Rivière de Kaw
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| Rivière de Kaw Rivière Ouaracou Rivière de Caux | |
La Rivière de Kaw et ses marais. | |
| Caractéristiques | |
|---|---|
| Longueur | 83,6 km [1] |
| Bassin | 1 239 km2 |
| Bassin collecteur | Rivière de Kaw |
| Régime | pluvial équatorial |
| Cours | |
| Source | source |
| · Localisation | Régina |
| · Altitude | 215 m |
| · Coordonnées | 4° 32′ 16″ N, 52° 08′ 46″ O |
| Embouchure | Océan Atlantique |
| · Localisation | Régina |
| · Altitude | 0 m |
| · Coordonnées | 4° 47′ 46″ N, 52° 08′ 37″ O |
| Géographie | |
| Principaux affluents | |
| · Rive gauche | Criques Patawa et Solitaire |
| · Rive droite | Criques Wapou, Bonnette et Patawati |
| Pays traversés | |
| Département | Guyane |
| Régions traversées | |
| Principales localités | Régina et Roura |
| Sources : SANDRE : « 914-0400 », Géoportail, OpenStreetMap | |
| modifier |
|
La Rivière de Kaw est un fleuve côtier de la Guyane française, long de 84 km, qui se jette dans l'océan Atlantique.
Cours de la rivière
La Rivière de Kaw prend sa source à l'est de la montagne de Kaw, dans la réserve naturelle des marais de Kaw, à 215 m d'altitude, sur la commune de Régina. La rivière suit d'abord une direction sud-ouest, puis vers l'ouest, avant de faire un virage à 90° sur la commune de Roura. Son cours suit ensuite une direction générale vers le sud-est jusqu'à ce que la rivière fasse une grande courbe pour finir par prendre une direction nord-nord-ouest en longeant l'estuaire de l'Approuague mais sans s'y jeter. La rivière de Kaw finit par se jeter directement dans l'Océan Atlantique sur la commune de Régina, après un parcours de 84 km[1].
Le village de Kaw est implanté sur ses rives[1].
Communes traversées
La Rivière de Kaw traverse la commune de Régina et fait une petite incursion sur la commune de Roura, dans le département de la Guyane et dans les arrondissements de Saint-Georges et de Cayenne[1].
Bassin versant
Son bassin versant a une superficie de 1 239 km2 et arrose les deux communes de Régina et de Roura. La rivière présente par ailleurs la particularité de ne recevoir aucun affluent sur plus de la moitié de son cours jusqu'à son embouchure (à l’exception de la Crique Solitaire), du fait de la proximité de l'Approuague[2],[3].
Affluents
Les affluents de la rivière de Kaw sont, de sa source à son embouchure :
- Crique Fourca (rd[note 1]) : 3,8 km
- Crique Canard (rg) : 4,4 km
- Crique Wapou (rd) : 12,5 km
- Crique Mathieu (rg) : 6,6 km
- Crique Bonnette (rd) : 18,2 km
- Crique Patawati (rd) : 15,7 km
- Crique Patawa (rg) : 13,6 km
- Crique Solitaire (rg) : 11,5 km
Hydrologie
Les marais de Kaw possède la plus forte pluviométrie de la Guyane[4].
Histoire

Les premiers habitants de la région de Kaw étaient des Amérindiens comme le montrent les vestiges d’un village sur la montagne Favard. Des tessons de poteries ont été datés au carbone 14 entre 170 et 380 ans après J.C. Jusqu’à la période coloniale, les Amérindiens étaient les seuls habitants de la région[5].
En 1596, le premier Européen, le capitaine Keymis, arrive dans la région de Kaw et rencontre sur la rivière de Kaw, la tribu Yaos, appartenant au groupe ethnique Galibis. Les premières implantations coloniales marquent ensuite le début du déclin des Amérindiens qui sont soumis au commerce de traite et décimés par les maladies européennes. Des centaines d’esclaves africains sont alors amenés dans la région afin d’effectuer les aménagements des plantations. Les rives de la rivière sont poldérisées afin d'assécher les marais et de nombreuses cultures sont implantées (café, coton, indigo, roucou et canne à sucre)[5].

En 1785 débute la construction du canal Roy par les esclaves, qui rejoint la rivière de Kaw à l'Approuague, afin de transporter les marchandises des exploitations de l’Approuague vers Cayenne sans passer par la mer en évitant ainsi une navigation dangereuse. Il était prévu une colonisation agricole de part et d’autre de ce canal mais l’abolition de l’esclavage empêcha les colons de réaliser ce projet, puis la révolution française provoqua l’exil des colons nobles et l’abandon des habitations[5].
Au XIXe siècle, les exploitations renaissent largement favorisées par le rétablissement de l’esclavage en 1802. Contrairement au siècle précédent, la canne à sucre devient la culture dominante et divers épices, comme le poivre ou la vanille, font également l’objet de cultures. En 1819, le baron Laussat installe 200 ressortissants chinois afin de développer la culture de thé. L’expérience échoue en quelques mois car le travail était considéré comme impossible car trop coûteux par les Chinois qui demandèrent de quitter la région. L’abolition de l’esclavage en 1848, met définitivement fin aux exploitations agricoles[5].
Le village de Kaw, situé sur un îlot sableux au milieu du marais, fut créé par les esclaves émancipés de cette région. Il est aujourd'hui habité par une trentaine de personnes, vivant essentiellement du RMI, d’emplois municipaux, de la pêche et du tourisme en plein essor. La population est d’origine créole, brésilienne et surinamaise[5].
Aménagement et écologie
La rivière de Kaw est le seul moyen d’accéder à l’unique village de la région, qui s’appelle aussi Kaw, d'une trentaine d’habitants[6].
Milieu naturel

La totalité du cours de la rivière est compris dans les marais et montagnes de Kaw, qui sont une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de type II, abritant une biodiversité exceptionnelle et de nombreuses espèces endémiques. Cette ZNIEFF comprend les ZNIEFF de type I que sont les savanes inondables de Kaw et les montagnes de Kaw-Roura[7]. La rivière traverse donc essentiellement une zone marécageuse de savane flottante et abrite des écosystèmes de mangrove, de savane inondable, de forêt alluviale et de forêt tropicale humide. La réserve naturelle des marais de Kaw est par ailleurs la troisième réserve naturelle de France par sa superficie, avec un peu moins de 94 700 hectares. Elle abrite notamment des caïmans, des zébus, des loutres, des cabiais et une forte avifaune[8],[4].