Robbie Arnott
romancier australien
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Robbie Arnott est un romancier australien originaire de Tasmanie, né en 1989.
Launceston, Tasmanie, Australie
| Naissance |
Launceston, Tasmanie, Australie |
|---|---|
| Activité principale |
romancier |
| Langue d’écriture | Anglais (Australie) |
|---|---|
| Genres |
roman |
Œuvres principales
- Flames / Flammes (2018, traduction 2019)
- The Rain Heron / L'Oiseau de pluie (2020, traduction 2022)
- Limberlost (2022, traduction 2024)
- Dusk (2024)
Biographie
Après des études universitaires, Robbie Arnott, faute de trouver un emploi dans l'édition en Tasmanie, suit un programme de formation en publicité à Melbourne. Il accepte ensuite un poste dans une petite agence de publicité à Hobart, ce qui lui permet d'écrire « environ une heure le soir, 45 minutes avant le travail, et deux heures entre l'entraînement de cricket et une sortie au pub. » Travaillant toujours à temps partiel dans la publicité, il a écrit une grande partie de Limberlost lors d'une résidence d'écriture de trois mois à l'Université de Tasmanie[1].
Œuvre
Flammes
Qualifié de « prodige » par Le Monde[2], Robbie Arnott publie son premier roman, Flammes, en 2018. C'est l'histoire des McAllister, une famille de femmes qui reviennent brièvement à la vie après avoir été incinérées. Pour éviter cela à Charlotte, son frère décide de lui fabriquer un cercueil, idée qu'elle rejette en s'enfuyant. Son odyssée rocambolesque à travers la Tasmanie permet de croiser un fabricant de cercueils escroc, un pêcheur qui chasse le thon en duo avec un phoque, une détective imbibée de gin, un éleveur de wombats qui se prend pour un cormoran, tandis qu'un rat d'eau a des idées de divinité[3]. Les responsabilités du père de la fille du feu se dévoilent à la fin du roman[4].
« Flammes est un roman qui exige notre indulgence, dès sa première phrase : « Notre mère est revenue deux jours après que nous avons dispersé ses cendres dans les gorges de Notley Fern. » Cette mère, recouverte de « tentacules feuillus », passe quelques jours à errer dans la maison, morose et silencieuse, avant de se traîner jusqu'à la maison de son mari, dont elle est séparée, et de s'immoler sur sa pelouse. Certains chapitres et personnages semblent superficiels. Arnott force parfois trop l'humour, enchaînant les blagues à un point tel qu'on croirait presque voir la sueur perler à son front. Mais c’est la marque du succès de Flammes : le livre parvient à transcender cette maladresse. Malgré toutes ces frondes qui poussent sur les bras et ces flammes qui jaillissent des yeux des personnages, cette histoire m’a convaincue qu’elle parlait de vraies personnes et d’un lieu important. À la fin, j’avais moins l’impression qu’Arnott imprégnait son paysage local de magie que le paysage lui-même prêtait à son livre une partie de son pouvoir étrange et particulier. C'est une astuce plutôt efficace[5]. »
L'Oiseau de pluie
Ren vit recluse dans les montagnes depuis plus de 40 ans, depuis le coup d'État. Elle va tout faire pour protéger des soldats l'oiseau fantastique qu'elle a vu enfant, « immense, couleur de pluie, surgissant des eaux à la verticale sans laisser la moindre onde à la surface. »
« Conte à la fois discret et troublant, se déroulant dans un pays en proie à des difficultés écologiques, politiques et économiques, L'Oiseau de pluie symbolise la lutte inexorable de l'humanité pour dompter la nature. Sur cette toile de fond mythique, un thriller de survie se dessine, où Arnott dépeint avec force la beauté brute de la nature, ses personnages, d'une grande vivacité, acquérant une dimension presque animale[6]. »
« Les morts sont dues à la maladresse ou à l'imprudence, plutôt qu'à la malveillance. Dans un paysage social et écologique désolé, les réseaux de compassion humaine confèrent à ce roman une rare beauté[7]. »
C'est le merveilleux dystopique ou la dystopie merveilleuse. « Loin de se limiter à un simpliste roman à thèse écologique, c’est en nous plongeant dans ces confrontations entre des êtres humains déjà défaits, coupables et victimes à la fois, et une nature en voie d’épuisement que Robbie Arnott avertit, lance l’alarme. Contre la force du mal, contre le carnage tranquille du monde[8]. »
Limberlost
Dans les années 1940, Ned 15 ans, dont les frères sont à la guerre, passe l'été à aider son père dans les vergers de pommiers, chasse les lapins pour vendre leurs peaux et s'acheter un bateau, attrape par erreur un dasyure qu'il cache dans le hangar, et se retrouve face à un choix cornélien.
