Robert Mencherini
historien français
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Robert Mencherini, né le à Aubagne et mort le à Bouc-Bel-Air, est un historien contemporanéiste français, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et du mouvement ouvrier en Provence, en particulier à Marseille.
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Biographie
Carrière
Robert Mencherini est né le 18 novembre 1945 à Aubagne[1],[2]. Il suit des études d'histoire[3].
De 1981 à 1998, il est le correspondant de l'Institut d'histoire du temps présent dans le département des Bouches-du-Rhône[4],[1],[5]. Robert Mencherini soutient en 1984 une thèse de troisième cycle, dirigée par Émile Temime à l'université de Provence, sur la CGT des Bouches-du-Rhône de la Libération à la scission syndicale de 1947-1948[4],[1]. Le mémoire de son habilitation à diriger des recherches, obtenue en 1995, porte sur Forces sociales, pouvoirs et société, à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, à la Libération et pendant la Deuxième Guerre mondiale[6],[4].
Robert Mencherini devient maître de conférences en histoire contemporaine à l'université d'Avignon en 1993 et le reste jusqu'en 2000, quand il est élu professeur des universités à l'université d'Aix-Marseille. Il occupe ce poste jusqu'en 2006[4]. Il est ensuite professeur émérite[7].
Historien des mouvements ouvriers, de la Seconde Guerre mondiale et de Marseille
Ouvriers et mouvements ouvriers
Il publie en 1994 le premier ouvrage d'histoire consacré à un sujet encore sensible à Marseille. Il s'agit des quinze entreprises marseillaises de premier plan et dans des secteurs importants (métallurgie, énergie, port) réquisitionnées à la Libération par le commissaire de la République Raymond Aubrac puis gérées jusqu'en 1947 par des directeurs choisis par les salariés, avec une représentation des actionnaires. Le livre éclaire d'abord les décisions de réquisition en puis la gestion ultérieure jusqu'à la « déréquisition » de 1947. Il se termine par un dossier documentaire. Il insiste sur le fait que ces réquisitions « ne sont pas le fruit d'une campagne nationale mais d'une situation locale »[8],[9].
Son livre suivant étudie les grèves de 1947 en France, à partir des archives départementales et de celles du PCF, de la CGT, de Jules Moch (ministre de l'Intérieur) et de la presse, en particulier dans le Nord, la Loire et les Bouches-du-Rhône. Il présente les violentes grèves de qui commencent à Marseille, lancées par la CGT et appuyées par le Parti communiste et analyse les réponses du pouvoir face à ce qui parfois interprété comme des tentatives d'insurrection. Il réfute une tentative de complot et, distinguant les différentes phases du mouvement et dressant une géographie des conflits, insiste sur la pluralité des causes et des stratégies à l'intérieur du Parti communiste, y compris vis-à-vis de l'URSS[10],[11],[12].
Responsable pour la Provence du Maitron[13], il fonde en 1999, l'association PROMEMO (Provence Mémoire Monde ouvrier)[1],[4], qui se consacre à l'histoire et à la mémoire des ouvriers et du mouvement ouvrier en Provence[14]. La même année, il co-dirige la publication des actes d'un colloque consacré aux dockers dans les principaux ports d'Europe de l'Ouest, dépeignant le travail, l'organisation et le syndicalisme de ce groupe social, dont la diversité est soulignée[15],[16]. En 2001, les éditions La Vie du rail publient un livre qu'il a co-écrit sur les cheminots en Provence, à la demande du comité d'établissement des cheminots du Sud-Est[17].
La Résistance et le camp des Milles
Il co-organise en 1997 à l'université de Provence un colloque consacré à la Résistance dans l'Europe méditerranéenne, dernier d'une série dont les objectifs sont d'étudier les liens entre la Résistance et la société. En 1999, il co-dirige la publication des actes de ce colloque, qui insistent sur les formes multiples des phénomènes résistants[18],[19],[20],[21]. Il est aussi à l'origine du Musée de la Résistance en ligne[1],[22] et publie en 2022 une biographie de la résistante Berty Albrecht[23].
En 2008, il dirige un livre sur les persécutions antisémites en Provence pendant la Seconde Guerre mondiale, dont l'internement dans le camp des Milles[24]. Il revient sur l'histoire de ce camp dans un ouvrage collectif qui paraît en 2013[25]. Selon la Fondation du camp des Milles, « Robert Mencherini fut l’historien de référence du camp des Milles »[22].
