Robert Logan (militaire)

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Naissance
Langton (Berwickshire)
Décès (à 71 ans)
Seaton (Angleterre)
AllégeanceDrapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande
Robert Logan
Robert Logan (militaire)
Photographie de Robert Logan prise entre 1914 et 1919.

Naissance
Langton (Berwickshire)
Décès (à 71 ans)
Seaton (Angleterre)
Allégeance Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande
Formation Edinburgh Academy
Grade Colonel
Années de service 1912 – 1919
Commandement Corps expéditionnaire samoan (en)
Conflits Première Guerre mondiale
Faits d'armes Invasion des Samoa allemandes (1914)

Robert Logan, né le dans le comté de Berwickshire (Écosse) et mort le à Seaton (Angleterre), est un officier britannique ayant servi dans l'armée néo-zélandaise.

Robert Logan émigre en 1881 en Nouvelle-Zélande, où il devient éleveur. Parallèlement engagé dans la milice, il entre en 1912 dans l'armée néo-zélandaise en tant que soldat professionnel. Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, il commande le district militaire d'Auckland et reçoit la direction du corps expéditionnaire samoan, envoyé pour occuper les Samoa, alors possession de l'Empire allemand. L'invasion est une réussite et Logan devient administrateur militaire du territoire, fonction qu'il exerce durant toute la guerre. Bien qu'il soit décoré pour ses services, son administration est ensuite sévèrement critiquée, notamment pour sa gestion de l'épidémie de grippe de novembre 1918, qui entraîne environ 7 500 morts. Logan prend finalement sa retraite militaire en 1919 et s'installe dans le Devon où il meurt en 1935.

Jeunesse en Écosse

Robert Logan naît le à Langton dans le Berwickshire, en Écosse. Son père, Thomas Logan, est un fermier locataire marié avec Euphemia Helen, de son nom de jeune fille. Logan fait des études dans l'établissement privé de l'Edinburgh Academy[1].

Départ en Nouvelle-Zélande

En 1881, il arrive en Nouvelle-Zélande où il commence comme son père, en tant qu'ouvrier agricole dans le Southland avant d'acheter, deux ans plus tard, sa propre exploitation ovine dans le Maniototo (en), en Otago. Il épouse Elizabeth Catherine Preston le à Fortrose ; le couple a quatre fils, dont l'un meurt en bas âge. Après le décès d'Elizabeth en 1910, Logan se remarie vers 1914 avec Eleanor Mary Preston, avec qui il a deux filles[1].

Carrière militaire

Engagé dans la vie locale, Logan siège au conseil du Maniototo dès 1888 et en devient président de 1901 à 1902. Il fonde en 1900 une unité de fusillers alpins volontaires puis monte rapidement dans la hiérarchie militaire. Il devient major, puis lieutenant-colonel en 1908. En mars 1911, il est nommé aide de camp honoraire du gouverneur général, puis colonel temporaire dans l'armée régulière en 1912. Nommé commandant du district militaire d'Auckland[2], il s'installe dans la ville et vend son exploitation. En octobre 1915, il est élevé au rang de colonel à titre définitif[1].

Occupation des Samoa allemandes

Robert Logan, le soit le lendemain de la conquête des Samoa allemandes, annonçant à la population locale sa prise de fonction en tant que gouverneur de l'île.

Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, Logan reçoit le commandement d'un corps expéditionnaire de 1 400 hommes chargé de s'emparer des Samoa allemandes[3]. Les forces allemandes sur place, incapables de résister, se rendent. Le , Logan prend officiellement les fonctions de gouverneur militaire de l'archipel. Pendant toute la durée du conflit, il gouverne environ 38 000 Samoans et 1 500 Européens, dont plus d'un tiers sont Allemands[4],[1].

Sans réel contrepouvoir ni contrôle de la métropole — temps de guerre oblige — Logan doit seulement se soumettre au droit de la guerre et à la seconde conférence de La Haye de 1907. Logan fait le choix de maintenir l'essentiel du système établi par l'administration allemande qui a laissé un pays économiquement solide et politiquement stable. La plupart des fonctionnaires allemands sont cependant renvoyés et remplacés par des Néo-Zélandais. Les plantations continuent d'être exploitées par les Allemands, à condition que les exportations se fassent uniquement vers des pays alliés ou neutres. En 1916, toutefois, découvrant que des firmes allemandes poursuivent leurs échanges avec l'Empire allemand, Logan démantèle ces sociétés et les place sous tutelle néo-zélandaise. Avec ceci, le climat économique devient incertain[1].

