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L'Œil de Carafa

roman du collectif d'auteurs italien Luther Blissett From Wikipedia, the free encyclopedia

L'Œil de Carafa (titre original : Q) est un roman de Luther Blissett, publié pour la 1re fois en Italie au mois de par la maison d'édition Einaudi et traduit dans une dizaine de langues[1].

PaysItalie
LangueItalien
Faits en bref Auteur, Pays ...
L'Œil de Carafa
Auteur Luther Blissett
Pays Italie
Genre Roman historique
Version originale
Langue Italien
Titre Q
Éditeur Einaudi
Lieu de parution Turin
Date de parution Mars 1999
ISBN 88-06-15572-5
Version française
Traducteur Nathalie Bauer
Éditeur Éditions du Seuil
Lieu de parution Paris
Date de parution
Nombre de pages 743
ISBN 2-020-40066-9
Fermer

Il paraît en France le , aux Éditions du Seuil, traduit de l'italien par Nathalie Bauer.

Derrière le pseudonyme de Luther Blissett se cache le quatuor d'écrivains, Roberto Bui, Giovanni Cattabriga, Federico Guglielmi et Luca Di Meo, aujourd'hui membres du collectif Wu Ming après la dissolution du Luther Blissett Project en 1999.

Comme les autres livres de Luther Blissett, L'Œil de Carafa bénéficie du copyleft et est publié avec la mention suivante : « La reproduction, intégrale ou partielle, de l'œuvre et sa diffusion par voie électronique sont autorisées à l'usage des lecteurs et à des fins non commerciales tant que les informations relatives au copyright, à l’éditeur et la provenance de l’œuvre sont clairement reconnues. » [2].

La trame

Le livre narre le voyage effectué par un capitaine, anabaptiste radical, à travers l'Europe, dans la première moitié du XVIe siècle, au cours duquel il prend part aux divers mouvements et soulèvements consécutifs à la réforme protestante. L'intrigue couvre une période de 30 ans, où le protagoniste, qui change souvent d'identité, participe à la guerre des Paysans allemands aux côtés de Thomas Müntzer, à la rébellion de Münster, pour ensuite trouver refuge à Anvers et enfin à Venise. Le protagoniste se trouve impliqué dans une lutte sans merci contre l'énigmatique Q[3], un espion zélé au service du cardinal Giovanni Pietro Carafa, le contrôleur général de l'Inquisition. Cette lutte est jalonnée de conjurations, de trahisons et de massacres. Sans s'être affrontés directement auparavant, les deux hommes se rencontrent à Venise pour l'épilogue de cette sanguinaire chevauchée.

Interprétations

En Europe, plusieurs critiques perçoivent L'Œil de Carafa comme un manifeste politique[4] et soutiennent que le roman est une allégorie de la société européenne après le déclin des mouvements de protestation des années 1960 et 1970. Comme au XVIe siècle où la Contre-Réforme a réprimé tout courant théologique alternatif ou mouvement social et où la Paix d'Augsbourg a consacré la division du continent entre pouvoirs catholiques et protestants, les vingt dernières années du XXe siècle ont été marquées par une résurgence vindicative des thèses conservatrices, et la mondialisation économique du FMI a semblé écraser toute résistance.

Cette interprétation trouve également son origine dans une phrase des auteurs, qui décrivent L'Œil de Carafa comme un manuel des techniques de survie.

Cependant, c'est une des nombreuses interprétations émises au lendemain de la publication du livre. Selon d'autres lecteurs et critiques[5], L'Œil de Carafa est une autobiographie légèrement déguisée de Luther Blissett, fantôme collectif et subversif, changeant d'identité. En réalité, le protagoniste n'a pas de nom (il faut rappeler que les auteurs se sont rebaptisés ultérieurement Wu Ming, dont l'un des sens en chinois, selon la prononciation de la 1re syllabe, signifie « anonyme »)[6], est impliqué dans les soulèvements, incite les personnes à la rébellion, organise des arnaques et des actes malveillants.

Deux romanciers, le britannique Stewart Home et l'américain David Liss ont qualifié le livre d'anti-roman, avec cependant des analyses différentes. Alors que Stewart Home met l'accent sur les références sociales, politiques et subculturelles incluses dans l'intrigue[7], David Liss rejette le livre comme inutile et auto-référentiel[8].

D'autres lecteurs ont exprimé une opinion différente sur L'Œil de Carafa, le qualifiant, indépendamment du radicalisme, du postmodernisme et des allégories, de roman d'aventures, de cape et d'épée dans la pure veine salgarienne et d'autres auteurs populaires de feuilletons[9].

Personnages et événements

Guerre des Paysans allemands

Rébellion de Münster

Anvers

Venise

Possible influence sur QAnon

Wu Ming 1, ancien membre de Luther Blissett, émet la théorie que QAnon aurait possiblement commencé comme un canular faisant référence à L'Œil de Carafa et aux canulars de Luther Blissett[10].

Article connexe

Notes et références

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