Regalia du royaume de Grèce
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Les regalia du royaume de Grèce sont un ensemble d'objets symboliques (couronne, sceptre et épée) réalisés dans la perspective du sacre du roi Othon Ier après son élection sur le trône, en 1832.
Réalisés par la maison d'orfèvrerie parisienne Fossin et Fils (pour la couronne et le sceptre) et par l'atelier de Jules Monceaux (pour l'épée), les regalia commandés par Othon Ier n'ont finalement jamais été utilisés. Emportés par le monarque après sa destitution en 1862, ils ont été rendus à la Grèce par les Wittelsbach en 1956. Longtemps égarés par l'État grec, qui accusait l'ancien roi Constantin II de les avoir volés, les regalia ont finalement été retrouvés dans les réserves du palais de Tatoï en 2023.
Élu sur le trône de Grèce en 1832, le roi Othon Ier fait réaliser des regalia dans la perspective de son couronnement. Cependant, le projet de cérémonie est abandonné car le souverain refuse d'embrasser la religion orthodoxe, ce qui interdit son sacre[1]. Parallèlement, le transport des regalia à Athènes est retardé, si bien bien que l'intronisation du souverain se déroule sans eux[2]. Renversé par la révolution de 1862, Othon Ier part finalement en exil en Bavière, où il emporte les regalia. À sa mort, ces derniers passent au prince Luitpold, héritier d'Othon[3].
Presque un siècle plus tard, en , le duc Albert de Bavière, chef de la maison de Wittelsbach et descendant du prince Luitpold, envoie son fils Maximilien-Emmanuel à Athènes pour y reconnaître officiellement les droits de la maison de Glücksbourg. Le prince remet alors au roi Paul Ier de Grèce l'ensemble des objets royaux (couronne, sceptre et orbe) emportés par Othon[3], lors d'une cérémonie en présence du Premier ministre, Konstantínos Karamanlís[4]. Cet événement est la dernière occasion où les regalia sont présentés ensemble. Par la suite, la couronne est utilisée seule lors des funérailles du roi Paul Ier en [4].
Après le départ en exil de la famille royale et l'abolition de la monarchie en 1973, les regalia sont égarés et les nouvelles autorités républicaines accusent Constantin II de les avoir subtilisés[2]. De fait, la couronne reparaît lors des obsèques de la reine Frederika en 1981. Le ministère de la Culture annonce finalement leur redécouverte en , lors d'un inventaire réalisé au domaine de Tatoï, ancien palais d'été des souverains grecs désormais propriété de l'État[4].