René Dussaud

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René Dussaud, né le à Neuilly-sur-Seine où il meurt le , est un orientaliste français.

Archéologue, conservateur au département des Antiquités orientales du musée du Louvre et professeur, l’un de ses ouvrages principaux traite de la religion des Hittites, des Hourrites, des Phéniciens et des Syriens.

Né dans une famille d’ingénieurs, il s’est d’abord orienté vers l’École centrale des arts et manufactures, d’où il est sorti avec un diplôme qui lui ouvrait les portes d’une carrière industrielle. Cependant, muni de la culture classique qui formait alors la base de toutes les études, orienté vers le Levant par la part que son père, Joseph Dussaud, avait eue aux entreprises du canal de Suez et du port de Smyrne, sa curiosité s’est portée vers l’Asie sémitique[1].

Son premier soin étant d’acquérir les connaissances linguistiques indispensables à de tels projets, il a appris l’arabe à l’École des langues orientales, et l’hébreu classique à l’École des hautes études. Pénétré de la conviction que les problèmes historiques ne pouvaient être fructueusement abordées que par un contact direct et vivant avec le terrain et les monuments, il effectue, à partir de 1895, plusieurs missions archéologiques en Syrie[1].

Il se rend à cheval de Beyrouth à Alep, par Byblos, Tripoli, Latakié, Riha, et les ruines chrétiennes du Massif Calcaire. En 1896, parti de Tripoli, il visite le distriet d’Akkar, les sites de Raphanée et de Bétocécé, Tortose, Aradus, Banyas, enfin Massyaf, où il se documente de première main sur les Nosairîs. En 1897, il explore en détail la côte entre Latakié et Alexandrette, puis du cours de l’Oronte en amont d’Antioche[1].

En 1899, il repart dans le but d’explorer méthodiquement, avec Frédéric Macler, le Safa et le Djebel Druze, exploration complétée en 1901 par celle des régions désertiques de la Syrie moyenne, au sud de Damas. De ces voyages, accomplis en compagnie de l’émir Taher, petit-fils du grand Abd-el-Kader, il rapporte une immense récolte d’inscriptions safaïtiques, nabatéennes, grecques et latines[1].

Revenu à la vie sédentaire, il publie le résultat de ses recherches. Il devient conservateur au département des Antiquités orientales du Musée du Louvre, qu'il dirigea de 1928 à 1936, et célèbre connaisseur dans le domaine des inscriptions ; dans l'affaire de Glozel, il accusa Émile Fradin de fraude et de falsification mais, le , le tribunal « rejette comme mal fondées les conclusions de Dussaud[2]. »

Codirecteur de la Revue de l'histoire des religions, il a fondé, en 1920, la revue Syria.

Fils de Joseph Dussaud, entrepreneur de travaux portuaires à Suez et à Smyrne (avec ses frères Élie et Elzéar), et d'Angèle Venem (épouse Dussaud, puis Bory d'Arnex) plus connue sous le nom de plume de Jacques-Vincent, il avait pour sœur l'écrivain journaliste orientaliste Berthe Gaulis. Le il épousa Valérie de Guérin de Sauville, la femme divorcée d'Anatole France, dont il fut un temps le secrétaire particulier. Après le décès de cette dernière, il se remaria en 1922 avec la Suissesse Marie Bergier, qui fut aussi sa collaboratrice, elle-même morte le [3].

Il a notamment eu pour élève Jean Perrot.

En 1926, il a participé à la création de l'Association des élèves, anciens élèves et amis de l'École des langues orientales (d), en prenant part à la réunion préparatoire et à l’Assemblée générale constitutive du , contribuant ainsi à la fondation de l’association[4].

Décorations

Distinctions

Publications

Sources

Liens externes

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