Robert Marty
From Wikipedia, the free encyclopedia
Robert Marty (né le à Perpignan) est un mathématicien et sémioticien français. Il est professeur honoraire des Universités, titulaire d'un Doctorat d'État de Mathématiques[1] (1969) et d'un Doctorat d'État de Philosophie[2] (1987).
Robert Marty soutient en 1969 une thèse d’etat de Mathématiques sur la théorie des Groupes Abéliens. Il s’intéresse ensuite aux travaux du polymathe, logicien, et philosophe américain Charles Sanders Peirce, fondateur du pragmatisme et père de la théorie des signes (sémiotique). Il s’appuie sur l'étude des manuscrits de Peirce en vue de traduire la pensée de l’auteur dans un plus grand formalisme mathématique. En opposition à la tradition saussurienne, binaire, fondée sur le couple (signifiant, signifié) , Peirce situe le signe au centre d'une relation ternaire (objet, signe, interprétant), comme « medium pour la communication d'une forme » depuis le monde extérieur réel des objets percevables vers le monde intérieur des interprétations ou images mentales. Robert Marty formalise ce transfert au moyen d'une mathématisation de ces formes dans l'univers structuré des relations . Cet univers peut être décrit au moyen de combinaisons des seules relations ternaires, binaires ou unaires en application d'un théorème de réduction triadique. Elles définissent les trois catégories universelles de Peirce. Rapportées à l'esprit, elles structurent sa phanéroscopie (ou phénoménologie) en trois types d'univers :celui des lois et concepts, celui des existants et des faits les concernant, celui des qualités. Le mode d'être des lois ou concepts est de gouverner les existants et les faits, les qualités s'incarnent dans ces derniers. Rapportées à chacun des trois éléments de la définition du signe leur combinatoire devient dès lors un pur problème algébrique qui débouche sur la classification des signes. Robert Marty démontre que ces classes de signes triadiques sont organisées dans une structure d'ordre nommée treillis. Il vérifie que cette formalisation épouse parfaitement les intuitions de Peirce exprimées dans ses œuvres originales en tant qu'affinités entre les classes. Avec la même méthodologie, il obtient les treillis des 28 classes de signes hexadiques et celui des 66 classes de signes décadiques. Il en résulte une formalisation complète et opérationnelle de la sémiotique de Peirce. Une partie de ces travaux est rapportée dans une thèse d’état en philosophie soutenue en 1987. Ce travail ayant nécessité une mise au clair rigoureuse des nombreuses définitions peirciennes du signe, il a établi notamment un thésaurus de 76 définitions du signe, une ressource spéciale disponible sur le site officiel peirce.org[3] dédié à Peirce..
En 1997, il crée le groupe de recherche Semiocom[4] à l'Université de Perpignan. Il est membre[5] du Centre International de Recherche et d'Études Transdisciplinaires (CIRET)