Raymond Moisset

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Raymond Moisset est un artiste peintre français de l'École de Paris, expressionniste, puis, à compter du début des années 1950[1], abstrait. Il est né à dans le 18e arrondissement de Paris de père morvandeau et de mère boulonnaise[2] le et mort le à Limeil-Brévannes[3]. Il était installé au 24, rue des Épinettes à Saint-Maurice (Val-de-Marne) et repose au cimetière de cette ville[4].

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Raymond Moisset
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Biographie

Raymond Moisset fut dans les années 1920 élève de l'École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d'art. On le dit néanmoins autodidacte dans le domaine de la peinture (« Sa grande école sera la rue » est-il dit[2]) qu'il travailla essentiellement en solitaire jusqu'en 1936 (première exposition personnelle et premier salon à Paris en 1934), même s'il fréquenta les académies libres montmartroises.

Vers 1935, avec entre autres Pierre Tal Coat, André Marchand, Georges Rohner et Robert Humblot, il forme le groupe des Forces Nouvelles qui dénonce toute prétention intellectuelle de la peinture, ne donnant d'autre vocation à celle-ci que de procurer une émotion au travers de l'humble réalité des choses[5]. C'est dans cet esprit que Raymond Moisset restera l'ami de Francis Gruber, rencontré en 1936, jusqu'à la mort prématurée de ce dernier en 1948, et que jusqu'en 1950 il sera le peintre d'une réalité quotidienne, quoique ordonnancée dans sa composition. On perçoit alors que « Raymond Moisset, dans ses compositions, s'essaie à des déformations expressives imprégnées de l'amour du Greco, amour que le peintre tient à affirmer »[6].

Jean-Jacques Lévêque évoque Raymond Moisset parmi les peintres qui, à compter de 1942 et toutes expressions confondues, soutiennent et accompagnent Gaston Diehl dans son refus de soumission de l'art à l'idéologie occupante. Ce mouvement (où notre artiste côtoie tout autant ses anciens amis Francis Gruber, Georges Rohner et André Marchand que le surréaliste Lucien Coutaud ou les abstraits Alfred Manessier et Gustave Singier) aboutira à la création du Salon de Mai dont Raymond Moisset sera, dès la première manifestation de 1945 et durant vingt-cinq années, exposant régulier[7].

Michel Seuphor

La première toile abstraite de Raymond Moisset est identifiée par Lydia Harambourg comme étant son envoi de 1950 au sixième Salon de mai[8]. Ce passage à l'abstraction, également situé par Michel Seuphor en 1950[9], n'est cependant pas net, tranché, absolu[Note 1]: À partir d'une palette réduite à quelques couleurs éclatantes, Raymond Moisset va donner alors à une réalité toujours discernable (ses Nus plantureux des années 1970, cités par Jean-Pierre Delarge[1]) des rythmes qui, à l'instar de chez Édouard Pignon (période des Nus roses) ou de chez Jean Messagier deviendront progressivement la fin en soi du tableau sans pour autant occulter totalement une figuration sous-jacente, une intention de représentation. Sur cette démarche, l'artiste s'est lui-même confié à Gérard Xuriguera : « Allant de la réalité quotidienne à une non-figuration proche de l'informel, je me dirigeais ensuite d'instinct vers une abstraction lyrique. Les articles et mes contacts avec Michel Tapié; Pierre Descargues, Léon Degand, Charles Estienne, Roger van Gindertael, Gaston Diehl, Denys Chevalier, ma rencontre au Salon de mai avec Michel Seuphor, 1954, me confirmèrent dans ma démarche abstraite »[10].

Expositions

Expositions personnelles

  • Galerie René Breteau, Paris, 1946[8].
  • Galerie Simone Heller, Paris, 1956[8].
  • Galerie Blumenthal, Paris, 1962[8].
  • Galerie Birch, Copenhague, 1963[8].
  • Galerie Beno d'Incelli, Paris, 1968.
  • Raymond Moisset, œuvres des années 50-60, Galerie Jacques Barbier, Paris, novembre-[11].
  • Raymond Moisset - Toiles de 1947 à 1965, Galerie Arnoux, Paris, [12].
  • Galerie Jacques Barbier, Paris, 1989.
  • Rétrospective Raymond Moisset, Maison des arts et loisirs, Sochaux, février-.

Expositions collectives

Galerie Bernheim-Jeune, Paris
Château de Lunéville
Commanderie des Templiers de La Villedieu, Élancourt

Citations

Dits de Raymond Moisset

  • « Ma liberté totale, chèrement acquise, coïncidait avec une très subtile sensibilité, d'une justesse trop longtemps contenue. Cette abondance de cœur, ce débordement de vie, ce trop plein étaient habités par la passion généreuse de la couleur ardente. J'ai recherché l'essence même de ce que je ressentais au plus profond de moi, la toile étant devenue un champ d'effusions où air, couleur, fluidité, trace lumineuse, opacité, espaces toujours justes, surgissaienbt sans reprise, dans un seul combat. » - Raymond Moisset[10]

Réception critique

  • « Cette absence de prétention, cet accent direct situent la qualité d'un effort qui a pris place entre Francis Gruber et Pierre Tal-Coat » - Gaston Diehl[16]
  • « Il est venu lentement à l'abstraction complète en partant toujours du thème d'un paysage. » - Michel Seuphor[9]
  • « Les motifs de Moisset sont des paysages. il s'en excuse presque mais qui penserait à le lui reprocher, puisqu'ils lui permettent d'atteindre à la peinture. Moisset, d'ailleurs, ne s'attache pas à préciser les détails de ces paysages pour les représenter. Ce qu'il en retient, c'est la lumière qui les enveloppe, les grands pans de lumière chaude et transparente découpés par les grands rythmes de la nature, dont il indique les lignes et les accents sans jamais appuyer plus qu'il ne convient pour préserver l'unité du tableau. La matière translucide de ses toiles, à peine soutenue par quelques opacités ou quelques ombres, est toutes lumières et chaleur. » - Roger van Gindertael[17]
  • « Raymond Moisset fait sa rentrée rue de Seine, après dis ans d'absence, de silence et de recherches. Son exil reste mystérieux, on ne comprend pas pourquoi on ne s'est pas précipité sur Moisset pour le sortir de cette pauvreté qui, sans doute, est la sienne, et lui permettre de s'exprimer. Il a été glaner dans les Alpilles la vérité de Paul Cézanne et les tons de Vincent van Gogh, il a surtout été se faire éclater le crâne de lumière absorbée à cru. C'est un hymne à la déesse du jour, une sorte de cantique lyrique, mais d'une rigueur de composition, d'une justesse de touche à vous laisser pantois! C'est vraiment une œuvre qui marque. » - Jean Bouret[18]
  • « Les toiles de Moisset exaltent le nu comme la fusée d'un feu d'artifice somptueux, sur un thème qui a été celui de Rubens, le triomphe de la chair féminine... L'apparence a disparu au profit d'un réel de taches. » - Jean Bouret[19]
  • « Raymond Moisset, artiste d'une maîtrise surprenante dans le maniement des couleurs, à l'imagination sans cesse en éveil, turbulent dans sa quête d'une vitalité qui ne se dément pas et n'a pas, à l'égal de certains autres d'ailleurs, la place qui devrait lui revenir. » - Gérard Xuriguera[20]
  • « Un peintre solitaire toujours en quête d'une expression nouvelle dans une abstraction tout ensemble savante et spontanée engendrée par un paysage, et qui recrée, sous la légèreté du pinceau, les rythmes essentiels de la nature. » - Gérald Schurr[11]
  • « De l'aveu même du peintre, sa grande école sera la rue. En un demi-siècle, il est resté fidèle à son engagement artistique qui l'a conduit, après ses premières interprétations de la réalité quotidienne, transcrites avec un graphisme incisif, à une non-figuration lyrique, informelle. Farouchement indépendant, et loin des modes, il peint et dessine journellement avec une rigueur qui s'accompagne d'une exigence lui faisant sacrifier les toiles dont il n'est pas satisfait… Insensiblement Moisset s'éloigne de la transcription fidèle afin de donner toute liberté aux résonances de son émotion. C'est par le biais des couleurs qu'il veut résoudre le problème plastique… Moisset va développer un jeu d'arabesques mêlant courbes et droites dans un espace maîtrisé, où progressivement la couleur s'impose comme seule détentrice du pouvoir émotionnel. » - Lydia Harambourg[8]
  • « Raymond Moisset relit et reconstruit le nu féminin à la manière des glyphes aztèques. Ses formes sont hybrides, évidemment féminines dans leur rondeur et dans l'ouverture des cuisses opulents et sensuelles, malgré l'absence de tête et la multiplication des bras qui peuvent devenir tentacules. On y retrouve la chaleur des couleurs chaudes et vives des codex méso-américains. La forme remplit et sature le rectangle de la toile, comme les glyphes aztèques et mayas le font du carré virtuel qui leur est imparti. Il n'y a pas de rapport direct avec un quelconque signe de la langue nahuatl originelle, mais on peut y trouver des rapports, plus ou moins distants, avec les glyphes représentant le ciel, la mort, le nombre zéro…, plus encore avec un symbole maya figurant un roi ou une fleur, après l'avoir retourné tête bêche. Peu importe, d'ailleurs, la réalité archéologique. Nous sommes ici dans le domaine de l'évocation, de la suggestion… » - Annick et Louis Doucet[15]

Collections publiques

Notes et références

Annexes

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