La base, à l’origine, était un aérodrome en herbe rattaché au 4th Bomber Group. Au début des années 1940, l’aérodrome fut entièrement reconstruit, avec trois pistes en dur. Il rouvrit en pour accueillir le Squadron 77 de la RAF[1]. Cette escadrille comptait approximativement 20 avions. Initialement, elle volait sur le bombardier moyen bimoteur Armstrong Whitworth Whitley. Celui-ci fut rapidement remplacé par le bombardier lourd quadrimoteur Handley Page Halifax qui venait d’entrer en service. Le Squadron 77 participa à la bataille de la Ruhr et aux bombardements sur Berlin. Il supporta de lourdes pertes durant son stationnement à Elvington: près de 80 Halifax perdus, et 500 membres d’équipage tués, portés disparus ou faits prisonniers[2].
En , le Squadron 77 fut transféré à la base de Full Sutton(en) qui venait d’ouvrir aux environs, et fut remplacé à Elvington par deux unités aériennes françaises, les Squadron 346 «Guyenne» et Squadron 347 «Tunisie», également dotées de Handley Page Halifax. C’étaient à cette époque les deux seules unités françaises volant sur quadrimoteur. Elvington était la seule base de la RAF au Royaume-Uni dont la majorité du personnel était français. Seuls occupants de la base, les Français en assurent le fonctionnement complet. Le colonel Bailly se retrouve à la tête d'une petite colonie française de 2 500 hommes, assistés par un petit groupe de personnels britanniques pour des questions de liaison technique. Comme sur toute base de la RAF de l'époque, la base a l'aspect d'un grand village en pleine campagne, composé de hangars pour les appareils et de préfabriqués pour le personnel, les huttes Nissen en forme de demi-tonneau en tôle ondulée. Vu la taille des installations, tout le monde se déplace à vélo[3]. Ces deux unités participèrent au bombardement de l’Allemagne nazie et à la Libération de l’Europe de l'Ouest. En , ces deux unités furent rapatriées sur Bordeaux et devinrent partie intégrante de l’armée de l'air française[4].
En , un mémorial dédié aux deux squadrons français fut inauguré au village d’Elvington. Durant leur séjour sur la base, environ la moitié des équipages furent tués.
↑ (en) C.G. Jefford, RAF Squadrons, a Comprehensive Record of the Movement and Equipment of all RAF Squadrons and their Antecedents since 1912, Shrewsbury, Shropshire, UK, Airlife Publishing, , 290p. (ISBN1-84037-141-2, EAN978-1-84037-141-3).
↑ David Méchin, «Groupes Guyenne et Tunisie: Les Français au combat avec le Bomber Command», Le Fana de l'Aviation, no579, , p.14–23.
↑ David Méchin, «Groupes Guyenne et Tunisie: Les Français sur «Halifax» (Troisième partie)», Le Fana de l'Aviation, no581, , p.57–63.
↑ (en) Bruce Barrymore Halpenny, Action Stations: Military Airfields of Yorkshire, vol.4, PSL, , 216p. (ISBN978-0-85059-532-1).
Louis Bourgain, Nuits de feu sur l'Allemagne, squadron 346 et 347