Quattro pezzi su una nota sola
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- bois : une flûte alto, un hautbois, un cor anglais, deux clarinettes, une clarinette basse, un basson, un saxophone (ténor dans les deux premières pièces, alto dans les deux suivantes) ;
- cuivres : quatre cors, trois trompettes, deux trombones, un tuba (basse) ;
- une scie musicale (ou flexatone) ;
- timbales et percussions (bongos, tumba, cymbale suspendue, petit et grand tam-tam) ;
- cordes : deux altos, deux violoncelles, une contrebasse.
| Quattro pezzi su una nota sola Quatre pièces sur une seule note | |
| Genre | musique contemporaine |
|---|---|
| Nb. de mouvements | quatre pièces |
| Musique | Giacinto Scelsi |
| Effectif |
|
| Durée approximative | 17 min |
| Dates de composition | 1959 |
| Création | dans le cadre d'un programme « Musique d'aujourd'hui » du Théâtre national populaire, au Palais de Chaillot à Paris, |
| Interprètes | Orchestre national de la Radiodiffusion française, sous la direction du chef Maurice Leroux |
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Quattro pezzi su una nota sola (Quatre pièces sur une seule note), appelé aussi : Quattro pezzi per orchestra (ciascuno su una nota sola)[1] (Quatre pièces pour orchestre, chacune sur une seule note), est une œuvre pour orchestre de chambre de Giacinto Scelsi composée en 1959[2].
Elle est considérée comme emblématique de l'esthétique de Scelsi, fondée sur l'exploration du son[3].
Genèse
À la fin des années 1940, Giacinto Scelsi traverse une crise psychique nécessitant un internement. Dans un but thérapeutique, il passe alors des heures au piano à répéter sur le clavier une même note et à concentrer son attention sur le son. Il évoquera cette expérience comme fondatrice :
« Vous n'avez pas idée de ce qu'il y a dans un seul son ! (…) C'est en rejouant longtemps une note qu'elle devient grande. Elle devient si grande que l'on entend beaucoup plus d'harmoniques et elle grandit au dedans. Le son vous enveloppe. (…) Dans le son, on découvre un univers entier avec des harmoniques que l'on entend jamais. Le son remplit la pièce où vous êtes, il vous encercle. On nage à l'intérieur[4]. »
— Giacinto Scelsi
Après son rétablissement, le travail de Scelsi prend une orientation en rupture avec la tradition musicale, ainsi qu’avec les avant-gardes alors prédominantes comme le sérialisme. Il fait le constat que « la musique ne peut exister sans le son ». Inspiré par la mystique indienne, il élabore une réflexion conceptuelle basée sur le son appréhendé comme un « mouvement », une énergie.
« En plus, le son est sphérique, mais en l'écoutant, il nous semble posséder seulement deux dimensions : hauteur et durée - la troisième, la profondeur, nous savons qu'elle existe, mais dans un certain sens, elle nous échappe. (…) En peinture, on a bien découvert la perspective, qui donne l'impression de la profondeur, mais en musique (…) on n'a pas réussi à échapper aux deux dimensions durée et hauteur, et à donner l'impression de la réelle dimension sphérique du son[5]. »
— Giacinto Scelsi
Quand Scelsi se remet à composer à partir de 1952, il expérimente un nouveau langage musical. Dans des pièces pour piano, puis pour d'autres instruments solistes ou de musique de chambre, il s'applique à rendre perceptible les vibrations et la profondeur du son. Il a recours à différents paramètres (variations de couleur, trémolos, trilles, grappes de son…) et adopte la micro-tonalité (composition en quarts de ton), à cette époque peu utilisée.
En 1959, Scelsi réalise la synthèse de ces recherches, appliquées à un plus large effectif, dans les Quattro pezzi su una nota sola. Des musicologues considèrent ce travail comme un « premier chef-d'œuvre »[3], qui marque le début d'une phase créative dédiée aux mêmes orientations esthétiques et mystiques, et au cours de laquelle le compositeur signe des partitions comptant parmi ses plus remarquables[6]. On peut citer par exemple, dans les années suivantes, Hurqualia (1960), Aiôn (1961), Uaxuctum (1966) ou Konx-Om-Pax (1969)[7], écrites pour orchestre ou pour orchestre et chœur.
Création et diffusion
Contrairement à nombre de compositions de Scelsi, qui connurent une interprétation tardive, les Quattro pezzi su una nota sola sont données en public peu après leur achèvement. Elles sont créées le dans le cadre d'un programme « Musique d'aujourd'hui » du Théâtre national populaire, alors au Palais de Chaillot à Paris, par l'Orchestre national de la Radiodiffusion française sous la direction du chef Maurice Leroux[8],[9] à qui le poète Henri Michaux, ami de Scelsi, les a recommandées[10].
Il s'agit d'une des rares œuvres de Scelsi ayant bénéficié au cours de sa vie d'un nombre notable de reprises[7].
Instrumentation
L'orchestration privilégie les vents et les instruments du registre grave : bois : une flûte alto, un hautbois, un cor anglais, deux clarinettes, une clarinette basse, un basson, un saxophone (ténor dans les deux premières pièces, alto dans les deux suivantes) ; cuivres : quatre cors, trois trompettes, deux trombones, un tuba (basse) ; une scie musicale (ou flexatone) ; timbales et percussions (bongos, tumba, cymbale suspendue, petit et grand tam-tam) ; cordes : deux altos, deux violoncelles, une contrebasse[2].
Structure
Comme l'indique le titre programmatique de l'œuvre, chacune des quatre pièces utilise une unique note : fa dans le premier mouvement, si dans le deuxième, la bémol dans le troisième, enfin la dans la dernière pièce, la seule qui fait appel à l'ensemble de l'effectif instrumental.
La note est modulée selon différents procédés : instruments à l'unisson ou répartis sur plusieurs octaves, variations de la dynamique, des couleurs et de la densité, modification de la hauteur par l'utilisation de demi-tons et de micro-intervalles. La musique suggère la plénitude et les oscillations du son, qui apparaît comme « un organisme vivant, doué d'une vie organique infiniment complexe et subtile », pour reprendre la description du musicologue Harry Halbreich[7].
L'exécution des quatre mouvements dure environ 15-16 minutes.