Roger Vuataz
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Roger Vuataz est un organiste, chef d'orchestre et compositeur suisse, né le à Genève et mort le à Chêne-Bougeries.
Origines et famille
Roger Vuataz naît le à Genève[1],[2]. Il est originaire du même lieu[3].
Son père, Eugène Vuataz, est droguiste ; sa mère est née Marguerite Clémentine Golay[3].
Roger Vuataz se marie à trois reprises : en 1921, avec Hélène Baer, dont il divorce en 1936 ; en 1936, avec Marguerite Birmelé, professeur de rythmique, pianiste et compositrice sous le pseudonyme de Danielle Roger ; puis après la mort de sa deuxième épouse en 1947, avec Denise Bonnant, en 1949[3].
Études
Roger Vuataz étudie l'harmonie et le contrepoint à l'Académie de musique de Genève[4], et différents instruments, dont le piano et l'orgue, au Conservatoire de Genève, avec Georges Delaye, Otto Barblan et Alexandre Mottu notamment[5]. Il devient organiste de l'église nationale protestante de Genève en 1917[2],[1].
Il s'intéresse à plusieurs innovations techniques : il étudie notamment les ondes Martenot à Paris en 1931 et devient le premier ondiste qualifié en Suisse. En 1936, il est diplômé de rythmique Jaques-Dalcroze[1].
Parcours professionnel et artistique
Roger Vuataz est organiste au service de l'Église nationale protestante de 1917 à 1978[3], titulaire des orgues du Petit-Saconnex durant 7 ans, puis du temple de Carouge dans le canton de Genève durant 53 ans[6].
Entre 1920 et 1942, il est chef de chœur à Nyon et Yverdon[1]. Comme chef d'orchestre, il dirige de nombreux orchestres en Suisse et à l'étranger[1]. En 1940, il fonde l'ensemble vocal la Maîtrise protestante[7], qu'il dirige jusqu'en 1960[3]. De 1940 à 1960, il est aussi critique musical[2], en particulier au Journal de Genève durant 7 ans[6].
Roger Vuataz travaille entre 1927 et 1971 à Radio-Genève, où il dirige notamment le département musical de 1944 à 1964[1]. En 1961, il devient professeur au Conservatoire de Genève[1]. De 1962 à 1969, il est président du Concours international d'exécution musicale de Genève[2],[7].
Figure de la vie musicale genevoise[1], Roger Vuataz est l'auteur d'Introduction à l'étude de piano (Paris, 1932), et d'instrumentations de l'Offrande musicale (1936) et de l'Art de la fugue (1936-1937) de Bach qui « comptent parmi les plus anciennes, [et] ont largement contribué à faire connaître ces deux chefs-d'œuvre du cantor de Leipzig[2] », mais aussi des Variations canoniques du même compositeur.
Comme compositeur, il est l'auteur d'une œuvre abondante, dans tous les genres[1]. Pour le Dictionnaire de la musique Larousse, « son lyrisme austère et souvent tourmenté s'allie parfois à l'atonalité ou à la technique sérielle, mais les quelque 500 partitions qu'il a écrites relèvent en général d'une écriture modale qui lui est personnelle[7] ».
Mort
Roger Vuataz meurt à Chêne-Bougeries, dans le canton de Genève, le [2],[8], à l'âge de 90 ans.
Distinctions
En 1967, il reçoit le prix de musique de la ville de Genève et, en 1975, celui de l'Union des musiciens[1].
Œuvres
Parmi les 133 œuvres recensées à son catalogue[6], figurent notamment[2] :
Œuvres pour la scène
- Monsieur Jabot, opéra bouffe ( créé à Genève le ) ;
- 3 ballets :
- Le Rhône, pour chœur et orchestre (1929),
- Poème méditerranéen pour un ballet, pour orchestre (1938-1950),
- Solitude, pour orchestre (1962) ;
- des pièces radiophoniques ;
- Genève ouverte au ciel, « évocation lyrique » en 5 tableaux pour ténor, récitant, 3 chœurs, orchestre et orgue (1941).
Musique pour orchestre
- Suite symphonique (1925) ;
- Petit Concert (1932) ;
- Triptyque (1929-1942) ;
- Images de Grèce, symphonie (1938-1939) ;
- Nocturne et Danse pour trompette et orchestre (1940) ;
- Concerto pour violon (1948) ;
- Épopée antique, 2 suites (1947-1951) ;
- Poème méditerranéen (1950) ;
- Ricercare pour 24 vents, piano et percussion (1959) ;
- Concerto pour piano (1964) ;
- Fantaisies I-III pour harpe et orchestre (1973) ;
- Images poétiques et pathétiques pour violoncelle et orchestre (1977).
Musique vocale
- 8 Poèmes d'Orient pour soprano et orchestre (1925) ;
- Abraham, oratorio (1927 ; rév. 1936) ;
- Psaume 33 pour chœur à l'unisson, 2 trompettes et orgue (1936) ;
- Jésus, oratorio (1949) ;
- Hymne à la Paix pour chœur et orchestre (1951) ;
- des chœurs ;
- des mélodies.
Musique de chambre
- Sonate pour violoncelle et piano (1928) ;
- 2 suites pour ondes Martenot (1930) ;
- Sonatine pour violon et piano (1934) ;
- Musique pour quintette à vent (1937-1961) ;
- Destin, « symphonie à trois » pour saxophone, harpe et percussion (1954) ;
- Sonate pour flûte et piano (1948-1954) ;
- Suite d'après Rembrandt pour clavecin (1958) ;
- Quatuor à cordes (1970) ;
- Nocturnes pour violoncelle ;
- des pièces pour piano et pour orgue.