Rita Fuhrer naît Rita Honegger le . Elle est originaire d'Adelboden, dans le canton de Berne[1]. Elle a un frère, Erich, et une sœur, Bernadette[2].
Elle s'installe à Zurich en 1986, à l'âge de 33 ans, après avoir habité dans les cantons de Saint-Gall et de Nidwald[3]. Elle est longtemps femme au foyer[4], donnant naissance à son premier enfant à l'âge de 19ans. Elle devient par la suite directrice d'une agence de caisse-maladie[5].
Mariée à Fredy Fuhrer[1] à l'âge de 18 ans[6] et mère de quatre enfants (le troisième meurt peu après sa naissance)[6],[7], elle habite Pfäffikon, dans le canton de Zurich[2]. L'un de ses fils, Fabian Fuhrer, est l'un des porte-voix du mouvement Occupy au début des années 2010[8],[9],[10],[11].
Parcours politique
Elle est membre de l'UDC[1]. Qualifiée de fille spirituelle de Christoph Blocher[12],[13], elle représente la ligne dure du parti[14],[15], défendant notamment «une politique répressive en matière de drogue et intransigeante quant à l'adhésion européenne»[15].
Elle y dirige tout d'abord la direction de la police et des affaires militaires jusqu'en 1998. Elle mène notamment la fusion des polices criminelles du canton et de la ville de Zurich et suit une ligne dure en matière d'asile, plaidant pour le renforcement des mesures de contrainte telles que la prison, au besoin à vie, pour les demandeurs d'asile illégaux[17]. Son action déterminée pour «faire le ménage» au sein de la police, secouée par une affaire de dépenses somptuaires et qui «fonctionnait comme un État dans l'État», est saluée[18],[6].
Surnommée «Lovely Rita»[12],[19] (en référence à la contractuelle de la chanson des Beatles; le surnom aurait été trouvé par son collègue socialiste au gouvernement Markus Notter(de)[6]), elle est brillamment réélue en 1999[3]. Elle reprend la direction des affaires sociales et de la sécurité, puis la direction de l'économie en 2004 après sa troisième réélection en 2003, où elle décroche la troisième place[5]. Elle préside le gouvernement en 2000-2001 et 2007-2008[1]. En 2000, elle est candidate officielle de son parti aux côtés de Roland Eberle pour la succession d'Adolf Ogi au Conseil fédéral. Arrivée en tête au premier tour de scrutin avec 54voix, elle se maintient jusqu'au sixième tour (28 voix), qui voit l'élection de Samuel Schmid (121 voix contre 83 à Ulrich Siegrist(de))[4],[13].
Ses mandats sont marqués par des conflits en matière de personnel (licenciement du commandant de la police cantonale, puis du commandant de l'arrondissement de Winterthour notamment), avec la directrice de la police zurichoise et avec un autre membre du gouvernement, Dorothée Fierz(de), qui finira par démissionner[5]. Elle commentera ces derniers conflits comme suit: «Lorsque deux hommes se disputent, on parle de confrontation politique; mais lorsque deux femmes ne sont politiquement pas du même avis, on dit qu'elles se disputent»[N 1],[6].