Relooted

jeu vidéo de 2026 From Wikipedia, the free encyclopedia

Relooted est un jeu vidéo développé par le studio sud-africain Nyamakop et sorti en février 2026 sur les plateformes Windows et Xbox Series X/S.

Il s'agit d'un jeu de braquage sur le thème de l'afro-futurisme, dans lequel les joueurs doivent récupérer des objets culturels exposés dans des musées occidentaux[1],[2].

Trame

Le jeu se déroule en 2099 en Afrique du Sud. Les puissances mondiales ont conclu un traité appelé « Traité transatlantique de restitution »[3],[4] par lequel les musées occidentaux s'engagent à restituer les oeuvres pillées sur le continent africain pendant la colonisation. Mais lorsque les pays occidentaux concernés décident d'exploiter une faille juridique leur permettant d'échapper au traité[5], une professeure d'université décide de monter une équipe de cambrioleurs avec ses proches[6], ayant pour objectif de récupérer 70 objets pillés et les apporter au Musée des civilisations noires, à Dakar.

Système de jeu

Le jeu se présente comme un jeu de braquage, divisé en missions d'exfiltration. Chaque mission est préparée autour d'une table, puis les lieux (musées, collections privées, etc.) peuvent être explorés en détail à l'aide d'un drone afin de pouvoir planifier son intervention. Une fois les artefacts récupérés, une alarme se déclenche et le jeu passe alors dans une phase de course contre-la-montre pour réussir son exfiltration[7].

Le gameplay du jeu est volontairement non-violent, un objectif du studio dès le début du développement[8], et mélange des éléments de réflexion, de parkour et de speedrun dans son approche. Il se veut également éducatif, tous les artefacts récupérés durant le jeu correspondant à des artefacts réellement conservés dans des collections et musées, dans l'objectif de proposer une vision historique et d'inciter le public à la réflexion, et des menus dédiés permettent d'en apprendre plus sur chaque artefact[5][8].

Développement

Une trentaine de personnes a travaillé à plein temps sur le jeu au sein de Nyamakop, mais une centaine ont participé au développement du jeu, ce qui en fait un projet à l'ampleur inédite pour le milieu du jeu vidéo sur le continent africain, le directeur narratif du jeu parlant de "jamais vu"[8]. Le développement du jeu est en effet un événement pour l'industrie du jeu vidéo africaine en plein essor et dans laquelle il reste difficile de pouvoir lancer et conduire des projets. Il constitue notamment le premier jeu africain disponible sur une console Nintendo[9]. Le studio se félicite ainsi d'avoir désormais à son actif un jeu développé et distribué commercialement[8].

Représentation des cultures africaines

Le studio affirme avoir pris soin de représenter une variété de cultures du continent africain, employant une équipe dont les membres proviennent d'une dizaine de pays différents. Les personnages du jeu eux-mêmes viennent de différents pays comme le Cameroun ou le Malawi et sont doublés par des acteurs et actrices de même origine[2].

Le jeu s'efforce à la fois de documenter l'histoire de l'art et des cultures africaines, en reproduisant fidèlement des artefacts réels et en relatant leur histoire, mais aussi de montrer l'Afrique sous un jour positif et nuancé pour s'éloigner des représentations négatives ou caricaturales que propose l'univers du jeu vidéo[5]. Ainsi, la ville de Johannesburg est représentée en détail, avec couleurs et musique, tandis que les lieux occidentaux sont volontairement génériques, retournant le cliché[10]. De même, les choix musicaux mettent en valeur des instruments africains traditionnels et des genres de musique traditionnels, mêlés à des sonorités électroniques traduisant l'ambiance afro-futuriste du jeu[11][8].

Actualité des enjeux de restitutions

Relooted s'inscrit volontairement en plein coeur du débat sur la restitution des oeuvres pillées durant la colonisation du continent africain[5]. Si les premières demandes de restitution remontent à la fin des années 1970, l'enjeu des biens pillés par les puissances coloniales en Afrique rejoint d'autres problématiques comme celle des biens spoliés par le régime nazi, qui font en France l'objet d'une commission dédiée depuis 1999.

En France, suite au rapport Saar-Savoy demandé par Emmanuel Macron en 2018, un important lot d'objets saisis lors du sac d'Abomey en 1892 a été restitué à la république du Bénin en 2021 ; d'autres artefacts pillés en 1897 par le Royaume-Uni ont été restitués en 2025 au Nigéria par les Pays-Bas, puis en 2026 par le musée de l'Université de Cambridge[12] [13]. Plusieurs de ces "bronzes du Bénin" font partie des objectifs d'exfiltration du jeu[14].

Après des restitutions ponctuelles lors de lois spéciales et deux lois-cadres sur la restitution des biens spoliés par le régime nazi puis la restitution de restes humains, votées en 2023, le vote au Sénat français en janvier 2026 d'une loi-cadre relative à la restitution de biens culturels saisis de façon illicite[15] marque une actualité concurrente de la sortie de Relooted. Ce dernier revendique un propos incitant à réfléchir sur l'ampleur de ces spoliations ; le réalisateur du jeu indique que les musées occidentaux, dont certains ont fourni les modèles 3D des objets représentés dans le jeu[10], ne semblent pas avoir de problème avec le propos du jeu[5].

Accueil

Réception critique

La réception du jeu par la presse est positive, le jeu disposant d'un score de 76% sur Metacritic, basé sur 5 critiques, indiquant un score "généralement favorable"[16].

AV Club a attribué la note B+ au jeu[17]. PC Gamer le qualifie de bon jeu de braquage, mais surtout d'excellente leçon d'histoire[18]. La couverture médiatique du jeu insiste surtout sur son importance pour le milieu du jeu vidéo africain en plein essor, et pour son discours sur la question des provenances et des restitutions d'oeuvres spoliées[5][8][14].

Ventes

Sur Steam, le jeu a atteint un pic de 57 joueurs le jour de son lancement[19].

Notes et références

Voir aussi

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