Reou-Takh

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Sociétés de production Sunu Films Production
Pays de production Drapeau du Sénégal Sénégal
Reou-Takh
Réalisation Mahama Johnson Traoré
Sociétés de production Sunu Films Production
Pays de production Drapeau du Sénégal Sénégal
Genre Documentaire
Durée 45 minutes
Sortie 1972

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Reou-Takh (La Ville en dur, Big City), nom donné à Dakar par les Sénégalais de la campagne, est un film réalisé par Mahama Johnson Traoré, sorti en 1972.

Le film suit un jeune Noir américain qui débarque à Dakar, à la recherche d’un continent africain fantasmé. Il est surpris de trouver un pays occidentalisé et dépersonnalisé.

Un avion d'Air Afrique se pose à l'aéroport de Dakar. En sort notamment John, un Afro-Américain. Il est interviewé : « Vous pensez trouver au Sénégal ce que vous cherchez en Afrique ? ». Il répond positivement, puis quitte l'aéroport en 4L avec une autre personne. Le générique se déroule sur un panoramique de Dakar puis vient un commentaire neutre sur des vues de la ville, qui évoque les « heures heureuses » du Dakar d'autrefois, « des gamelles et de la chevalerie » - le Sénégal « d'hommes libres, nobles et courageux ». Mais aujourd'hui, les foules anonymes n'ont plus le temps de fraterniser ou d'humaniser. John, selon le commentaire, ne se trompe pas sur les « objets de pacotille bons pour touristes », ni sur les spectacles folkloriques : c'est l'authenticité qu'il est venu chercher en Afrique. Il retrouve les mêmes blues que chez lui. « Quand ces airs seront-ils "afro-africains" ? »

Illustré par les images, le commentaire évoque la misère, la faim, la maladie dans les ghettos, les bidonvilles que découvre John sur un air de blues. Est-ce inéluctable ? Les jeunes deviennent des chômeurs. Les mendiants sont nombreux. À la vue des mosquées, John constate que malgré tout, « l'homme continue ici à vouer à son créateur une vénération profonde proche du mysticisme. Ce fanatisme allié au fatalisme permet de supporter la souffrance. »

John s'embarque pour Gorée d'où partirent pour le nouveau monde « des millions d'esclaves ». Il rencontre un homme qui accepte de l'informer : « c'est sur la plage que négriers blancs et rois nègres se rencontraient » pour le troc. Le mot choque John, et le propos est appuyé par une reconstitution historique en bord de mer. Il poursuit son exploration sur un air de kora, accompagné par des enfants, et se rend à la maison des esclaves que lui présente un guide. Une nouvelle reconstitution d'époque montre le rude traitement des esclaves enchaînés. Un esclavagiste viole une jeune femme. Un groupe se révolte mais est vite maté.

John poursuit sa route tandis que le commentaire indique que Gorée est aussi l'île natale de Blaise Diagne qui demanda l'autodétermination. John réunit de jeunes Dakarois et leur demande dans son français balbutiant ce qu'ils font : une étudiante et un instituteur-poète. Ils évoquent l'inégalité des classes sociales dont la responsabilité revient aux autorités politiques qui reproduisent la société coloniale : pour l'instituteur « le pouvoir politique favorise le maintien des cultures étrangères » et pour l'étudiante « c'est l'esprit des gens qu'il faut changer » car ils n'aiment que ce qui vient de l'Occident et en épousent les modes, même afro-américaines. « S'il y a des aliénés, c'est au niveau d'une jeunesse prétendument élite », ajoute l'instituteur. « C'est tout un système qu'il faut changer », conclut l'étudiante. C'est la liberté qu'il faut préserver, surenchérit le commentateur sur un panoramique final sur la ville, car « la vraie finalité de l'homme n'est-elle pas l'homme lui-même ? ».

Fiche technique

Orthographe et contenus selon générique - à noter que le titre y est orthographié sans trait d'union alors qu'on le retrouve dans toute la littérature parlant du film :

  • Réalisation : Mahama Traoré
  • 1972, Sénégal, 44’25, 16 mm, couleurs, français
  • Image : Baidy Sow, assisté de Papa Taphsir Thiam
  • Son : Jules Diagne
  • Montage : Bernard Lefèvre
  • Assistants : Cheikh Ngaïdo Ba, Lamine Diallo, Nioukhoussa Traoré, Abdoulaye Doumbia, Cheik Dieng Matar
  • Participant au scénario : Pathé Diagne
  • Commentaire de Yves Diagne dit par Emmanuel Gomes
  • Directeur de production : Ousmane N'Diaye
  • Production : Sunu Films Production, Dakar

Distribution

  • Alain Christian Plennet : John
  • N'Dack Gueye
  • Medoune Faye
  • Khady Fall
  • Diobaye Dodo Diop

Analyse

Notes et références

Voir aussi

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