Rawan Osman
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Rawan Osman (en arabe : روان عثمان), née en 1983 ou 1984 à Damas, est une militante politique syrienne-allemande. Elle se décrit comme une « Arabe sioniste » et plaide pour la normalisation des relations entre les pays arabes et Israël. Promotrice du dialogue et de la réconciliation au Moyen-Orient, elle est engagée dans la lutte contre l’antisémitisme et ce qu’elle décrit comme la désinformation dans le monde arabe, tout en défendant les droits humains.
Origines et jeunesse
Rawan Osman naît à Damas dans une famille d’origine musulmane, qu’elle décrit comme non pratiquante[1],[2], son père appartenant à une famille sunnite originaire de Damas et sa mère à une famille chiite originaire d’un village proche de Baalbek, dans la vallée de la Bekaa, au Liban[1],[3].
Elle grandit au Liban, dans un contexte marqué par la présence du Hezbollah et des discours hostiles envers Israël et les Juifs, avant de retourner en Syrie après l’obtention de son diplôme de fin d’études secondaires[4],[5],[3],[6].
Par la suite, elle vit en Arabie saoudite puis au Qatar, avant de quitter la région au début des années 2010[3].
En 2011, au début de la guerre civile syrienne, Rawan Osman s’installe à Strasbourg, en France, pour y suivre une formation autour du vin dans l’objectif d’ouvrir un bar à vin à Damas[7],[8]. Elle y rencontre pour la première fois des personnes juives, une expérience qu’elle décrit comme un tournant dans son parcours personnel et qui l’amène à prendre conscience des stéréotypes antisémites qu’elle avait intégrés durant son enfance[4],[3],[9].
Par la suite, elle poursuit un cursus universitaire à l'université de Heidelberg, en Allemagne, où elle étudie l'hébreu moderne, les études islamiques et les études juives[3],[2],[1].
Elle se décrit ultérieurement comme une « recovered antisemite »(antisémite guérie/recouvrée), expression par laquelle elle désigne le processus de remise en question et de rupture avec les représentations antisémites dans lesquelles elle dit avoir évolué[9].
Vie personnelle
Rawan Osman vit actuellement en Allemagne[10]. Elle intervient régulièrement dans des médias et des forums internationaux, et s’exprime publiquement en arabe, en français, en anglais et en allemand pour promouvoir la compréhension mutuelle et le dialogue intercommunautaire. Elle est également active sur les réseaux sociaux, où elle diffuse du contenu éducatif, une exposition qui l’expose à des menaces récurrentes[11],[4].
Elle se définit publiquement comme une « Arabe sioniste »[8]. En 2025, elle entame une démarche de conversion au judaïsme[12].
À la suite des attentats du 7 octobre 2023, elle déclare avoir rompu ou distendu ses relations avec une partie importante de sa famille et de ses amis restés en Syrie et au Liban, évoquant des motivations liées à la peur ou à des positions antisémites[12],[4].
Activisme et engagements
Rawan Osman consacre son activisme à la lutte contre l’antisémitisme et les préjugés hostiles envers Israël dans le monde arabe et les diasporas, tout en promouvant le dialogue intercommunautaire, la normalisation des relations entre pays arabes et Israël, et la défense des droits humains[4],[5].
Sensibilisation à l'antisémitisme
Pendant son séjour en Europe, Rawan Osman commence à s’engager dans des actions de sensibilisation à l’antisémitisme au Moyen-Orient et au sein de la diaspora moyen-orientale[6]. Elle plaide pour l’acceptation du multiculturalisme dans la région, incluant la reconnaissance d’Israël et des Israéliens, et condamne ce qu’elle décrit comme l’instrumentalisation du conflit israélo-arabe par des acteurs politiques prêts à sacrifier des vies civiles[9],[1].
A propos de l’accueil des réfugiés syriens en Allemagne, elle estime que les autorités allemandes doivent tenir compte de la persistance d’un antisémitisme structurel en Syrie afin de favoriser une intégration durable et éviter l'importation des préjugés dans la société d'accueil ; elle déclare à ce sujet qu’« une Europe dangereuse pour les Juifs ne saurait être sûre pour les autres minorités »[7].
De septembre à novembre 2023, Osman tient un blog pour le Times of Israel , dans lequel elle relate sa prise de conscience de l’endoctrinement antisémite dont elle estime avoir été imprégnée durant son enfance et condamne fermement le Hamas à la suite des attentats du 7 octobre 2023[4],[13],[14].
Dans le prolongement de cet engagement, elle travaille à l’écriture d’un livre consacré à Israël et aux Israéliens[5],[15].
Elle apparaît comme narratrice principale dans le film documentaire Tragic Awakening: A New Look at the Oldest Hatred (2024), où elle évoque sa découverte de l’histoire juive et la prise de conscience de son endoctrinement. Elle déclare notamment : « J’étais en colère. Parce que le Juif n’est pas mon ennemi »[16],[17],[4]. Le film est projeté dans plusieurs campus universitaires aux États-Unis dans le cadre de campagnes de sensibilisation.