« Avec une lucidité déconcertante, Robbie Arnott écrit la vie comme elle va et s’en va, souvent sur la pointe des pieds. Et s’il dit la finitude, il suggère aussi, avec justesse et précision, les beautés époustouflantes de la nature et les voluptés qu’elle procure[9]. »
« Ce livre vibre d'une conscience aiguë. Dans son portrait à la troisième personne de la lutte de Ned pour transcrire son expérience en un langage intelligible, pour préserver une autonomie à la fois intérieure et intangible, Arnott effleure le brouillard de l'existence humaine, la douleur changeante d'être vivant. Les échecs et les erreurs de Ned ne sont pas présentés comme des moments de transformation ou de croissance. Ils sont simplement acceptés, comme faisant partie intégrante de l'ensemble[10]. »
Dusk
Dans Dusk, les jumeaux Iris et Floyd, enfants de bagnards évadés, poursuivent un puma nommé Dusk, dernier d'un groupe relâché dans les hautes terres de Tasmanie pour contrôler la population de cerfs sauvages. Mais, à mesure que leur quête touche à sa fin, ils ne découvrent ni perte ni souffrance, mais la possibilité de la rédemption[11].
Le point de départ de Dusk n'est ni la quête ni les personnages, mais son décor : les hautes terres de Tasmanie, d'une beauté envoûtante, où Arnott campait enfant. « C'est un environnement d'une beauté incroyable, mais aussi austère, sauvage, hostile et saisissant. Il y pleut 300 jours par an, la neige tombe en abondance, il y a de vastes tourbières, des marais, des montagnes, des lacs et des étangs. C'est absolument magnifique, mais aussi très dangereux. Ce qui rend ce lieu si poignant, explique-t-il, vient de « la disparition de différentes espèces, et aussi, dans de nombreux cas, d'une grande partie des populations autochtones[12]. »
Le roman obtient le ARA Historical Novel Prize (en), étant « habilement narré, symbolique et ancré dans la réalité, s’appuyant sur le fait historique de l’exploitation destructrice de la terre et des formes de vie par l’Australie blanche[12]. » Le livre obtient également le Australian Book Industry Awards (en)[13].
Thèmes
Jen Webb, de l'Université de Canberra, qualifie Arnott d'écrivain d'éco-fiction, « une littérature où le monde naturel joue un rôle majeur et où les liens et les interdépendances entre les mondes humain et naturel sont au cœur du récit[1].» Dans Flammes, « les eucalyptus des neiges émergeaient noueusement de la terre gelée, leurs troncs formant une mosaïque de gris-brun-vert » et « les currawongs battaient des ailes, leurs plumes de queue blanches contrastant avec leur plumage noir et leurs yeux jaune d'œuf ». Outre sa fascination pour le monde naturel, une grande partie de l'écriture d'Arnott possède une qualité intemporelle et mythique. Flammes met en scène un esprit du feu, L'Oiseau de pluie s'ouvre sur la fable d'un oiseau magique, et Limberlost débute lorsque Ned a cinq ans, avec l'histoire apocryphe d'une baleine enragée assiégeant des bateaux à l'embouchure de la rivière Tamar[1].
Publications
- (en) Flames, Melbourne, The Text Publishing Company, (ISBN 9781925603521)
- Traduction française : Flammes (trad. Laure Manceau), Actes Sud, (ISBN 978-2-330-12704-6)
- (en) The Rain Heron, Melbourne, Text Publishing, (ISBN 9781922268778)
- Traduction française : L'Oiseau de pluie (trad. Laure Manceau), Gaïa, (ISBN 978-2-330-16631-1)
- (en) Limberlost, Melbourne, Text Publishing, (ISBN 9781922458766)
- Traduction française : Limberlost (trad. Laure Manceau), Gaïa, (ISBN 978-2-330-19846-6)
- (en) Dusk, Sydney, Pan Macmillan Australia, (ISBN 9781761563539)
Articles connexes
Liens externes
- Ressources relatives à la littérature :