Racine carrée d'un entier naturel

From Wikipedia, the free encyclopedia

En mathématiques, la[a] racine carrée d'un entier naturel est le nombre réel positif ou nul qui, multiplié par lui-même, donne cet entier. Elle se note ou . La racine carrée d'un entier positif est positive, la racine carrée de zéro est nulle.

La racine carrée de est un nombre algébrique, entier ou bien irrationnel.

Ces rectangles illustrent une construction à la règle et au compas de pour allant de 2 à 7.

En géométrie plane, peut par exemple être construit à la règle et au compas via la suite de rectangles illustrée ci-contre[1],[2],[3], ou via la spirale de Théodore[4].

Irrationalité

Si un entier est le carré d'un nombre rationnel, alors est un entier. Cette propriété peut aussi s'énoncer comme suit : la racine carrée d'un entier est un entier si est un carré parfait, et irrationnelle dans tous les autres cas.

On peut la déduire de la proposition 8 du livre VIII des Éléments d'Euclide[5]. Des preuves usuelles font appel au lemme d'Euclide, au lemme de Gauss ou même au théorème fondamental de l'arithmétique[6]. Mais d'autres n'utilisent que des connaissances arithmétiques minimales, comme celle de Richard Dedekind[7] ou la suivante, essentiellement due à Theodor Estermann[8],[9] :

Soit un entier naturel dont la racine carrée est un rationnel, que l'on écrit sous la forme avec le plus petit possible (c'est-à-dire que est le plus petit entier strictement positif dont le produit par est entier), et soit la partie entière de . Alors, l'entier vérifie : et est entier (car et est entier). Or est le plus petit entier positif non nul tel que soit entier : donc on doit avoir et .

Une démonstration plus classique, mais qui se généralise aux racines n-ièmes d'un entier naturel[10], et même aux entiers algébriques[11], repose sur le lemme d'Euclide :

Supposons que est rationnel, c'est-à-dire qu'il existe et tels que . Quitte à les diviser par leur pgcd, et peuvent être supposés premiers entre eux. Un diviseur premier de diviserait donc diviserait d'après le lemme d'Euclide, donc (tout nombre supérieur à 2 possède un diviseur premier) et est un carré parfait[12].

Développement dans une base

Si n'est pas un carré parfait, est irrationnel et, par conséquent, son développement en base est non périodique. Émile Borel a conjecturé en 1909 puis en 1950 que ce développement est normal, comme pour tout irrationnel algébrique[13], à savoir que tout bloc de chiffres consécutifs (par exemple 010) apparaît avec la même fréquence limite que n'importe lequel des blocs de même longueur. À ce jour, on ne sait en fait même pas démontrer qu'un chiffre donné apparaît une infinité de fois dans le développement[14].

Développements en fraction continue

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI