René-Louis Piachaud
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Vie privée

René-Louis Piachaud est issu d'une famille attestée à Cheseaux dans la première moitié du XVIe siècle, bourgeoise d'Yverdon-les-Bains en 1574 puis genevoise en 1837. Il est fils d'un agent de change et petit-fils de Louis Piachaud (1824-1890), chirurgien accoucheur, chef de l'Hôpital cantonal de Genève et chevalier de la Légion d'honneur.
Il fait ses classes au Collège de Genève puis à Londres en 1913-1915.
Il épouse en 1919 Lucia Niculescu, dont il a un fils, Claude Louis, puis se remarie en 1923 avec Julienne Mayras[1],[2].
Poète
En 1920 paraît "Les Jours se suivent", premier recueil sous le véritable patronyme de l'auteur, dédié à son maître et ami Henry Spiess. A sa suite, l'oeuvre poétique de Piachaud compte "L'Indifférent" (1924), "Chansons au bord du temps qui coule" (1929), "Le Poëme paternel" (1932), chef-d'oeuvre dédié à son fils unique Claude-Louis et couronné du prix Edgar Poë, puis "Le Chant de la mort et du jour" (1937), considéré comme le testament spirituel et poétique de l'auteur[3].
Comédien, journaliste et traducteur
Acteur à la Comédie de Genève en 1916-1918, puis chroniqueur dramatique au Journal de Genève de 1919 à sa mort[4], il est conjointement traducteur et correcteur au Service des Index de la Société des Nations, de 1922 à 1934[5], puis correcteur au Journal de Genève de 1934 à sa mort[1],[2]. Il joue un rôle de mentor auprès de l'écrivain Jacques Aeschlimann en matière de journalisme[6].
Associations
Il est membre de l'Académie chablaisienne, de l'Association de la presse genevoise, de la Société de Belles-Lettres, du Cercle des arts, du Cercle national démocratique, de l'Institut national genevois, de la Ligue des citoyens genevois, de la loge maçonnique Les Amis fidèles, appartenant à la Grande Loge suisse Alpina, de la Société des auteurs dramatiques romands, de l'Union générale des Rhodaniens.
Politique
René-Louis Piachaud a soutenu le mouvement nationaliste de l'Union Nationale (U.N.) jusqu'en février 1939[7],[8],[9]. Il collabore[10] d'ailleurs au journal satirique nationaliste Le Pilori, aux côtés de Georges Oltramare et du dessinateur Noël Fontanet[11]. Lors d'une manifestation de l'U.N. intitulée "Ce que les juifs sont pour nous", il présente un exposé se nommant "Les juifs et l'éternelle anarchie"[12]. Le Dictionnaire historique de la Suisse le qualifie de « peu méfiant devant le fascisme et le franquisme »[2].
Décès
Piachaud meurt subitement en 1941, âgé seulement de 45 ans. Alors qu'il nettoie un revolver, un coup part et le blesse mortellement[13].
Postérité
En 1957, l'association René-Louis Piachaud voit le jour[14], à l'initiative de Me Paul Balmer. Grâce à elle, la publication par Marc Chouet, en 1982 aux éditions Slatkine, de l'oeuvre complète en cinq volumes est rendue possible[3]. L'association serait encore en activité, en 2012 elle fait ainsi paraître un faire-part lors du décès de Claude-Louis Piachaud[15].
Écrits
Recueils poétiques
- Sous un masque d'ironie (1914)
- La vie en peine (1914)
- Les jours se suivent (1920)
- L'Indifférent (1923)
- Chansons au bord du temps qui coule (1925)
- Le cinquantenaire de la ligne du Saint-Gothard (1932)[16]
- Le Poème paternel (1932)
- Le Chant de la mort et du jour (1937)
Adaptations poétiques
- Les Psaumes de David paraphrasés et mis en chant à l'imitation de Cl. Marot et de Th. de Bèze (1932), (1936)[17].
- L'Escalade (1935)[18].
Adaptations théâtrales
- d'après Shakespeare
- La comédie du théâtre, d'après Le critique de Sheridan (1931)[26]
- L'école des pères, d'après Les Adelphes de Térence (1938)[27]
- La dévotion à la Croix, d'après Calderón (1939)[28]
- La Symphonie éternelle, d'après Raoul Privat (1939)[29]
Autres œuvres pour la scène
- La comédie des deux tristes (1923)[30]
- Le Poème et les Jeux du Rhône (1929)[31].
- Genève chante (1937)[32].
- Hadès et Coré (1938)[33].
