Real robot
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Le real robot (リアルロボット, riaru robotto, lit. « robot réel » ou « robot réaliste ») est un sous-genre du mecha dans la science-fiction japonaise, apparu en 1979 avec la série Mobile Suit Gundam. Il repose principalement sur la mise en scène de robots militaires pilotés de l’intérieur sur fond de guerre spatiale et d’intrigues géopolitiques. Sa principale caractéristique est d’adopter un ton résolument réaliste dans le scénario, concept qui est devenu très populaire au Japon.
L’expression apparaît pour la première fois dans le jeu vidéo Super Robot Wars en 1991 qui classait les mechas en deux catégories : super robot et real robot. L’expression en katakana est la transcription de l’anglais real robot. En France, très peu d’études portent sur le sujet mais le terme est parfois employé[1] ; Bounthavy Suvilay parle quant à elle d’« école réaliste »[2].
Historique
Contexte
Bien que le genre mecha fasse une première apparition dans le monde de l’animation japonaise avec Astro le petit robot d’Osamu Tezuka, la première série consacrée aux robots géants au Japon fut certainement Tetsujin 28-gō[3], sortie dès 1956 et qui donna naissance à toute une vague de séries mechas telles que Mazinger Z (1972) ou Goldorak (1975)[4]. Toutes ces séries pionnières du genre partagent une caractéristique essentielle : les robots sont invariablement gigantesques et surpuissants, de véritables armes surréalistes[5]. On décrit communément ces machines comme des « super robots » (ou « super mechas ») ; à l’époque, ces séries de super robots présentent un certain code scénaristique suivi par tous les réalisateurs.
Apparition et évolution du real robot
La première série à rompre avec les codes des super robots est Mobile Suit Gundam, réalisé par Yoshiyuki Tomino et Hajime Yatate en 1979. L’innovation principale de cette œuvre est d’adopter une approche plausible et humaine du mecha ; en effet, les robots y sont de simples armes de guerre (au même titre que les tanks par exemple) produites en masse et sans super pouvoir[6],[7]. Malgré un début difficile (la série est écourtée faute d’audience), Gundam gagne peu à peu en renommée jusqu’à devenir aujourd’hui l’une des séries les plus célèbres de l’animation japonaise[8]. Ce succès s’explique par divers paramètres : l’attrait des Japonais pour la science et les robots, et l’évolution du public qui, dans les années 1980, est massivement composé non plus d’enfants mais d’adolescents et de jeunes adultes[9]. Finalement, avec l’œuvre de Tomino naît un nouveau sous-genre de la science-fiction japonaise nommé real robot (robots réels ou robots réalistes).
Fort du succès de Gundam, un grand nombre de séries suivent la même lancée, comme Macross (dont le dérivé Robotech est très célèbre aux États-Unis), Patlabor, Armored Trooper Votoms, Full Metal Panic, etc. D’autres ne peuvent réellement s’y classer, mais en conservent une certaine inspiration, comme Evangelion à travers la confrontation entre l’interface du mecha et la psyché parfois instable du jeune pilote[10].
Le real robot devient rapidement le sous-genre dominant du mecha, supplantant les super robots[11]. Cependant, l’évolution marquée par Evangelion apporte une concurrence importante, et certains spécialistes se demandent s’il y a encore un avenir pour les longues sagas de real robot[12],[13], thèse contredite par le succès récent de séries comme Gundam 00 ou Code Geass pour Adam Barkman[14].