Recueil des rois de France
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| Artiste |
Jean du Tillet (écrivain), Maître des Heures d'Henri II (miniatures) |
|---|---|
| Date |
vers 1547 ?-1566 |
| Technique |
enluminures sur parchemin |
| Dimensions (H × L) |
35,5 × 28 cm |
| Format |
294 folios reliés |
| No d’inventaire |
Français 2848 |
| Localisation |
Le Recueil des rois de France est un manuscrit enluminé contenant un texte de Jean du Tillet et dédicacé à Charles IX en 1566. Il s'agit d'une histoire des rois de France des premiers mérovingiens à François Ier et illustré du portrait de 29 souverains. Il est actuellement conservé à la Bibliothèque nationale de France sous la cote Fr.2848.
Le manuscrit est l'exemplaire de prestige offert à Charles IX en 1566, d'un texte écrit par Jean du Tillet, greffier civil du Parlement de Paris. Ce dernier a déjà écrit une première version de ce recueil offert vers 1553-1555 à son père Henri II, qui contient une présentation de la généalogie des rois de France puis des considérations de l'auteur sur divers éléments de l'histoire de France. Il avait été autorisé à consulter et inventorier les archives royales dès les années 1540 sous François Ier. On ne sait pas quand il décide de reprendre ce travail pour le compléter. La mort du roi empêche sans doute de le commencer, puis il rédige différentes brochures pour soutenir les Guise ou pour s'opposer aux partis protestants. Lorsqu'il achève le présent manuscrit, il a doublé son volume par rapport à celui offert à Henri II[1].
Les miniatures sont probablement plus anciennes que le manuscrit et ont été ajoutées à celui-ci. En effet, chaque miniature était placée à l'origine sur un verso de feuillet, en face du début d'un texte. Sur le manuscrit actuel, elles sont généralement contrecollées l'une contre l'autre sur un même feuillet, en recto-verso. Elles semblent donc avoir été détachées d'un premier manuscrit. Le style des miniatures est par ailleurs relativement primitif par rapport à la date de dédicace du manuscrit. Elles sont attribuées par les historiens au Maître des Heures d'Henri II, actif à Paris au milieu du XVIe siècle et probable successeur de l'artiste Noël Bellemare. Il se peut qu'elles aient été simplement et légèrement complétées pour être insérées dans le présent manuscrit : un frontispice aux armes de Charles IX, les portraits de Clotaire et Charlemagne, des bandeaux et des tapis floraux. Enfin, seul François Ier a été représenté deux fois, une fois jeune et l'autre âgé et aucun autre roi n'est représenté ensuite : ni Henri II ni Charles IX. Les miniatures pourraient donc avoir été réalisées à l'époque de François Ier, mais restées inachevées à la suite d'une interruption brutale, peut-être en raison de la mort du roi, ce qui empêche son achèvement - dont la réalisation du portrait de Louis XII par exemple[2].
Il existe deux autres manuscrits réalisés à l'époque de Charles IX, l'un d'entre eux étant peut-être destiné à Jean du Tillet lui-même ou à un autre membre du Parlement de Paris, aujourd'hui conservé à la Bibliothèque de Genève (Fr.84) ; l'autre est aujourd'hui à la Bibliothèque nationale russe (SP Fr.f.v.IV, no 9). Ils contiennent tous deux des illustrations identiques au manuscrit principal. Pour l'exemplaire de Saint-Pétersbourg, il s'agit peut-être d'un ouvrage de présentation, rapidement réalisé et destiné à Charles IX ou à sa mère Catherine de Médicis, afin de les inciter à financer l'achèvement de la réalisation de l'ouvrage final. Les documents de Jean du Tillet semblent indiquer que le greffier, une fois le manuscrit achevé, n'a jamais été remboursé de ses frais[3]. L'ouvrage n'est, du coup, pas imprimé à cette époque. Il faut attendre 1578, soit 8 ans après la mort de Jean du Tillet, pour que le texte soit publié, à l'occasion d'éditions clandestines à Rouen puis à Troyes. En 1580, une édition officielle, initiée par les descendants de Jean du Tillet est entreprise, accompagnée d'autres textes du greffier et accompagnée de gravures des portraits des rois, réimprimée à plusieurs reprises jusqu'en 1618[1].
À la mort de Charles IX, sa bibliothèque est dispersée. Le manuscrit réapparait dans la collection de Gaston de France et entre dans la bibliothèque royale à la mort de ce dernier en 1660[2].