Référendums liechtensteinois de 2024

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Référendums liechtensteinois de 2024





Obligation d'installer du photovoltaïque sur les bâtiments non résidentiels
Pour
33,05%
Contre
66,95%
Loi sur l'efficacité énergique dans le bâtiment
Pour
34,84%
Contre
65,16%
Opt-in des e-dossiers de santé
Pour
46,05%
Contre
53,95%
Élection au scrutin direct des membres du gouvernement
Pour
32,00%
Contre
68,00%
Financement public du nouvel hôpital public de Vaduz
Pour
53,68%
Contre
46,32%

Huit référendums ont lieu au Liechtenstein en 2024, dont trois le , puis un le , le , le , le et le .

En janvier, la population (en) est amenée à se prononcer sur l'obligation d'installation de panneaux photovoltaïques sur les toits des bâtiments non résidentiels, sur une réforme des normes énergétiques dans le secteur du bâtiment visant à les calquer sur celles appliquées depuis 2014 en Suisse et depuis 2010 en Union européenne, ainsi que sur l'arrêt de l'envoi automatique des dossiers de santé électroniques aux bénéficiaires d'une assurance maladie. Les trois projets sont rejetés par les électeurs.

La population est amenée à se prononcer en février sur l'élection au scrutin direct des membres du gouvernement, qu'elle rejette également.

Le financement public du nouvel hôpital public de Vaduz est soumis au vote en juin. À l'inverse des quatre précédentes, cette proposition est approuvée. En septembre, l'adhésion du pays au Fonds monétaire international est également approuvée par les électeurs.

La privatisation de la radio publique Radio Liechtenstein est approuvée fin octobre. Enfin, un dernier vote sur le refinancement du régime de retraite des entreprises de l'État intervient début décembre, et voit le refinancement validé.

Avec un total de huit questions soumise au vote des électeurs, l'année 2024 constitue ainsi un record dans l'histoire de la démocratie directe au Liechtenstein[1].

Photovoltaïque et efficacité énergétique

Bulletin de vote utilisé pour le premier projet

Le 6 avril 2022, le Landtag vote une motion du parti d'opposition Liste libre (FL) appelant le gouvernement conduit par l'Union patriotique (VU) et le Parti progressiste des citoyens (FBP) à rendre obligatoire l'installation de panneaux photovoltaïques sur les toits des bâtiments non résidentiels[2]. La motion du Landtag conduit le gouvernement à lui soumettre le 31 janvier 2023 un projet de loi visant à adapter la législation nationale aux Modèles de prescriptions énergétiques des cantons suisses (MoPEC 2014) ainsi qu'à la révision de 2010 de la Directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments[2],[3].

L'examen en première lecture du projet débute le . Si le parlement vote à l'unanimité la proposition de la FL, incluant ainsi les voix de la VU, du FBP et de l'autre parti d'opposition, les Démocrates pour le Liechtenstein (DpL), il s'oppose en revanche à l'interdiction du chauffage au fioul et au gaz naturel[2],[4]. Lors de l'examen en seconde lecture le 6 juillet, le gouvernement décide par conséquent de supprimer l'interdiction en question mais également de scinder le projet en deux, les deux projets étant finalement votés séparément par le Landtag le 7 septembre[2].

Bulletin de vote utilisé pour le second projet

Le premier projet porte ainsi sur la modification de trois lois visant à mettre en œuvre la proposition de la FL. L'obligation de pose de panneaux photovoltaïques s'applique immédiatement aux bâtiments non résidentiels neufs, ceux déjà existants ayant jusqu'en 2035 pour l'effectuer. Les bâtiments résidentiels ne sont concernés que dans le cadre d'un remplacement complet du toit, tandis que des exceptions sont prévues pour tous les bâtiments en cas d'infaisabilité technique ou économique. L’État prend en charge jusqu'à 75 % du coût de la pose pour les particuliers, et jusqu'à 65 % pour les entreprises[2].