Initiatives de dialogue et promotion de la normalisation
Rawan Osman crée du contenu éducatif en arabe pour expliquer la réalité israélienne et challenger les narratifs conflictuels, visant à favoriser la déradicalisation via l’éducation et le dialogue ouvert[9],[18],[19],[20].
Elle fonde en 2023 la plateforme 'Arabs Ask' pour encourager les Arabes à poser des questions sur le judaïsme et Israël, afin de combattre la désinformation[13],[9],[20].
Elle se prononce en faveur des accords d’Abraham, qu’elle considère comme une opportunité de normalisation et de dialogue entre Israël et plusieurs pays arabes[1],[3],[15].
Elle collabore avec le Center for Peace Communications et l’organisation Sharaka[15]. En 2022 et 2023, elle participe à la Marche des Vivants en Pologne au sein de la délégation arabe de Sharaka, une commémoration de la Shoah visant à renforcer les liens intercommunautaires[3].
Elle participe à des podcasts et webinaires sur la déradicalisation, notamment pour Gaza et le Liban, en soulignant l’importance de l’information non censurée pour résoudre les conflits[15],[19].
Engagements internationaux
Le 3 mars 2025, elle s'exprime devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et déclare : « Israël n’est pas le problème », en accusant plusieurs régimes arabes (Qatar, Iran, Égypte, Jordanie, Liban, Syrie) d’hypocrisie pour financer des groupes armés comme le Hamas et le Hezbollah tout en violant les droits de leurs populations[21],[22],[4].
Elle est Visiting Research & Diplomacy Fellow au Jerusalem Center for Public Affairs, où elle contribue à des travaux sur la diplomatie et la normalisation[23].
Notes et références
- 1 2 3 4 5 Rawan Osman, « My peoples, our children », sur Fathom (consulté le )
- 1 2 (en-CA) Pat Johnson, « Rawan Osman », (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 Par Yaakov Schwartz, « Des influenceurs musulmans à Auschwitz pour parler de la Shoah dans le monde arabe », sur fr.timesofisrael.com (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) National Post, « She lived in fear of Jews. Now, she is one of Israel's biggest advocates », sur National Post,
- 1 2 3 (en) « Rawan Osman », The Washington Institute (consulté le )
- 1 2 Tribune Juive, « Témoignage: J’ai grandi au sein du Hezbollah. Rawan Osman sur Qualita », sur Tribune Juive, (consulté le )
- 1 2 (en) Osman, « New Forms of Old Hate: Confronting Assad’s Anti-Semitism in Germany », The Washington Institute (consulté le )
- 1 2 « ‘I am an Arab Zionist’ », Jewish News Syndicate, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 5 (en-US) Nissan Ratzlav-Katz, « Rawan Osman: From Hezbollah supporter to Israel advocate », sur JNS.org, (consulté le )
- ↑ Osman, « Holocaust Remembrance Counters the Axis of Resistance to Change in the Middle East », Jewish Journal, (consulté le )
- ↑ (en) Maayan Hoffman, Maayan Hoffman et ILTV, « Why this Syrian-born activist says Israel is fighting for civilization », Ynetglobal, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Alexandra Lukash, « 'I condemned Hamas—my own family blocked me': Arab peace activist on her journey from antisemitism to Judaism », Ynet, (lire en ligne)
- 1 2 (en-US) hersh, « Four Anti‑Zionist Muslims Who Became Staunch Supporters of Israel | Aish », Aish.com, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ HBS Jewish Alumni Association, « Speaker Rawan Osman: A Former Arab Antisemite », sur HBSJAA.org,
- 1 2 3 4 Amouyal, « Arab influencers embrace March of Living, welcomed by attendees », The Jerusalem Post, (consulté le )
- ↑ Suissa, « “They Hate us Because We’re Good”: A New Film Reframes the World’s Oldest Hatred », Jewish Journal, (consulté le )
- ↑ (en-US) The Quad, « A rabbi and an Arab join together to fight antisemitism », sur JNS.org, (consulté le )
- ↑ (de) « Heidelberg: Arabisch-jüdisches Projekt gegen Vorurteile – Mit 90 Sekunden gegen den Hass », sur www.rnf.de, (consulté le )
- 1 2 (en-US) « Rawan Osman: An Arab Woman’s Journey from Antisemitism to Zionism », Middle East Forum, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- 1 2 (de) « Malen nach Zahlen », sur HfJS, (consulté le )
- ↑ Juliette Vignaud, « "Israël n'est pas le problème" : les pays arabes interpelés à l'ONU par une militante », LePoint, (lire en ligne
) - ↑ (en-US) « Syrian activist to UN: “I testify before God: Israel is not the problem!” », sur UN Watch, (consulté le )
- ↑ (en-US) « Is Tom Barrack Kicking the Can Down the Road? » (consulté le )