Rama (langue)

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Rama
Pays Drapeau du Nicaragua Nicaragua
Typologie SOV
Écriture alphabet latin
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 rma
Étendue Langue individuelle
Type Langue vivante
WALS ram
Glottolog rama1270
ELP 5339
État de conservation
Éteinte
EXÉteinte
Menacée
CREn situation critique
SESérieusement en danger
DEEn danger
VUVulnérable
Sûre
NE Non menacée
Langue en situation critique (CR) au sens de l’Atlas des langues en danger dans le monde .

Le rama est une langue amérindienne parlée par les Ramas, un peuple du Nicaragua.

Sur cette carte des langues chibchanes, le rama est le point les plus au nord de la bande continue qui s'étend sur tout le sud de l'Amérique centrale (les points isolés plus au nord représentent le paya du Honduras).

Le rama appartient à la famille des langues chibchanes, parlées dans le sud de l'Amérique centrale et le nord de l'Amérique du Sud, du Honduras à la frontière entre la Colombie et le Venezuela. Au sein de cette famille, le rama forme avec le maléku parlé au Costa Rica la branche des langues votiques[1].

Histoire

Le rama est la langue du peuple rama, peuple autochtone du Nicaragua largement soumis et méprisé par les autres peuples de la côte atlantique, notamment les Mosquitos. Ils abandonnent en grand nombre leur langue au tournant du XXe siècle sous l'influence des missionnaires des Frères moraves et adoptent la langue véhiculaire de la région, le créole de la côte des Mosquitos. Ce créole à base lexicale anglaise devient la langue maternelle de presque tous les Ramas, qui pratiquent peu l'espagnol, langue officielle du Nicaragua[2].

En 1985, le représentant des Ramas, Rufino, exprime au gouvernement nicaraguayen son désir de sauvegarder la langue de son peuple. Cette demande coïncide avec la volonté des dirigeants sandinistes d'accorder une autonomie accrue aux peuples de la côte atlantique du pays (Mosquitos, Sumos, Ramas et créoles) qui sont venus grossir les rangs des Contras pendant la guerre civile. Un projet de revitalisation (le Rama Language Project ou RLP) est mis sur pied et dirigé par la linguiste française Colette Grinevald[3].

Des enfants ramas à Cayo Rama.

Ce projet se heurte au début à de nombreuses difficultés. La majeure partie des Ramas vivent sur l'île de Cayo Rama, mais ils font preuve d'un fort dédain à l'égard de la langue rama, qu'ils appellent « la langue des tigres » et considèrent comme un idiome primitif parlé par des sauvages[4]. La plupart des derniers locuteurs natifs résident plutôt sur le continent, dans des villages situés au sud du lagon de Bluefields, près de la frontière costaricaine[5].

La première étape du programme de sauvegarde consiste à documenter la langue, ce à quoi Grinevald s'attache avec l'aide de deux locuteurs, dont l'une, Eleonora Rigby (surnommée « Miss Nora »), joue par la suite un rôle crucial dans le développement du RLP, au-delà de sa position comme source d'informations sur une langue qu'elle a apprise vers l'âge de 10 ans. Malgré l'hostilité des habitants de Cayo Rama, elle organise des réunions publiques pour sensibiliser les Ramas à la valeur de leur langue et se charge de l'enseigner aux très jeunes enfants jusqu'à sa mort, en 2001. La bibliothèque de l'université URACCAN a été baptisée bibliothèque Nora Rigby en son honneur en 2008[6].

En 2003, les Ramas obtiennent la création d'une entité politique propre, le Gobierno Territorial Rama-Kriol (GTR-K), qui administre un territoire de 4 068,493 km2 dans le sud-est du Nicaragua. Grâce à ses compétences dans le domaine de l'éducation et de la culture, le GTR-K est en mesure d'encourager l'enseignement du rama au primaire comme au secondaire[7]. Les recherches de Bénédicte Pivot suggèrent que les Ramas se sont réapproprié leur langue grâce à ces entreprises de revitalisation et de revalorisation, et qu'ils ne la considèrent plus comme une chose honteuse ou méprisable, notamment les plus jeunes[8].

Phonologie

Voyelles

L'inventaire vocalique du rama se compose principalement de la voyelle ouverte /a/ et des voyelles fermées /i/ et /u/. Les voyelles moyennes /e/ et /o/ sont également attestées, mais presque exclusivement dans des emprunts à d'autres langues.

Antérieure Centrale Postérieure
Fermée iu
Moyenne eo
Ouverte a

Toutes ces voyelles peuvent être brèves ou longues. À l'écrit, les voyelles longues sont représentées par le doublement du graphème : // s'écrit <aa>, // <ii>, et ainsi de suite.

Consonnes

L'inventaire consonantique du rama se compose des consonnes suivantes :

Labiale Alvéolaire Palatale Vélaire Labio-vélaire Glottale
Occlusive sourde ptk
Occlusive sonore bdg
Fricative sh
Nasale mnŋŋʷ
Liquide l, r
Semi-voyelle jw

La phonologie du rama est marquée par un grand nombre de groupes consonantiques tels que /ps/, /pn/, /ph/, /tk/, /ml/, /nk/ ou /skw/[9]. Ces groupes sont souvent le résultat de l'élision d'une voyelle intermédiaire non accentuée[10].

Grammaire

Références

Voir aussi

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