Le second projet concerne les modifications de la législation liechtensteinoise afin d'appliquer les MoPEC 2014 et la directive européenne. Sont ainsi concernées la loi sur la construction (Baugesetzes BauG), la loi sur l'efficacité énergétique (Energieeffizienzgesetzes EEG) et la loi sur les certificats de performance énergétique (Energieausweisgesetzes EnAG). Le projet ne les applique cependant qu'en partie, en renonçant à intégrer l'interdiction du chauffage au fioul et au gaz, y compris dans les bâtiments neufs. La nouvelle législation impose néanmoins que le remplacement des systèmes de chauffage des bâtiments antérieurs à 2003 inclue une réduction de 10 % de la consommation, ou couvre ce pourcentage par l'utilisation d'énergies renouvelables. L’État simplifie et facilite également l'installation de pompe à chaleur et le remboursement du système jusqu'à 35 % du montant des travaux[5].

Un comité de collecte de signatures à l'encontre de chacune des deux lois est cependant formé. Après une période de collecte qui s'étend du 13 septembre au 13 octobre 2023, le comité dépose le dernier jour un total de 2 806 signatures à l'encontre du premier projet, et 2 819 contre le second. Après examen, le gouvernement en déclare respectivement 2 805 et 2 813 valides. Il s'agit dans les deux cas d'un référendum facultatif d'origine populaire : dans le cadre de l'article 66 de la constitution, le projet de loi voté par le Landtag fait l'objet d'une demande de mise à la votation par un minimum de 1 000 inscrits dans un délai de trente jours[2],[5],[6].

Le gouvernement appelle dès lors à voter oui aux deux propositions[7]. En outre, le , une coalition de dix organisations nationales à but non lucratif se constitue sous le nom d'« avenir énergétique du Liechtenstein » (Energiezukunft Liechtenstein) afin de soutenir les deux projets de loi du gouvernement[8],[9]. Sept jours plus tard, un comité transpartisan « Oui, modèles d'énergie des comités » (Ja-Komitees Energievorlagen) se constitue à son tour, réunissant des membres de la VU, de la FL, du FBP ainsi que de leurs sections jeunesses[10].

Dossier électronique de santé

Bulletin de vote utilisé

Depuis le 1er janvier 2023, tous les Liechtensteinois bénéficiant d'une assurance maladie reçoivent automatiquement un dossier électronique de santé (elektronisches Gesundheitsdossier, ou eGD) qui contient l'historique de leurs données médicales, leurs problèmes de santé et leurs traitements. Le refus de l'envoi de l'eGD est à l'initiative des citoyens sur le modèle de l'opt out, à la manière de ce qui se fait alors chez le voisin autrichien[11]. La création d'un dossier contenant des données de santé très personnelles sans le consentement de la personne fait alors l'objet de critiques[12].

En réaction, un comité de collecte de signatures est mis en place début 2023 en vue d'organiser une initiative populaire  qui prend le nom d'« Initiative visant à modifier la loi sur les dossiers électroniques de santé » (Initiative zur Abänderung des Gesetzes über das elektronische Gesundheitsdossier)  afin de remplacer cet opt out par un système d'opt in dans lequel l'eGD ne serait plus envoyé automatiquement, mais à la seule demande de l'individu[11]. Porté notamment par une membre des Démocrates pour le Liechtenstein, Gabriele Haas, le projet est soumis aux autorités le 18 avril, mais reporté le 11 juillet à la session parlementaire suivante, avant d'être finalement validé le 5 septembre, ouvrant la voie à la période de collecte[13]. Celle ci s'étend du 15 septembre au 27 octobre suivant, pour un total de 1 829 signatures récoltées, dont 1 828 sont déclarées valides par le gouvernement le 3 novembre[11],[14],[15].

L'initiative ayant réuni les signatures de plus de 1 000 inscrits en moins de six semaines, elle est présentée au Landtag dans le cadre de l'article 64-2 de la constitution. Le parlement la rejette le par 5 voix pour et 20 contre, entraînant sa mise à votation. Le Gouvernement appelle en retour à rejeter l'initiative[11],[16].

Résultats de janvier

Photovoltaïque obligatoire sur le non résidentiel

Résultats nationaux[2],[17]
Choix Votes %
Pour 4 615 33,05
Contre 9 350 66,95
Votes valides 13 965 99,42
Votes blancs 8 0,05
Votes invalides 73 0,51
Total 14 046 100
Abstention 6 904 32,95
Inscrits/Participation 20 950 67,05

Lois sur l'efficacité énergétique

Résultats nationaux[5],[18]
Choix Votes %
Pour 4 857 34,84
Contre 9 083 65,16
Votes valides 13 940 99,26
Votes blancs 13 0,09
Votes invalides 91 0,64
Total 14 044 100
Abstention 6 906 32,96
Inscrits/Participation 20 950 67,04

Opt-in des dossiers électroniques de santé

Résultats nationaux[11],[19]
Choix Votes %
Pour 6 391 46,05
Contre 7 486 53,95
Votes valides 13 877 99,17
Votes blancs 11 0,08
Votes invalides 105 0,75
Total 13 993 100
Abstention 6 957 33,21
Inscrits/Participation 20 950 66,79

Référendum de février

Élection au scrutin direct du gouvernement

Bulletin de vote utilisé pour le projet de février

Le système politique du Liechtenstein prend la forme d'un régime parlementaire où le Gouvernement, composé du Chef du gouvernement et de quatre conseillers, est choisi par le Landtag  lui même élu au scrutin direct  et demeure responsable devant lui, en étant soumis à des votes de confiance ou de censure[20].

Le parti Démocrates pour le Liechtenstein dépose le une initiative populaire visant à modifier la constitution afin d'instaurer l'élection au scrutin direct et secret des membres du gouvernement, ces derniers devant ensuite être validés par le Landtag puis obtenir l'assentiment du Prince[21].

Le texte prévoit ainsi l'élection de deux conseillers gouvernementaux dans l'Oberland et de deux autres dans l'Unterland, le chef du gouvernement étant quant à lui élu par l'ensemble des électeurs des deux circonscriptions. Une fois élus, ces cinq membres se présenteraient devant le Landtag afin de se soumettre individuellement à une motion de confiance. Un rejet de la confiance envers un ou plusieurs des membres entrainerait la dissolution du Landtag et la convocation d'élections anticipées. En cas de votes favorables, les membres se présenteraient devant le Prince afin de voir valider leur nomination au gouvernement. En cas de rejet d'un membre par le Prince, son poste devenu vacant est pourvu par une nouvelle élection dans les quatre mois[20],[21].

Le projet est jugé admissible par les autorités le 4 septembre 2023, ouvrant la voie à la période de collecte de signatures. Celle ci s'étend du 13 octobre au 24 novembre suivant, pour un total de 1 994 signatures récoltées, dont 1 956 sont déclarées valides par le gouvernement le 28 novembre[20].

Il s'agit d'un référendum constitutionnel d'origine populaire : dans le cadre de l'article 64-2 de la constitution, le projet de révision de la constitution fait l'objet d'une demande de mise au vote par un minimum de 1 500 inscrits. Le nombre requis de signatures ayant été réuni, le projet d'amendement est présenté au Landtag, qui le rejette le par 3 voix pour et 22 contre, déclenchant sa mise à référendum sous trois mois. Sept jours plus tard, le référendum est fixé par le Landtag au [20],[22].

Résultats de février

Résultats nationaux[20],[23]
Choix Votes %
Pour 4 380 32,00
Contre 9 309 68,00
Votes valides 13 689 99,39
Votes blancs 27 0,20
Votes invalides 57 0,41
Total 13 773 100
Abstention 7 191 34, 30
Inscrits/Participation 20 964 65,70

Référendum de juin

Financement public du nouvel hôpital public de Vaduz

Bulletin de vote utilisé pour le projet de juin

En 2011, la population rejette au cours d'un référendum d'origine populaire le projet voté par le Landtag de construction d'un nouvel hôpital dans la capitale, Vaduz, pour un coût total de 83 millions de francs suisses financés par un emprunt[24].

À la suite de ce rejet, une commission est établie pour mettre en œuvre un nouveau projet plus modeste, le refus de la population ayant été fondé au cours de la campagne référendaire sur son coût, jugé excessif[25]. Le second projet d’hôpital se chiffre ainsi à 65,5 millions de francs suisses, toujours financés par l'emprunt[26]. Il est voté en septembre 2019 par le Landtag, qui conditionne cependant l'emprunt à un vote favorable lors d'un nouveau référendum. Organisé le mois suivant, celui-ci voit la population approuver le projet par 56 % des voix[24],[27].

La construction du nouvel hôpital subit cependant des coûts supplémentaires de plus de 21 millions de francs suisses, dans un contexte de forte hausse de l'inflation au niveau mondial, qui provoque une hausse similaire des prix des matériaux. Face à un dépassement de budget de près de 33 %, le chantier est mis à l'arrêt en 2022[28],[29]. Le 7 février 2024, le gouvernement soumet finalement au Landtag plusieurs propositions de modification du projet. Les parlementaires retiennent celle d'un prêt supplémentaire de 6,04 millions de francs suisses, « Inspira II », qu'ils votent le 7 mars suivant par 22 voix contre 3. Le bâtiment se voit doté de panneaux photovoltaïques et de moyens de lutte contre les pandémies, quatre ans après l'éclatement de la Pandémie de Covid-19 au Liechtenstein. L'un des projets, qui prévoyait l'ajout d'une maternité, n'est finalement pas retenu[28],[30],[31].

Face au rejet d'une mise à référendum par 15 voix contre 10 au Landtag, un comité de collecte de signatures se met en place. La collecte s'étend du 13 mars au 12 avril 2024, pour un total de 1 692 signatures récoltées, dont 1 690 sont déclarées valides par le gouvernement à la clôture de la collecte. Ce dernier fixe quatre jours plus tard le scrutin au 16 juin[28],[32],[33]. Il s'agit ainsi d'un référendum facultatif d'origine populaire sur une question budgétaire : dans le cadre de l'article 66 de la constitution, le budget alloué par le Landtag fait l'objet d'une demande de mise à la votation par au moins 1 000 inscrits[28],[34].

Résultats de juin

Résultats nationaux[28],[35]
Choix Votes %
Pour 7 468 54,04
Contre 6 352 45,96
Votes valides 13 820 99,47
Votes blancs 14 0,10
Votes invalides 60 0,43
Total 13 894 100
Abstentions 7 124 33,89
Inscrits/Participation 21 018 66,11

Référendum de septembre

Adhésion au Fonds monétaire international

Bulletin de vote utilisé pour le projet de septembre

Courant 2022 le gouvernement propose d'entamer des négociations sur l'adhésion du pays au Fonds monétaire international (FMI), ce que le Landtag valide le 2 septembre de la même année[36]. Un groupe de travail est formé le 25 octobre suivant, avant de mener des négociations préalables avec des représentants du FMI en Suisse. La demande d'adhésion est officiellement soumise le 26 mai 2023, et les négociations formelles du 27 novembre au 7 décembre 2023. Ces dernières ont lieu au Liechtenstein, et conduisent à des rencontres avec des représentants politiques et économiques ainsi que des hauts fonctionnaires, à l'issue desquelles les services du FMI rédigent un rapport sur l'économie du pays et établissent sa quote-part de participation au capital du fonds monétaire, fixée à 100 millions de Droits de tirage spéciaux (environ 120 millions de Francs suisses). Les conclusions du rapport sont approuvées le 8 avril 2024 par le Conseil des gouverneurs du FMI, validant ainsi officiellement la candidature du Liechtenstein. Comme tout membre du fonds, le pays pourrait ainsi obtenir des prêts, à condition de se soumettre à ses mesures de politique financière[37],[38],[39].

L'adhésion est votée au Landtag le 16 mai 2024 par 16 voix pour et 9 contre, les parlementaires rejetant le même jour une mise à référendum du projet par 3 voix pour et 19 contre[28],[40]. Le vote ouvre cependant la possibilité d'une convocation d'un référendum facultatif d'origine populaire sur l'adhésion à un traité international : dans le cadre de l'article 66b de la constitution, l'adhésion peut ainsi faire l'objet d'une demande de mise à la votation par au moins 1 500 inscrits dans un délai de quatre semaines[28],[34]. Le délai court ainsi du 22 mai au 21 juin 2024. Un comité de signature formé le 31 mai par 17 citoyens parvient à réunir dans les temps un total de 2 745 signatures, qui sont validées le 25 juin par le gouvernement. Ce dernier fixe sept jours plus tard le scrutin au 22 septembre[37],[41],[42],[43]. L'adhésion est notamment soutenue par le chef du gouvernement, Daniel Risch, et le prince-régent Alois[44],[45].

Résultats de septembre

Résultats nationaux[37],[46]
Choix Votes %
Pour 6 920 55,80
Contre 5 481 44,20
Votes valides 12 401 99,05
Votes blancs 16 0,13
Votes invalides 103 0,82
Total 12 520 100
Abstention 8 594 40,70
Inscrits/Participation 21 114 59,30

Référendum d'octobre

Référendum de décembre

Notes et références

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