Marseille et les Bouches-du-Rhône
De 2004 à 2014, Robert Mencherini publie Une histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône de 1930 à 1950, en quatre volumes, présentés comme des synthèses mais qui font preuve d'une grande précision et d'une grande érudition, notamment sur les aspects économiques et sociaux[13],[26],[27]. Membre du conseil scientifique du musée d'histoire de Marseille à partir de 2010, il participe à de nombreuses expositions de ce musée, dont celle consacrée au peintre marseillais Antoine Serra, homme de gauche et mystique[7], dont il cosigne une biographie en 2016[28].
Il meurt le à Bouc-Bel-Air[1],[2]. La cérémonie funéraire se déroule le au crématorium d'Aix-en-Provence[3]. Une journée d'hommage a lieu le au musée d'histoire de Marseille[29],[30].
Principales publications
Ouvrages personnels
- La Libération et les entreprises sous gestion ouvrière : Marseille 1944-1948, Paris, L'Harmattan, coll. « Chemins de la mémoire », , 220 p. (ISBN 978-2296287181)[8],[9].
- Guerre froide, grèves rouges : Parti communiste, stalinisme et luttes sociales en France ; les grèves « insurrectionnelles » de 1947-1948 (préf. Maurice Agulhon), Paris, Editions Syllepse, coll. « Collection utopie critique », (réimpr. 2017), 307 p. (ISBN 978-2-907993-83-8, présentation en ligne)[10],[11],[12].
- Midi rouge, ombres et lumières : Une histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône de 1930 à 1950, vol. 1 : Les années de crise (1930-1940), Paris, Syllepse, coll. « Histoire : enjeux et débats », , 228 p. (ISBN 978-2-84950-004-0, présentation en ligne).
- Midi rouge, ombres et lumières : Une histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône de 1930 à 1950, vol. 2 : Vichy en Provence, Paris, Syllepse, coll. « Histoire : enjeux et débats », , 660 p. (ISBN 978-2-84950-233-4, présentation en ligne)[26].
- Midi rouge, ombres et lumières : Une histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône de 1930 à 1950, vol. 3 : Résistance et Occupation (1940-1944), Paris, Syllepse, coll. « Histoire : enjeux et débats », , 752 p. (ISBN 978-2-84950-300-3, présentation en ligne).
- Midi rouge, ombres et lumières : Une histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône de 1930 à 1950, vol. 4 : La Libération et les années tricolores (1940-1944), Paris, Syllepse, coll. « Histoire : enjeux et débats », , 650 p. (ISBN 978-2-84950-432-1, présentation en ligne)[27],[13].
- Ici-même : Marseille 1940-1944, de la défaite à la Libération, Marseille, Jeanne Laffitte, (ISBN 978-2-86276-494-8).
Ouvrages collectifs
- Jean Domenichino, Jean-Marie Guillon et Robert Mencherini (dir.), Dockers de la Méditerranée à la Mer du Nord : Des quais et des hommes dans l'histoire, Aix-en-Provence, Édisud, , 238 p.[15],[16].
- Jean-Marie Guillon et Robert Mencherini (dir.), La Résistance et les Européens du Sud, Paris, L'Harmattan, , 420 p. (ISBN 978-2296394599)[18],[19],[20],[21].
- Robert Mencherini et Jean Domenichino, Cheminots en Provence: des voix de la mémoire aux voies de l'avenir (1830-2001), Editions La Vie du Rail, , 247 p. (ISBN 978-2-902808-95-3)[17].
- Robert Mencherini (dir.), Provence-Auschwitz : De l'internement des étrangers à la déportation des juifs 1939-1944, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, (ISBN 978-2-8218-8557-8 et 978-2-85399-693-8, DOI 10.4000/books.pup.6843, lire en ligne)[24].
- Robert Mencherini, Angelika Gausmann et Olivier Lalieu (photogr. Yves Jeanmougin), Mémoire du Camp Des Milles 1939-1942, Marseille, Le Bec en l'air, , 239 p. (ISBN 978-2-916073-93-4, présentation en ligne)[25].
- Robert Mencherini (dir.), Étrangers antifascistes à Marseille 1940-1944 : Hommage au consul du Mexique Gilberto Bosques, Marseille, Gaussen, , 152 p. (ISBN 978-2-35698-073-1, présentation en ligne).
- Robert Mencherini et Daniel Chol, Antoine Serra (1908-1995) : Un peintre aux couleurs du siècle, Marseille, Gaussen, , 304 p. (ISBN 978-2-35698-091-5, présentation en ligne)[28].
- Robert Mencherini et Ann Blanchet, Berty Albrecht : de Marseille au Mont-Valérien, une féministe dans la Résistance, Marseille, Gaussen, , 248 p. (ISBN 978-2-35698-234-6, présentation en ligne)[23].