Qian Xiuling

scientifique sino-belge From Wikipedia, the free encyclopedia

Qian Xiuling, ou Siou-Ling Tsien de Perlinghi, née en 1912 à Yixing et morte en 2008, est une scientifique et résistante sino-belge. Elle est récompensée de la médaille commémorative de la guerre 1940-1945 pour avoir sauvé près de cent vies au cours de la Seconde Guerre mondiale en Belgique. Une série télévisée biographique de 16 épisodes lui a été consacrée en Chine.

Naissance
Décès
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BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
錢秀玲Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Faits en bref Naissance, Décès ...
Qian Xiuling
Qian Xiuling en 1933
Biographie
Naissance
Décès
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BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
錢秀玲Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Domicile
Herbeumont (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activité
Conjoint
Grégoire de Perlinghi
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Biographie

Qian Xiuling en 1930

Enfance et formation

Qian Xiuling naît à Yixing, dans la province de Jiangsu en 1912, d'une famille étendue et socialement bien introduite[1].

En 1929, à 17 ans, elle quitte la Chine pour l'Europe, souhaitant étudier la chimie à l'université catholique de Louvain[2]. Vers 1930, elle est en compagnie de son frère Zhuoru, lors de leurs études à l’université [3].

En 1933, après avoir rompu ses fiançailles avec son fiancé chinois[4], elle épouse Grégoire de Perlinghi, un médecin belge[5]. Ils partent vivre à Herbeumont, en province de Luxembourg.

En 1935, elle décroche son doctorat en sciences en chimie, avec distinction [6].

En 1939, une source suggère qu'elle voyage à Paris dans l'espoir d'étudier au laboratoire de Marie Curie, sans succès, le laboratoire ayant déménagé aux États-Unis en raison de la Seconde Guerre mondiale[2].

Résistance

Qian Xiuling se mariant à Grégoire de Perlinghi en 1933.

Premier acte

En , la commune d'Herbeumont est occupée par l'armée allemande lorsqu'un jeune Belge fait exploser un convoi militaire en enterrant une mine sous la voie de chemin de fer. Le jeune est condamné à mort, mais Qian Xiuling réalise que le général allemand Alexander von Falkenhausen gouverneur militaire de la Belgique est une connaissance de son cousin, le lieutenant général Qian Zhuolun de l'armée de Tchang Kai-chek. En 1930, Alexander von Falkenhausen a été envoyé en Chine[7] pour la coopération sino-germanique, comme conseiller militaire de Tchang Kaï-chek [8] et a travaillé en collaboration étroite avec le cousin de Qian Xiuling. Elle écrit une lettre et voyage pour voir Falkenhausen, qui décide d'user de son autorité pour épargner le jeune Belge, par humanité[1],[7].

Sauvetage de 97 prisonniers condamnés à mort

Le , Qian Xiuling est encore contactée lorsque les Allemands prennent 97 Belges comme otages et les condamnent à mort en représailles du meurtre de trois policiers de la Gestapo, tués dans la ville d'Ecaussinnes[2]. Bien qu'elle soit alors enceinte de son premier enfant, elle voyage de nouveau pour voir Falkenhausen et lui demander d'intervenir[2]. Il hésite, mais finit par accepter de relâcher les prisonniers, bien qu'il sache qu'il désobéit à un ordre. Le général est convoqué à Berlin pour expliquer son insubordination[2]. Un procès et une condamnation par un tribunal allemand lui sont épargnés en raison de la fin de la guerre. Il est toutefois arrêté, suspect d'avoir participé à l'attentat contre Hitler du , et incarcéré au camp de concentration de Buchenwald, ensuite au camp de concentration de Dachau. Libéré, il est fait prisonnier de guerre par les Américains et extradé vers la Belgique, où il est jugé et condamné en 1951 pour crimes de guerre[8].

Qian Xiuling se rend à son procès et plaide en sa faveur, en tant que témoin de moralité[2]. Il est condamné à 12 ans de prison pour avoir exécuté des otages et déporté des Juifs, mais il est relâché après trois semaines et prend sa retraite en Allemagne où il meurt en 1966[8].

Hommages

  • Qian Xiuling se voit décerner la médaille commémorative de la guerre 1940-1945 par le gouvernement belge[1].
  • Son histoire est portée à l'écran en Chine, dans une adaptation dramatisée de 16 épisodes, Une femme chinoise affronte le pistolet de la Gestapo, où son rôle est tenu par Xu Qing[7].
  • En 2003, sa petite-fille, Tatiana de Perlinghi, réalise un film documentaire, Ma grand-mère, une héroïne ?[9]
  • En 2005, Qian est remerciée par Zhang Qiyue, l'ambassadeur chinois en Belgique, qui visite la maison de retraite où elle vit[10]. Son mari est mort en 1966. Il y a une rue nommée Rue Perlinghi en son honneur dans la ville d'Écaussinnes[11]. Un roman écrit par Zhang Yawen est publié en 2003 (avec pour titre anglais Chinese Woman at Gestapo Gunpoint)[12].
  • En septembre 2025, l'hôtel de ville d'Anvers rappelle l’histoire méconnue des résistants étrangers par une exposition, où un panneau présente la vie de Qian Xiuling [13].

Références

Liens externes

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