Robert Marguery

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Nom de naissanceRobert Marguery
Surnom« Bichon »
Condamnation
Robert Marguery
Gangster
Image illustrative de l’article Robert Marguery
Information
Nom de naissance Robert Marguery
Naissance (79 ans)
12e arrondissement de Paris (France)
Surnom « Bichon »
Condamnation
Sentence 12 ans de réclusion criminelle
Actions criminelles attaques à main armée, vols
Période -
Pays Drapeau de la France France
Régions Ile-de-France
Ville Paris
Arrestation Courant 1974
Courant 1978

Robert Marguery, né le à Paris, est un gangster français[1],[2].

Dans les années 1980, il fit partie du célèbre Gang des postiches, en compagnie d'André Bellaïche, Patrick Geay, Bruno Berliner et Jean-Claude Myszka. Son arrestation, le , marqua le début de la fin du gang. Remis en liberté en juin 1992, après six ans et cinq mois de détention provisoire, il sera condamné, en avril 1996, à 12 ans de réclusion criminelle pour sept des vingt-sept braquages du gang. Libéré en 1998, il vit depuis en Thaïlande en compagnie de sa fille[1].

Jeunesse

Robert Marguery naît le dans le 12e arrondissement de Paris. Sa mère, Madeleine Charles, est originaire de Versailles et une fille de bouchers. Son père, Charles Marguery, est gérant d'une entreprise de fonderie à Bagnolet. Il grandit dans cette ville en compagnie de ses sœurs, Odette et Monique. Dès son plus jeune âge, sa mère lui donne le surnom de « Bichon ». Celui-ci deviendra son surnom qu'il utilisera toute sa vie[1].

Durant son enfance, Marguery se met à voler les fruits du marché parisien, en compagnie de son ami Alexis, dit le « Russe », et les cache dans un terrain vague pour ne pas être pris. Ses parents ont des décisions différentes, voire opposés à l'égard de leur fils : son père est un homme strict, tandis que sa mère le gâte beaucoup[1].

En 1958, à 12 ans, Marguery et Alexis se découvrent une passion pour les armes à feu. De cette passion, ils emmènent leurs armes à l'école, en les cachant sous leurs ceintures, tels de futurs braqueurs. En 1961, voyant le comportement de son fils déraper, Charles l'embauche au sein de la fonderie familiale. A la différence des autres employés, qui sont payés chaque semaine, « Bichon » n'est payé qu'une fois par mois. Cette différence fait réagir Odette, qui désapprouve l'attitude du père. Rapidement, Marguery déserte son emploi de fondeur et se découvre une passion pour la moto. Il souhaite devenir pilote de course, mais son père refuse[1].

Au milieu des années 1960, Bichon et Le Russe cambriolent des villas et volent plusieurs motos de collection. Cette vie de « mauvais garçon » interpelle beaucoup les filles et les rends populaires auprès de la gente féminine. Marguery se marie, le , à Montreuil. Sa fille Sophie naît le [1].

En 1968, Marguery et arrêté, en compagnie de Jean-Jacques Le Pape, et incarcéré à la Prison de la Santé à la suite d'un braquage. Il est condamné à trois ans de prison pour vol avec violence, après une correctionnalisation des faits. Il sort de prison en 1970. Après ce passage en détention, Marguery est ré-incarcéré de 1971 à 1972, à la suite d'un autre vol[1],[2].

Parcours de gangster

Le , Marguery, Le Pape et Michel Chellaoui braquent le Crédit de la Bourse, où une grande quantité de lingots d'or y sont disposés. Marguery force le caissier à ouvrir le coffre, pendant que la police arrive sur les lieux. Le trio s'enfuit, mais se rend compte qu'il a oublié l'argent volé. Marguery décide de revenir braquer l'établissement, alors que la police est sur les lieux. L'un des employés de la banque fait feu sur Marguery. Le braqueur riposte et tire un coup de feu sur son tireur. Marguery parvient à reprendre le sac d'argent volé. Les policiers tentent de le maîtriser en lui tirant dessus, mais le braqueur prend la fuite. Blessé au bras et à la cuisse, Marguery restera avec ces balles, qui ne pourront lui être enlevées. A la suite d'un autre braquage, Marguery, Le Pape et Chellaoui sont arrêtés et incarcérés à la Prison de la Santé[1],[2].

Marguery est remis en liberté en 1976, après deux ans de détention provisoire. Il rencontre Bruno Berliner, avec qui il commettra de nombreux braquages. Lors d'une soirée, Bichon rencontre Soraya, qui devient sa maîtresse durant quelques mois. Il ne se rend pas devant la Cour d'assises pour les braquages de 1974 et se voit condamné par contumace à 7 ans de réclusion criminelle.

Lors de sa cavale, en 1978, Marguery est contrôlé dans un barrage de police Normandie et tente de prendre la fuite. Les policiers les percutent et immobilisent le véhicule de Marguery. Il est ré-incarcéré à la Prison de la Santé et se voit condamné à 7 ans de réclusion criminelle pour ses braquages, conformément à son jugement par contumace[1].

Le « Gang des Postiches »

Marguery est libéré en 1981, après avoir purgé cinq ans de détention : deux ans entre 1974 et 1976, ainsi que trois ans entre 1978 et 1981. Il reprend contact avec Bruno Berliner et Michel Chellaoui puis fait la connaissance d'André Bellaïche, braqueur en cavale depuis 1975 après un braquage meurtrier dans un crédit mutuel. Marguery fait également la connaissance de Patrick Geay et de Jean-Claude Myszka. Le gang se trouve rapidement une passion commune pour le braquage déguisé et décide de braquer de nouvelles banques[1],[2].

Entre septembre 1981 et janvier 1986, le gang commet au moins 27 braquages. Déguisés à l'aide de postiches  masque, perruques et fausses barbes , les braqueurs dévalisent des centaines de lingots d'or. La fréquence des braquages se déroule sur plusieurs séries. Après avoir commis plusieurs attaques, Marguery ordonne à ses comparses de faire des pauses régulières pour pouvoir voyager en Thaïlande. Cette décision est directement liée à sa récente sortie de prison : Marguery dit vouloir profiter de l'argent volé pour passer du temps auprès de la gente féminine. Lorsque tout l'argent de gang est dépensé, les braqueurs reprennent leurs attaques à main armée. Après plusieurs séries de braquages, le gang se fait connaître de tous les médias. Bien que les victimes de ces braquages soient apeurées lors des attaques, les policiers s'avèrent presque aimants à l'égard des braqueurs, qui commettent leurs forfaits sans effusion de sang[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7].

Le , le gang perd cette image de « gentil gang » lors d'un braquage raté. Le dispositif se déclenche, impliquant directement BRB. Autour de l'agence du Crédit lyonnais du 39 rue du Docteur-Blanche, dans le 16e arrondissement de Paris, 67 policiers se déguisent en civils. Ceux-ci se répartissent dans une trentaine de véhicules banalisés et se déploient dans les rues adjacentes. L'opération tourne au drame lorsque Marguery et Geay repèrent un véhicule relais, stationné juste en face du véhicule banalisé monté par les chefs du dispositif, Claude Cancès et Raymond Mertz. Les regards des policiers et des braqueurs s'entremêlent. Se croyant menacé, le commissaire Mertz sort du véhicule et fait feu à trois reprises en direction des postiches. Marguery est touché dans le dos et dans le pied, tandis que Geay parvient à regagner la voiture et à s'enfuir. Après être tombé à terre à la suite des deux balles, Marguery est interpellé et placé en garde à vue. Interrogé sur la composition du gang, Marguery refuse de donner le nom de ses complices. Il est inculpé de vols à main armée puis placé en détention provisoire, à la Prison de la Santé. Lors de ce braquage sanglant, le postiche Bruno Berliner, 28 ans, et l'inspecteur de police Jean Vrindts, 33 ans, s'entretuent et se blessent chacun mortellement. Poursuivi par la police, Geay crée un accident et contraint le policier Jean-Michel Rolland à se tourner et tente de la tuer en lui tirant dessus. Après ce braquage sanglant, Bellaïche, Geay et Myszka parviennent à prendre la fuite[1],[3],[4],[5],[6].

Il faut attendre le , pour que la police localise Bellaïche, Geay et Myszka, en compagnie d'un évadé, Gian Luigi Esposito. Les quatre membres sont arrêtés et incarcérés à la Prison de Freury-Mérogis, pour vols à main armée, évasion et tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique. Malgré l'arrestation du gang, l'enquête a beaucoup de mal à avancer, en raison de peu d'aveux fournis de la part des braqueurs. En effet, seul Myszka avoue faire partie du gang et seul Marguery en est un membre confirmé par sa prise en flagrant délit[6].

En détention, Marguery et Myszka deviennent fou et perdent tout contrôle de leur esprit. Ils sont régulièrement pris de crises épileptiques et sont contraints à être isolés des autres détenus. Marguery se retrouve alors à la lire la Bible et s'invente un monde dans cet univers. Lors des visites de sa fille, Sophie, celle-ci remarque un changement radical chez son père et le signale à l'administration pénitentiaire. Marguery dit entendre des voix et affirme avoir été questionné par Dieu. Les experts psychiatres, chargés de l'examiner, discernent en Marguery des tendences suicidaires et liées à sa détention. Ils affirment cependant que le braqueur est responsable de ses actes[5],[7],[8].

Remise en liberté et jugement

Le , Marguery est remis en liberté sous contrôle judiciaire, après six ans et cinq mois de détention provisoire. Bien qu'ayant la preuve formelle de son implication, la justice se voit contraint de liberer le braqueur, du fait du trop long délai de détention. La remise en liberté de Marguery suit celles de Patrick Geay, le , de André Bellaïche, le , et de Jean-Claude Myszka, le . Ces longs séjours de détentions permettront de réformer la loi sur les délais de détention provisoire, en y fixant un maximum de quatre ans (renouvellements compris)[4],[7],[8],[9].

Entre 1992 et 1996, Marguery se soumet à son contrôle judiciaire, qui l'oblige à se rendre au commissariat tous les quinze jours. C'est entre ses jours de pointage qu'il part voir sa fille en Thaïlande, en compagnie de ses petit-enfants. Il commence à se désintéresser de la vie en France et projette de vivre en Thaïlande une fois sa peine purgée. Marguery est un homme libre modèle et ne commet aucune infraction lors de ses quatre années de liberté. Seul Geay enfraint son contrôle judiciaire en partant en cavale : il sera le seul à ne pas se présenter devant la Cour d'assises. Après près de dix ans d'instruction, les braqueurs sont renvoyés devant devant la Cour d'assises de Paris pour les sept derniers braquages du gang, commis en décembre 1985 et janvier 1986, dont le dernier accompagné d'une tentative de meurtre[4],[7],[8],[9].

Le , Marguery, Bellaïche et Myszka se constituent prisonniers, lors de l'ouverture de leur procès devant la Cour d'assises de Paris. Lorsque défilent les victimes des braquages, les trois accusés présents n'ont plus la même démarche. Ceux-ci se voient rangés de leur vie criminelle et disent vouloir en commencer une nouvelle : Marguery projette de s'établir en Thaïlande, tandis que Bellaïche a ouvert un magasin de disques. Quant à Myszka, son état dépressif l'a affaibli au point de ne plus être capable de commettre des faits similaires. Âgé de 49 ans lors de son jugement, Marguery développe un côté contemplatif et se perçoit comme spectateur : il ne se perçoit plus violent et dit comme plus commettre de forfaits. Les trois accusés reconnaissent les sept braquages pour lesquel ils sont jugés, mais nient le tentative de meurtre du policier Rolland. La victime accrédite la déclaration des trois braqueurs, en ne reconnaissant aucun d'entre-eux. Sophie, la fille de Marguery, touche beaucoup la Cour, en parlant d'un père aimant et reconnaissant de la présence de sa fille lors des parloirs. Elle affirme sont souhait de l'emmener en Thaïlande pour le prendre en charge et lui apporter une vie comblée[5],[8],[10],[11].

Le , Marguery et Myszka sont condamnés à 12 ans de réclusion criminelle pour les sept derniers braquages du gang. Bellaïche est condamné à 8 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs, évasion et recels de vols. Quant à Patrick Geay, jugé en son absence, celui-ci est condamné par contumace à 30 ans de réclusion criminelle pour les sept braquages et la tentative de meurtre du policier Rolland[7],[9].

Libération et réinsertion

Marguery est libéré en , après huit ans et neuf mois de détention. Il part s'établir en Thaïlande, en compagnie de sa fille, où il coule des jours heureux[2].

Références

Bibliographie

Liens externes

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