Gustave Singier

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Nom de naissance
Gustave Henri SingierVoir et modifier les données sur Wikidata
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Gustave Singier
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signature de Gustave Singier
Signature.

Gustave Singier, né le à Warneton[1], et mort le à Paris[2], est un peintre, graveur et lithographe non figuratif français d'origine belge.

Jeunesse et formation

Son père, Gaston Singier, est ébéniste et sa mère, Germaine Casier, est tisserande. Son enfance est marquée par la Première Guerre mondiale car sa ville de naissance se situe sur le front de l'Yser[3],[4],[5].

En , la famille est d'abord évacuée à Comines, puis en Flandres et enfin dans les Ardennes, à Lignières. Après l'Armistice, ils sont logés à Paris au sein de l'hôtel de Montmorrency de la rue du Cherche-Midi[5].

En 1919, Gaston Singier parvient à s'installer avec un atelier d'ébénisterie à Paris[5]. Gustave suit de 1923 à 1926 les cours de l'École Boulle qui le forment au dessin architectural et au design de mobilier[4]. Il travaille de 1927 à 1939 comme dessinateur dans une société d'agencement de magasins avant de se tourner vers la peinture[3].

Carrière

En 1936, Singier rencontre Charles Walch qui le met en contact avec le monde artistique et il commence d'exposer dans des Salons. En 1939, il fait la connaissance de son voisin, Alfred Manessier, de ses amis Elvire Jan et Jean Le Moal. Mobilisé l'année suivante dans l'armée belge, il est envoyé à Bagnols-sur-Cèze après l'invasion de la Belgique. De 1941 à 1944, il travaille dans l'atelier d'ébénisterie de son père.

Gustave Singier participe à l'exposition Vingt jeunes peintres de tradition française organisée en 1941 par Jean Bazaine, première exposition de peinture d'avant-garde (Galerie Braun à Paris) sous l'Occupation[6]. Il se réfugie en 1944 chez Alfred Manessier, dans le Perche où séjourneront également Elvire Jan, Jean Le Moal, Jean Bertholle, l'écrivain Camille Bourniquel, les sculpteurs François Stahly et Étienne-Martin.

En 1945, il expose au Salon de Mai dont il est avec ses amis l'un des fondateurs. Il est naturalisé Français en 1947 et se lie d'amitié avec le poète Jean Lescure. La galerie Billiet-Caputo réalise en 1949 sa première exposition personnelle à Paris, la galerie de France de Myriam Prévot et Gildo Caputo présente ensuite régulièrement son travail.

De 1951 à 1954, il enseigne à l'académie Ranson ; de 1967 à 1978, à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris où l'on compte parmi ses élèves Michel Four et Ricardo Cavallo. Il est membre de la Société des peintres-graveurs français, membre fondateur en 1975 du Salon de Toulon, en 1976 du Salon de Vitry-sur-Seine, examinateur en 1978 au concours de Rome.

Singier a réalisé de nombreux cartons de tapisseries et des vitraux, des mosaïques, des costumes et décors (notamment pour le TNP de Jean Vilar et l'Opéra de Paris). Il a illustré de ses gravures ou lithographies plusieurs livres.

Il meurt le à Paris et est inhumé au cimetière du Montparnasse.

Singier fait partie des peintres réunis pour l'exposition L'envolée lyrique, Paris 1945-1956 présentée au musée du Luxembourg (Sénat), d'avril à (Sans titre, 1952)[7].

Style et influence

Gustave Singier débute comme expressioniste et parvient à se forger une réputation importante. Après la Seconde Guerre mondiale, il est influencé par les œuvres de Vassily Kandinsky et Piet Mondrian. Il rejette l'abstraction pure et lui préfère une forme d'abstraction reliée à la réalité, en continuité avec les influences impressionnistes et cubistes. Dans les années 1950, son style est plus épuré et son approche privilégie une composition sobre avec une touche d'humour[3],[4].

Œuvre

Premier Salon de Mai, 1945.

Livre illustré

  • Camille Bourniquel, Quatrains, texte et illustrations gravés au burin, 1947.
  • André Frédérique, Le Traité des Appareils, avec six lithographies, Paris, Édition Galerie de France, 1955.
  • Robert Marteau, Sibylles, 21 dessins, Paris, Édition Galanis, 1970.
  • Julien Gracq, Un balcon en forêt, présentation de Jean Lescure, 21 lithographies de Singier, Société de bibliophiles Beaux livres grands amis de Nancy et Bibliophiles de Provence, 1973.
  • Jean Lescure, Le Blason du corps blessé, avec 16 lithographies de Gustave Singier, Société des bibliophiles de Normandie, 1974.
  • Jean Lescure, Traité des couleurs, poèmes autographiés avec 51 dessins de Singier, Sigean, Éditions de l'Orycte, 1980.

Décor et costume

  • 1955 : costumes pour l’Orfeo de Monteverdi, Festival d'Aix-les-Bains.
  • 1960 : décors et costumes pour Turcaret de Lesage, TNP ; décors et costumes pour Antigone de Sophocle, TNP ; décors et costumes pour L'heureux stratagème de Marivaux, TNP.
  • 1962 : décors et costumes pour Pelléas et Mélisande de Debussy et Maeterlinck, Musée des Beaux-Arts, Bruxelles.
  • 1964 : décors et costumes pour Saracenia, ballet, musique de Bela Bartok, Théâtre national de l'Opéra, Paris.
  • 1967 : décors et costumes pour Hyppolyte et Hyacinthe de Mozart, Festival du Marais, Paris ; décors et costumes pour Pimpinone de Telemann, opéra-bouffe, Festival du Marais, Paris.
  • 1968 : peinture murale pour Aquathème, ballet, Ballet Théâtre contemporain d'Amiens.
  • 1971 : costumes pour le Combat de Tancrède et Clorinde de Monteverdi, chorégraphie de Norbert Schmouki, Festival de Provins ; costumes pour Trois Gymnopédies d'Éric Satie et pour Symphonie en trois mouvements de Stravinsky.

Tapisserie

Réalisation monumentale

  • 1946 : Le Miracle des Pains, peinture pour le réfectoire du couvent des dominicains, rue de la Glacière, Paris.
  • 1952 : six vitraux pour la chapelle des dominicaines de Monteils.
  • 1960 : mosaïque (90 m2) pour le lycée climatique d'Argelès-Gazost.
  • 1961 : mosaïque pour le lycée de garçons de Guingamp.
  • 1964 : mosaïque pour la Maison de la Radio, Paris.
  • 1969 : peinture murale (polyuréthane sur béton) pour l'École des arts décoratifs d'Aubusson (60 m2); peinture murale (polyuréthane sur béton gravé) pour le lycée Carriat de Bourg-en-Bresse (250 m2).
  • 1971 : panneau pour un Boeing 747 d'Air France (1,50 × 1,50 m).
  • 1972 : deux peintures murales pour les salles de réfectoire et de réunion du centre scolaire de Sélestat.
  • 1973 : mosaïque pour une façade d'immeuble, rue Mario Capra, Vitry-sur-Seine.
  • 1974 : bas-relief (acier forgé) pour l'école de Coligny ; deux décorations (éverit coloré) pour la faculté de droit de Villeneuve-d'Ascq.
  • 1975 : enseigne de la Maison Pablo Neruda, Arles.

Expositions

Expositions personnelles

  • Galerie Billiet-Caputo, Paris, 1949, 1950[9].
  • Galerie Blanche, Stockholm, 1950[9].
  • Galerie Apollo, Bruxelles, 1951[9].
  • Galerie Lattes, Turin, 1953[9].
  • Gustave Singier - Aquarelles, Galerie Ex-Libris, Bruxelles, 1953.
  • Galerie de France, Paris, mars-[10], 1967[11].
  • Galerie Jean-Louis Roque, Paris, 1981[9].
  • École nationale supérieure des beaux-arts, Paris, 1982.
  • Gustave Singier, rétrospective, Centre culturel Noroît, Arras, 1992[9].