À cette instabilité s'ajoutent les effets de la politique de Logan envers les travailleurs sous contrat. En 1914, plus de deux milliers d'ouvriers chinois travaillent dans les plantations de l'archipel. Peu après son arrivée, ils protestent contre la réduction de leurs rations, ce que Logan considère comme une menace pour la sécurité des Européens. Il autorise alors les paysans allemands à porter des armes. Puis, il refuse finalement en 1915 de renouveler les contrats des travailleurs chinois afin de régler la situation problématique. Malgré les difficultés de transport et les objections des planteurs, il organise leur rapatriement progressif sans recruter de remplaçants. À l'inverse, il prolonge les contrats d'environ 870 travailleurs mélanésiens. Convaincu que les Samoans abhorrent la présence chinoise, notamment en raison de relations entre ouvriers chinois et Samoanes, il impose des restrictions sévères aux libertés publiques de la communauté chinoise afin d'éviter tout métissage ou intégration et de préserver l'intégrité de la population locale[1].

Concernant les Samoans, Logan suit globalement la ligne allemande : les droits des populations autochtones doivent primer sur ceux des Européens. Même s'il ne maîtrise pas les coutumes locales aussi bien que ses prédécesseurs et reste distant envers les chefs, il maintient une stabilité optimale, suffisante. En 1918, Logan déclare qu'il a gagné « les cœurs et les esprits » de la population locale[1].

Or, cette idée s'efface en novembre 1918. La pandémie de grippe espagnole arrive aux Samoa à bord du Talune, parti d'Auckland. En trois semaines, environ 7 500 Samoans meurent. Le navire, pourtant porteur de passagers manifestement malades, n'est pas mis en quarantaine. À l'inverse, le gouverneur des Samoa américaines, J. M. Poyer, impose immédiatement de strictes restrictions et protège son territoire d'une infection généralisée. Une fois introduit aux Samoa, le virus échappe au contrôle de l'administration, notamment parce qu'aucune restriction de déplacement n'est ordonnée. L'épidémie passe ainsi d'Upolu à Savai'i, les plus grandes villes de l'île. Accablé par la situation, Logan multiplie les erreurs. Il refuse, par exemple, l'aide médicale offerte par les autorités américaines, croyant à tort qu'elle ne concerne que l'épouse du consul américain à Apia. Il exprime ouvertement son mépris pour ce qu'il interprète comme un manque de volonté des Samoans, déclenchant une vague durable de colère et d'insatisfaction envers l'administration néo-zélandaise. Une commission d'enquête, dépêchée depuis la Nouvelle-Zélande en 1919, conclut qu'il a fait preuve de négligence, un jugement largement confirmé par l'historiographie[1].

Logan se retrouve par la force des choses gouverneur d'une large communauté sur une île étrangère à la culture anglo-saxonne. Au fil des années, malgré son absence de formation administrative, il parvient à diriger convenablement ce territoire en temps de guerre. Décrit comme travailleur et consciencieux, il se montre aussi rigide, peu imaginatif et autoritaire. Considéré à Auckland comme un « commandant de district très compétent », il se révèle mal préparé à affronter les réalités du pouvoir colonial. Il quitte l'île en janvier 1919. Malgré sa distinction de compagnon de l'Ordre du Bain et celle de chevalier de la Légion d'honneur[5], il n'est jamais promu brigadier général et estime que sa carrière militaire fut « sacrifiée » durant ses années aux Samoa[1].

Retraite

En septembre 1919, son service au sein de l'armée britannique prend fin et il retourne en Nouvelle-Zélande. Mis à la retraite en décembre, il s'installe ensuite dans le Devon, en Angleterre, où il achète un domaine. En 1928, à la mort de son cousin, il hérite des terres familiales du Lanarkshire en Écosse. Il meurt à Seaton, dans le Devon, le , et est inhumé dans le caveau familial de Carnwath[1].

Distinctions

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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