes qui favorisent l’auto-préservation. Bien qu’ils adorent les entraînements et le dépassement de soi, ils ne sont pas prêts à risquer leur vie et adoptent un bon mode de vie sain[9].
Le troisième groupe se nomme les opportunistes et la compétition prend une place importante dans leur sport. Ils sont prêts à tout pour gagner, mais comprennent quand même l’importance du repos et de récupération. Ils comprennent donc que pour mieux performer, leur corps doit être en santé[9].
Le quatrième groupe se nomme les sacrificiels et ce sont les plus intenses lors des compétitions. Ils ne s’entrainent que pour gagner et tous les efforts qu’ils font sont afin d’atteindre leur objectif: gagner la compétition. Ils sont même prêts à sacrifier leur mode de vie, que ce soit lié à l’alimentation, au repos, ou aux blessures, afin de mieux performer et de montrer de quoi ils sont capables[9].
Le cinquième groupe se nomme les démobilisés et ils sont démotivés, que ce soit lors des entrainements ou des compétitions. Ils sont parfois présents puisqu’ils y ont été obligés car le surpassement de soi ne les motive pas[9].
Le dernier groupe se nomme les hédonistes et semblent être similaires aux opportunistes. Ils valorisent eux aussi l’auto-préservation en favorisant des habitudes de vie très saines. Cependant, les opportunistes adorent le dépassement de soi en entrainement alors que les hédonistes performent beaucoup mieux en compétitions[9].