- La Croix d'Archamps (1941)[34]
Œuvres en prose
Adaptations en prose
- Le More de Venise, d'après Shakespeare (1936)[36]
- Le Chevalier à la peau de panthère (fragments), d'après Chota Roustavéli avec la collaboration de Khariton Chavichvily (1937)[37]
- Histoire du Monde en cinq cents mots, d'après Eugenio d'Ors (1938)[38]
Critique littéraire et critique d'art
- Trois poètes : Édouard Tavan, Louis Duchosal, Henry Spiess (1917)
- H.-C. Forestier (1923)
- Otto Vautier (1923, inédit)
- Sarki (1931)
Œuvres mises en musique
- Jean Apothéloz, Psaume XVI : chœur à 4 voix mixtes a cappella (1950)
- Théodore Appia, Nocturne (1922)
- Samuel Baud-Bovy, Le chant vers la colline (1929)
- Jean Binet, Psaume 107 pour chœur mixte et orgue (1942)
- Carlo Boller, Hadès et Coré : poème chorégraphique pour chœur, soli, récitant et orchestre (1938)
- Pierre Carraz
- Psaume V : Verba mea auribus percipe. - Psaume XCVII : Dominus regnavit. - Psaume CXXI : Levavi oculos meos (1946?)
- Psaume 77 (1962)
- Gustave Doret
- Quatre vieux Noëls pour chant solo et chœur mixte (1929)
- Vreneli du Guggisberg : chœur à 4 voix d'hommes a capella (1933)
- Chansons et paysages (1934)
- René Fuchs, Le bouquet de Marinette. - Comme je suis à mon nouvel ami. - Si vous n'êtes pas endormie : trois mélodies
- Paul-André Gaillard, Psaume 8 pour 4 voix mixtes a cappella
- Hermann Lang, Psaume XLVII : chœur à 4 voix mixtes a cappella (v. 1949)
- Yahne Lambray[39]
- Quand les Rois Mages sont venus (1942)
- Ange moqueur : valse chantée (1943)
- Pour toi, ce soir... (1943)
- Amoureuse chanson : valse modérée
- Le Souvenir et L'Infidèle
- Hans Lavater, Psaume 130 : chœur à 4 voix d'hommes a cappella
- Maroussia Le Marc'Hadour, Le Monument (1937)
- Frank Martin, Évocation du Fleuve Rhône (1929)
- Albert Paychère (d'après Fallamero), La ville heureuse (1922)
- Jean-Frédéric Perrenoud, Quatre psaumes, op. 2 (1948)
- Louis Piantoni
- Offrande au Rhône (1929)
- Le pont du diable : chœur à 4 voix d'hommes a cappella (1932)
- Émile Ristori, Rêve perdu : chant et piano (1950)
- Jean Rochat, Va, prie et te recueille : petite cantate dans le style classique (v. 1950)
- André Sala, Psaume XXII : Mon Dieu, pourquoi m'as-Tu abandonné ? chœur d'hommes a cappella (v. 1950)
- Richard Trunk, Chant du matin : chœur à quatre voix d'hommes a cappella, op. 36, n° 5 (1929)
- Roger Vuataz[40]
- Le Rhône : mouvement symphonique avec chœurs et danses, op. 30 n° 1 (1928)
- Genève ouverte au ciel, op. 62 (1940)
Pamphlets
- Contre Me Jacques Dicker, conseiller anti-national (1924)
- Honest Zimmer... ou Le joyeux compère de Windsor (1929)
- Discours sur l'éternelle anarchie (1937). En mai 1937 à Genève durant la 11e Conférence du Conseil International de l’Entente internationale anticommuniste (EIA), il prononce un exposé sur « le bolchevisme intellectuel », alors thème principal des débats. Il souligne notamment la part prise dans la révolution bolchevique par les Juifs et leur « influence universelle »[41] tout en relevant que « l'on n'a su que les combattre avec la plus scandaleuse injustice »[42].
- Le roi et les pions ou Le divertissement pédagogique (1941).
Décorations
Distinctions
Portraits
- Félix Appenzeller, 1912, huile sur toile (42×28 cm)[48]
- Stéphanie Guerzoni, vers 1918, huile sur toile (33×41 cm)[49]
- James Vibert, 1919 ? Chapiteau de trois têtes : H. Spiess, R.-L. Piachaud, V. Grandjean[50]
- Hippolyte Coutau, 1930, huile sur toile (60×46 cm)[51]
- Maurice Sarkissoff, 1930, plâtre patiné (h. 54 cm)[52]
- Pedro Meylan, 1932, bronze (h. 49 cm)
- Paul Baud, 1936, bronze (h. 29 cm)[53]
- Paul Magnenat, 1936-1937, huile sur bois (65×54 cm)
Sources
- Hommage à René-Louis Piachaud, Genève, 1943, collectif.
- Georges Haldenwang, Avec René-Louis Piachaud : souvenirs, Vésenaz, 1958.
- Claude Schmidt, Trois poètes genevois : Jules Cougnard, Henry Spiess, René-Louis Piachaud, Genève, Perret-Gentil, 1979.
- R.-L. Piachaud, Œuvres complètes, Genève, Slatkine, 1982, 5 vol.
- René-Louis Piachaud, 1896-1941 : Cinquantième anniversaire de sa mort, 1991, Carouge, 1991, collectif.
- Cahiers René-Louis Piachaud, 1-11, Genève, 1993-2003.
- René-Louis Piachaud sur le site tls.theaterwissenschaft.ch
- « Piachaud, René-Louis » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne