Radio Rurale de Kayes
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| Pays | Mali |
|---|---|
| Siège social | Kayes |
| Slogan | La radio par et pour les paysans |
| Langue | soninké, bambara, khassonké, pulaar et français |
| Statut | Radio libre |
| Site web | https://radioruraledekayes.com |
| Création |
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| FM | 89.10 |
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| Streaming | Oui |
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La Radio Rurale de Kayes (RRK) est la première station de radio non étatique du Mali. Elle est créée le sous le régime autoritaire de Moussa Traoré, qui autorise exceptionnellement cette station à émettre en FM dans le cadre d’un programme de développement de la région initié par l'ONG Agence italienne pour la coopération et le développement (AICS)[1]. La RRK est l’une des radios à l'origine de l’URTL (Union des radiodiffusions et télévisions libres du Mali) fondée en juillet 1992[2].
Les émissions sont réparties en 4 grands secteurs : alphabétisation, économie, santé et socio-culturel[2]. La majorité des programmes sont en langues soninké, khassonké, bambara et pulaar[1], et certains programmes sont en français[2]. La RRK possède son propre site web.
Un projet de numérisation des archives de cette radio est en cours[3].
La naissance de la Radio Rurale de Kayes
La Radio Rurale de Kayes voit le jour sous le régime militaire et autoritaire de Moussa Traoré. En 1982, l'AICS lance un « programme sahélien » de développement rural pour aider les pays du Sahel (Mali, Sénégal, Niger et Burkina Faso) frappés par les sécheresses[4] de 1973 et de 1984. La région de Kayes, durement touchée, est l'une des cibles de ce programme.
L'un des principaux arguments avancés par les ONG pour promouvoir la création de la RRK est la nécessité de désenclaver Kayes, une zone où la circulation est difficile. L'AICS lance en 1987 un programme de développement des infrastructures qui a pour projet de construire une route reliant la ville de Kayes à la ville de Diboly pour établir des réseaux de communications entre le Mali et le Sénégal et desservir les populations vivant autour du fleuve Sénégal. De plus, le programme prévoit de rénover l'hôpital de Kayes et appuie des projets d'irrigation dirigés par d'anciens migrants maliens[1]. Dans le cadre de ce programme les ONG GAO Cooperazione Internazionale et Terra Nuova, promeuvent, financent et gèrent une radio rurale qui ambitionne de couvrir un espace composé de 402 villages où vivent environ 300000 habitants. La RRK est conçue comme un outil de sensibilisation, d’information, de formation, d’éducation, de développement et de vulgarisation qui est animé par et pour les paysans[5].
Le , le gouvernement malien autorise exceptionnellement la création de la Radio Rurale de Kayes. Cette autorisation suit la signature d'un protocole entre le gouvernement et les deux ONG italiennes après des négociations. Le pouvoir malien fait à cette époque preuve de souplesse car l'État a le monopole de la radiodiffusion[6]. L'autorisation est donnée à la condition que la RRK ne fasse pas de politique[7]. En 1991, les deux seules stations de radios légales au Mali sont la RRK et la Radiodiffusion Télévision du Mali (RTM) qui est une radio d'État[8].
La RRK durant l'ère de la libéralisation de la radiodiffusion au Mali (1991-1999)
Après la chute de Moussa Traoré en mars 1991, la transition démocratique du Mali en 1992 s'accompagne d'une libéralisation de l'espace audiovisuel via une ordonnance du 18 janvier. En moins de dix ans, plus d'une centaine de radios libres de proximité sont installées[9].
En 1992, la Radio Rurale de Kayes est au bord de la faillite. GAO Cooperazione Internazionale et Terra Nuova sont censées financer les frais de fonctionnement jusqu'en 1995 mais leur soutien financier s'arrête en 1992. La station connait une crise financière, une dette qui s'élève à 15 millions de francs CFA en 1993[10]. La radio n'a alors plus les moyens de se rendre sur le terrain pour collecter les réactions des populations, et elle devient tributaire du budget national. La majorité des émissions sont donc produites en studio[5].

La RRK est finalement sauvée de la fermeture par ses auditeurs via les associations de la région dont beaucoup sont en lien avec des émigrés[11]. Quatre d'entre elles versent une cotisation mensuelle et individuelle de 100 000 francs CFA : Diama Djigui, l’UTPADE (Union des tons paysans pour le développement), l’ORDIK (Organisation rurale pour le développement intégré de la Kolimbiné), et l’URCAK (Union régionale des coopératives agricoles de Kayes). Elles sont suivies quelques mois plus tard par onze autres associations avec qui elles forment l'Association des radiodiffuseurs de Kayes pour le développement rural (ARKDR) en septembre 1992[2]. L'ARKDR possède un comité de gestion et une assemblée générale des auditeurs et participe activement à l'animation de la station en envoyant à tour de rôle deux animateurs par village avec des programmes pour épauler les agents de la RRK[10]. À cela s'ajoutent d'autres soutiens financiers extérieurs. L'Association des amis du village planétaire donne des fonds pour étendre la diffusion et des magnétos portatifs pour les reportages[10]. Une coopération est organisée entre la ville de Kayes et le SAN d'Évry[12]. Cette gestion associative donne un second souffle à la RRK qui produit des cassettes dans son studio et diffuse les cassettes d'autres partenaires[13].
En 1994, l'Association pour la solidarité franco malienne, une association d'émigrés soutenue par la Fondation Abbé Pierre[2], soutient financièrement la RRK en versant un montant de 100 000 francs pour les frais de fonctionnement jusqu'en 1998. Pour rembourser la dette, un gérant de la station est embauché, les recettes, les avis et les publicités sont affectés au remboursement. Une ONG hollandaise finance la réfection de chambres d'hôte qui fournissent des revenus supplémentaires. La même année, la région Nord-Pas-de-Calais (en rapport avec Radio Canal Sambre) construit un centre régional de formation professionnelle de 60 millions de francs CFA[10].
La RRK à l'ère du numérique
Avec les aménagements réalisés pour la Coupe d'Afrique des Nations organisée par le Mali en 2002, la RRK obtient deux ordinateurs de bureau. Pour autant, il n'y a pas de traitement numérique des productions audios. La connexion internet rend utilisable le courrier électronique et permet d'aller sur des sites web[13]. De plus, la radio émet dans un rayon de 200 km autour de la ville de Kayes sur deux fréquences différentes retransmissent par deux émetteurs relais[13]. En 2003, le Centre multimédia communautaire (CMC) voit le jour dans l'enceinte de la Radio Rurale de Kayes grâce au soutien de l'UNESCO[2].
C'est dans ce contexte de numérisation de l'équipement, qu'au milieu des années 2000, l'équipe de la radio se forme aux nouvelles technologies (NTIC),

et plus précisément à l'usage des ordinateurs et de logiciels pour traiter et diffuser les éléments sonores qui passent à l’antenne et à l'utilisation des appareils d'enregistrement[2]. Depuis 2010, la Radio Rurale de Kayes possède son site internet. Les NTIC offrent aux auditeurs de nouvelles plateformes pour s'exprimer et intervenir en direct quelle que soit leur position géographique[2]. La radio traite de l'actualité à travers des formats mixtes associant nouvelles locales et animation.
Depuis 2012, la radio produit ses propres journaux en bambara et en soninké. Depuis 2013, la RRK diffuse également des éléments du programme radiophonique Studio Tamani[14] produit pour un réseau de 70 radios au Mali : des journaux en français et en bambara, ainsi qu’un débat quotidien en français ou en bambara (le Grand Dialogue). En 2015, un comité de soutien regroupant des auditeurs nait en France[2].