R. c. Tutton

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R. c. Tutton[1] est un arrêt de principe de la Cour suprême du Canada rendu en 1989 concernant l'exigence de mens rea pour les infractions criminelles liées à l'homicide involontaire coupable.

Carol Anne Tutton et Arthur Tutton étaient les parents de Christopher Tutton, âgé de cinq ans et décédé le 17 octobre 1981. Les Tutton étaient profondément religieux et croyaient à la guérison par la foi. Ils croyaient que l'intervention divine pouvait guérir miraculeusement des maladies au-delà du pouvoir de la médecine moderne. Mme Tutton croyait qu'elle avait la prémonition que Dieu avait guéri son fils du diabète.

En avril 1979, le médecin de famille a diagnostiqué que Christopher était diabétique. Le médecin a explicitement informé le couple que leur fils ne pourrait jamais survivre sans insuline. Le 2 octobre 1980, Mme Tutton a cessé de lui administrer de l'insuline et, dans les 2 jours, son fils est tombé gravement malade. Le médecin qui s'est occupé de l'enfant a déclaré qu'à son admission à l'hôpital, l'enfant était gravement malade, souffrant d'acidose diabétique, une maladie potentiellement mortelle due à l'absence d'insuline.

Le médecin a réprimandé les parents lorsqu'il a appris qu'ils avaient consciemment retenu l'insuline. Il a dit aux parents que leur fils aurait besoin d'insuline à vie. Néanmoins, peu de temps après, Mme Tutton a cru qu'elle avait une vision de Dieu dans laquelle on lui a dit que Christopher avait été guéri et qu'il n'y avait plus besoin d'insuline. Mme Tutton a arrêté les injections d'insuline le 14 octobre 1981. Le 17 octobre 1981 Christopher a été transporté à l'hôpital et déclaré mort à son arrivée en raison des complications d'une hyperglycémie diabétique.

Procès

Les Tutton ont été accusés et reconnus coupables d'homicide involontaire coupable pour avoir manqué à leur devoir de fournir les choses nécessaires à la vie de leur enfant, en violation de la disposition relative à la négligence criminelle à l'article 202 du Code criminel (aujourd'hui l'art. 219 C.cr.[2]).

Appel

La Cour d'appel de l'Ontario a annulé les déclarations de culpabilité et a ordonné un nouveau procès.

La Cour d'appel a conclu que, entre autres, le juge du procès avait commis une erreur en ne disant pas au jury qu'une omission découlant d'une infraction de négligence exigeait la preuve d'un élément subjectif de la mens rea, à savoir, que le jury doit être convaincu que le couple savait qu'il y avait un risque pour la vie ou la sécurité de leur enfant et qu'il a pris ce risque de manière injustifiée ou a fermé les yeux à un tel risque. En appel devant la Cour suprême, leurs magistrats ont adopté trois approches distinctes sur ce que devrait être le test de la négligence criminelle.

Le ministère public se pourvoit en Cour suprême.

Jugement de la Cour suprême

Le pourvoi du ministère public est rejeté.

Motifs du jugement

Notes et références

Voir aussi

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