Le complexe nuragique de Punta Unossi se situe, au pied de la Punta Unossi, sur un vaste plateau calcaire (Sa Cuguttada) qui descend vers la vallée de Giunchi en contrebas ; il est dominé, plus au nord/nord‑est, par le nuraghe Punta Unossi, distant d’environ 500 mètres. D’après les traces visibles en surface, le site archéologique s’étend sur au moins 10 000 m² et comporte de nombreuses structures ayant rempli diverses fonctions : habitation, activités publiques et usages sacrés. Les cabanes s’organisent autour d’une structure singulière appelée la « rotonde ». À l’est de la « rotonde », trois cabanes ont été identifiées, mais elles n'ont pas été fouillées. Les structures situées au nord du secteur fouillé sont supposées appartenir à l’époque romaine : en l’état actuel des connaissances, on peut seulement constater une réutilisation de la zone à des fins d’habitat, comme semblent l’indiquer certaines constructions et les objets mis au jour[2].
L’ensemble apparaît ainsi comme un « village-sanctuaire », typique de certains sites nuragiques[3].
Le nuraghe est du type mono-tour. Il est complètement ruiné et il n'en subsistent en moyenne que trois à quatre assises, réalisées avec des blocs calcaires grossièrement équarris, intégrés à l’affleurement rocheux. On suppose qu’il devait remplir un rôle de défense du « village-sanctuaire » qui s’étend à ses pieds, puisqu’il bénéficie d’un excellent point de vue permettant le contrôle d’une vaste portion du territoire[2].
À environ 50 m de l’entrée de la zone archéologique, dans la direction ouest/nord-ouest, on distingue une pièce circulaire de dimensions nettement supérieures aux autres structures (11 m de diamètre extérieur, 7,60 m de diamètre intérieur), qui présente une série d’éléments permettant de l’identifier comme une « cabane des réunions » du même type que celles mises au jour dans divers complexes de l’époque nuragique (Palmavera ; Santa Vittoria ; Santa Cristina‑Paulilatino ; Sant’Anastasia‑Sardara)[4].
La cabane est conservée en moyenne sur deux assises au‑dessus du niveau du sol (hauteur max. 0,85 m) et a été construite avec des blocs calcaires grossièrement équarris. L’épaisseur des murs varie entre 1,40 m et 1,95 m. L’entrée, orientée au nord-ouest, comporte un seuil surélevé d’environ 0,30 m par rapport au sol, constitué de roche affleurante ; elle est délimitée par deux dalles plates fichées verticalement. À l’intérieur, un banc‑siège constitué de blocs calcaires parallélépipédiques court sur toute la circonférence. Sur le côté est, ce banc intègre un élément cylindrique, appelé « siège‑trône » assez érodé. Un autre objet retrouvé du côté oriental, appuyé contre le banc‑siège et calé à la base par de petites dalles calcaires, est clairement interprété comme un modèle de nuraghe, puisqu’il représente également les consoles du balcon d’un monotorre. On suppose que ce dernier reposait à l’origine au centre de la pièce, sur un piédestal circulaire (diamètre extérieur : 1,70 m ; hauteur max. : 0,40 m) construit avec des blocs de basalte en « T », dont quatre sont bien conservés, les autres étant érodés ou fragmentés. L'usage de ce piédestal comme foyer est exclu en l'absence de trace d’utilisation de ce type[4].
L'édifice correspond à une petite tour de 5,20 m de diamètre, d'une hauteur maximale conservée de 2 m, construite avec des blocs calcaires de dimensions moyennes, grossièrement équarris (épaisseur du mur : 1,30 à 1,80 m), reposant sur la roche affleurante. Durant une phase postérieure à la construction, la structure fut entièrement revêtue de blocs en forme de « T » parfaitement travaillés, dont la face visible, courbe, était adaptée au profil circulaire du plan (portant le diamètre total à 7,10 m). Cet appareil isodome enveloppe complètement le monument sur une épaisseur de 0,90 à 1 m, obstruant son entrée[5]. La fonction de cet édifice demeure inconnue, mais son architecture et son implantation suggèrent un rôle central et probablement cultuel[3].
À seulement 0,40 m au nord de la « rotonde », on distingue une vaste cabane n°2 (diamètre interne 5,20 m ; externe 7,30 m ; hauteur conservée 0,45 m), dont l’entrée, orientée à l’est, fait face au monument. Étant donné la très faible distance entre les deux structures, on suppose qu’au moment où la rotonde fut revêtue de blocs en « T », cette cabane tomba en désuétude. Au centre de la cabane, la fouille a mis au jour un aménagement circulaire (diamètre 1,50 m ; hauteur 0,55 m), constitué de blocs tronco‑pyramidaux à section circulaire, dont la fonction reste incertaine (foyer ou piédestal). Cet aménagement reposait sur un sol en argile battue (épaisseur env. 15 cm), lui‑même posé sur une couche compacte de cendre occupant uniformément les deux tiers de la pièce (aucune couche nette n’a été identifiée dans le secteur ouest, qui n’a livré que de vagues traces), directement au‑dessus de la roche affleurante. On a donc estimé que la stratigraphie ne témoignait pas d’un incendie de la toiture végétale. Par ailleurs, compte tenu de l’étendue de la couche de cendre, il paraît peu probable qu’elle soit liée à la présence d’un foyer. Sur cette cabane désormais abandonnée fut construite une nouvelle structure circulaire (cabane n°3), de dimensions plus réduites (diamètre interne 4,20 m ; externe 6,20 m ; hauteur conservée 0,50 m), reposant en partie sur la maçonnerie de la cabane préexistante, en partie sur l’aménagement circulaire, qu’elle obstrue. L’entrée (largeur 1,20 m) de cette nouvelle structure est orientée au sud, ce qui laisse supposer qu’elle est postérieure au revêtement isodome de la « rotonde », lequel obstruait presque l’entrée de la cabane antérieure. Cette pièce a elle aussi livré, en son centre, un aménagement circulaire rudimentaire, réalisé cette fois avec de petites pierres de forme irrégulière (diamètre 1,50 m ; hauteur 0,45 m)[6].
Le petit matériel archéologique retrouvé dans ces deux structures permet de dater la phase la plus ancienne de l'édifice au Bronze moyen, grâce à deux fragments de céramique décorée « au peigne » découverts sur le substrat rocheux de la cabane n°3. Le témoignage le plus récent est un fragment de céramique décorée « à cercles », provenant des « niveaux de surface », attribué au début de l’âge du fer[6].
Sur le côté est de la « rotonde », on distingue trois autres cabanes circulaires ainsi que d’autres structures indéterminées qui n’ont pas fait l’objet d’investigations scientifiques[6].
À environ 25 mètres à l’ouest de la « rotonde », parmi d’autres cabanes circulaires à peine affleurantes, on peut voir un espace rectangulaire (axe nord-sud 7,70 m ; axe est-ouest 6,00 m ; épaisseur des murs : 0,70 à 0,80 m), avec une entrée au sud, comme le suggère la présence d’un seuil. La structure présente un double parement sur trois côtés, tandis que sur le quatrième, à l’est, ne subsiste qu’une seule assise de blocs. L’édifice possédait un sol dallé : il n’en reste aujourd’hui que quelques fragments dans la partie nord[7].