Expositions collectives

Réception critique

Camille Bourniquel
Yvon Taillandier
Simone de Beauvoir
Jean Lescure
  • « Si le goût de la construction apparaît dans toutes ses toiles, une sensualité des formes et de la couleur apparaît d'une manière non moins évidente. Un désir d'approcher les choses de notre œil et de nous les rendre disponibles est bien le fond de sa nature. Ces formes, cette lumière qui lui échapperaient dans une perspective normale, il veut à toute force les rattraper dans une construction, dans une perspective à lui propre… Ce monde, prêt à s'en aller dans toutes les directions, il le veut reprendre au vol, regrouper sur sa toile, solidifié et rendu indissociable par un enchaînement avec des motifs plus rapprochés. Ceux-ci, on verra qu'ils constituent l'appât. Le monde de Singier, on… le définirait ainsi, un monde qui se laisse prendre… » - Camille Bourniquel[12]
  • « Depuis 1952, sa palette s'est éclaircie. Ses fonds étaient alors dans les tons bleu sombre. Beaucoup de toiles de 1955 ont, au contraire, des fonds clairs, blanc bleuté ou teintés de vert, sur lesquels se détachent des lignes noires et des taches de couleurs assez violentes. Très musicien, Singier a peint parfois des tableaux - comme La harpe éolienne - où il a cherché à traduire des émotions musicales. Il pense que, pour aimer ses œuvres, il faut se mettre dans le même état de disponibilité d'esprit qui convient à l'audition d'une musique. » - Revue Connaissance des arts[10]
  • « La peinture de Gustave Singier est étroitement, complètement, la peinture de notre temps. Elle élargit le champ de vision jusqu'à la vision elle-même. Il n'y reste pas une excroissance humaine ou résultant de l'industrie humaine. On n'était pas encore allé aussi loin dans l'animation de l'absence humaine : on n'avait pas encore affirmé aussi fortement l'homme de ce temps, sa condition nouvelle, sa nouvelle mort-néant, son nouvel espace, son univers aux dimensions inconnues, son univers en expansion ou en respiration. » - Georges Charbonnier[20]
  • « En renonçant à reproduire les objets identifiables, mais dont l'aspect est changeant – comme la montagne de Provence dont le contour lui échappait, quoi qu'il fît – ou qui sont si vastes qu'on ne saurait les représenter entièrement, Singier n'offense plus la vérité. D'autre part, comme le tableau qui ne représente rien de précis peut tout représenter, comme il devient alors une image du monde qui, semblable à la montagne provençale, propose un spectacle toujours renouvelé mais toujours fuyant, Singier découvre que la seule chose qui soit constante, dans le monde comme dans le tableau, c'est l'attention que l'homme lui porte. Il s'agit donc, pour le peintre, de rendre le spectateur conscient de son attention. Pour y parvenir, il établit, dans le tableau, une combinaison de formes qui mêlent, comme en musique, les impressions de dissonance et de consonance. Les premières surprennent et les secondes attachent. C'est comme dans un texte, une affirmation qui, au premier abord, choque par son apparence paradoxale, mais qui est suivie d'un raisonnement dont la logique convainc et apaise en même temps. » - Yvon Taillandier[21]
  • « J'ai aimé les toiles de Singier, non figuratives, mais dont les couleurs magnifiques, les transparences et les opacités évoquaient des eaux bleues, des coraux, des profondeurs aquatiques. » - Simone de Beauvoir[22]
  • « C'est parce que l'œuvre de Singier développe comme une méditation sur la nature et les puissances de ses signes que ses signes toujours appliqués à exprimer les choses du monde s'en dégagent si constamment pour se désigner eux-mêmes comme réalité et former les éléments de ce qu'il faut bien appeler un langage, encore qu'il demeure insaisissable dans sa mobilité… En même temps qu'elle élabore de nouvelles contrés de la lumière, de l'immobile mouvement des couleurs et des traits, l'œuvre de Singier veut que le monde soit tout entier dans les signes qu'elle nous en donne, que ces signes soient le tout de ce monde, que nous convenions enfin que ce que nous prenions pour un monde de signes est la réalité même du monde. » - Jean Lescure[23]
  • « Un des protagonistes, sous l'Occupation, du renouveau de la peinture française placée sous le signe de la tradition, aux côtés notamment de ses amis Alfred Manessier, Jean Le Moal, Elvire Jan, Jean Bertholle, Jean Bazaine… Se refusant de voir dans la peinture que ja formukation intellectuelle de ce qui nous entoure, ou encore la simple transcrition d'un réalisme desséchant, Singier fait appel à sa conscience des choses, démarche créatrice qu'il partage avec Manessier. S'il renonce à représenter des formes immédiatement identifiables pour développer un jeu de lignes et de plages colorées, il tire son expression plastique du réel, comme en témoignent ses multiples études exécutées sur le motif et qui préfigurent ses créations plus libres, établissant ce qu'il appelle "un dialogue entre ce que l'œil a perçu et ce que j'apporte à cette vision…". Ce qui préoccupera Singier dans les années qui suivent, ce sera de créer "un espace, une lumière où je puisse vivre, respirer…". Afin de suggérer les impressions changeantes, les traits s'affinent jusqu'à devenir diffus, et même disparaître, cédant devant des espaces subtilement colorés. » - Lydia Harambourg[9]
  • « Des rythmes légers et tendus, palpitants et ambigus, transposés sur les tableaux de chevalet de ce peintre connu pour ses compositions murales, ses cartons de tapisserie, ses projets de vitraux, ses décors de ballets. Un bleu profond qui lui est particulier domine souvent dans ses peintures raffinées. » - Gérald Schurr[24]

Collections publiques

Afrique du Sud

Allemagne

  • musées d'Essen.
  • musée de Hambourg.

Autriche

Belgique

  • musée royal de Bruxelles.
  • musée de Liège.

Canada

États-Unis

France

Macédoine

Norvège

  • musée d'Oslo.

Nouvelle-Zélande

  • musée de Wellington.

Royaume-Uni

Suisse

  • Musée de Bâle.
  • Musée de La Chaux-de-Fonds.
  • Musée de Genève (Fondation Gandur pour l'art).
  • Musée de Sion.

Collections privées

Élèves

Références

Annexes

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