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Quatuor à cordes n° 19 (Mozart)

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Début du quatuor K.465 (original de la main de Mozart)

Le Quatuor à cordes no 19 en do majeur, K. 465, est une composition de musique de chambre de Wolfgang Amadeus Mozart, surnommée « Les Dissonances » en raison du contrepoint inhabituel de son introduction lente.

Il s'agit du dernier d'une série de six quatuors composés entre 1782 et 1785, qu'il dédia à Joseph Haydn. D'après le catalogue des œuvres que Mozart avait commencé au début de l'année précédente, il fut achevé le 14 janvier 1785.

Le 12 février, Mozart et son père ont interprété le quatuor à cordes ainsi que deux autres (K. 458, 464) pour Haydn. Anton et Bartholomäus Tinti ont très probablement joué les autres parties de l'ensemble.

Aucun mécène n'a commandé ces quatuors, en faisant une œuvre particulièrement personnelle du compositeur[1]. Dans sa dédicace, il qualifie ses quatuors d'« enfants » qu'il envoie « dans le grand monde ». Mozart poursuit : « Ils sont, il est vrai, le fruit d'un travail long et laborieux... » Dans ces quatuors, il s'est écarté de sa pratique habituelle qui consistait à écrire d'abord les Hauptstimmen (voix principales) et à remplir le reste plus tard. Soucieux de combiner le langage des quatuors de Haydn et le contrepoint de Bach, il a composé les quatre voix en même temps[2].

Artaria & Company annonça la publication des six quatuors le 17 septembre 1785 dans la Wiener Zeitung. Selon Léopold Mozart, la maison d'édition verse au compositeur 100 ducats pour les droits d'édition[3].

L'œuvre est communément appelée le « quatuor des dissonances » lorsque Heinrich Schenker en parle en 1906. L'origine de ce surnom reste incertaine.

Forme

L'œuvre est composée de quatre mouvements :

  1. Adagio – Allegro
  2. Andante cantabile
  3. Menuetto and Trio. Allegro
  4. Allegro molto

I. Adagio – Allegro

I. Adagio - Allegro
Début du premier mouvement

L'Adagio – en 22 mesures – s'ouvre sur un do répété en croches, joué doucement au violoncelle. Il est rejoint par l'alto en la bémol et le second violon en mi bémol. Le premier violon entre en la, créant la « dissonance » initiale qui a déconcerté tant d'auditeurs. La tension entre le la bémol et le la est une caractéristique structurelle de l'ensemble du quatuor. L'Adagio sert de thèse à la composition, introduisant les idées principales que Mozart reprendra tout au long de l'œuvre.

Tout en jouant avec la sonorité du sixième degré de la gamme, Mozart évite soigneusement la tierce afin de maintenir une ambiguïté tonale. Les mélodies par quartes donnent naissance à des sonorités par tons entiers. Le mi n'est utilisé que comme note voisine jusqu'à ce que le premier violon le joue sur le premier temps de la mesure 14, mais la partie descend immédiatement à un mi bémol sur le temps suivant.

L'Adagio tout entier est une préparation élaborée de l'accord de dominante que Mozart souligne par un point d'orgue dans sa dernière mesure. Lorsque l'Allegro commence, le violoncelle est silencieux et l'alto reprend ses croches en do, les jouant une octave plus haut et avec beaucoup plus d'exubérance que dans les premières mesures.

Le thème principal de l'Allegro est construit sur un motif de deux mesures commençant sur la tonique do. Mozart enchaîne le motif jusqu'au ré dans les deux mesures suivantes, mais au lieu de continuer jusqu'au mi dans la troisième occurrence, il saute au sol. Il retarde le mi attendu dans la séquence jusqu'à la mesure 167, bien après le début de la réexposition du mouvement. Dans la coda, on trouve une série de 21 dissonances consécutives en seulement 3 mesures.

II. Andante cantabile

II. Andante cantabile
Début du deuxième mouvement

Le deuxième mouvement est une sonatine en fa majeur à 3/4. Le la naturel « dissonant » du violon, présent dès l'ouverture du quatuor, occupe désormais une place de choix en tant que degré médian de la gamme. Dans les mesures 93 à 101, le la bémol revient au premier plan lorsque Mozart passe à la mineure parallèle.  Ce mouvement a été qualifié de « cœur » de l'ensemble de la pièce. Alfred Einstein écrit à propos de la coda de ce mouvement que « le premier violon exprime ouvertement ce qui semblait caché sous le jeu conversationnel du thème secondaire »[4].

III. Menuet et Trio. Allegro

III. Allegro
Début du troisième mouvement

Le troisième mouvement est un menuet et trio en do majeur. Le la est souvent orné d'une appoggiature de sol dièse, poursuivant le jeu caractéristique de Mozart entre ces deux notes. Dans le trio, la tonalité passe à do mineur, remettant le la bémol au premier plan. La mélodie finale du violoncelle dans le trio souligne les variations entre ces notes. La texture est changeante, avec des passages à l'unisson signalant souvent un changement.

IV. Allegro molto

IV. Allegro molto
Début du quatrième mouvement

Le dernier mouvement est une contredanse vive en forme sonate. L'exposition dure 136 mesures, le développement 62, et Mozart y ajoute une coda de 48 mesures.

Ce mouvement présente une grande variété rythmique. Mozart évoque l'utilisation pleine d'esprit des silences par Haydn, qui crée une variété de textures et contraste avec le matériau mélodique. Le développement est aussi audacieux sur le plan harmonique que l'introduction de la pièce, puisqu'il module à travers un cycle de quintes en tonalités mineures avant de revenir au thème principal.

Réception

Références

Liens externes

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