Roger Sinaud

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Roger Aimé Sinaud est un militaire français, Compagnon de la Libération[1], et un administrateur des colonies françaises.

Roger Sinaud est né le dans le hameau du Peyrat[2] dans la commune du Grand-Bourg, dans la Creuse, dans une famille modeste d'agriculteurs[3]. Il fait des études de commerce et devient diplômé de l'Ecole supérieure de commerce de Clermont-Ferrand.

Il effectue ensuite son service militaire en Algérie d' à .

À l'issue de son service militaire, il devient secrétaire de l'attaché commercial de l'ambassade de France, d'abord à Madrid puis à Londres.

À partir de 1939, il retourne en Afrique, à Lagos au Nigeria, où il est représentant de la Compagnie française de l'Afrique occidentale (CFAO).

Engagements dans les Forces françaises libres (1940-1945)

Du fait de l'entrée en guerre de la France dans la Seconde Guerre mondiale, Roger Sinaud est mobilisé[Où ?] en . Il est démobilisé au moment de l'Armistice du 22 juin 1940. De retour au Nigeria, il refuse d'admettre la défaite et signe son engagement dans les Forces françaises libres.

Formation et combats en Afrique (1940-1943)

Il rejoint le Congo le où il est sélectionné pour suivre les cours d'élève aspirant à Brazzaville.

En , devenu l'aspirant Roger Sinaud, il intègre le Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST) de la colonne Leclerc en tant que méhariste, fort de ses très bonnes connaissances des grands déserts[1], notamment acquises lors de son service militaire en Algérie.

Il est nommé commandant du Poste de Bardaï par le colonel Philippe Leclerc.

Il participe aux opérations du Fezzan (qui auront lieu du au ), au sein d'une force de 3 000 hommes, qui pousse son avancée jusqu'à la Tripolitaine et Tripoli[4].

Il participe ensuite à la Campagne de Tunisie (du au ) au sein de la Force L (nouveau nom de la colonne Leclerc depuis ).

Combats en France métropolitaine (1944-1945)

À l'été 1943, la 2e Division blindée est créée au Maroc sur les bases de la Force L, et inclus le Régiment de marche du Tchad (RMT) formé notamment à partir des personnels métropolitains du Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST).

Ainsi, Roger Sinaud, devenu sous-lieutenant au 3e Bataillon du RMT, rejoint l'Angleterre en , avec l'ensemble de la 2e Division blindée.

En , il débarque en Normandie au sein de la 2e DB et participe en tant que chef de section de mortiers aux combats de la Bataille de Normandie. Le , il met un char Panther hors de combat grâce à un tir précis de ses mortiers[1].

Il prend part ensuite, toujours au sein du RMT, à la libération de Paris et à la campagne des Vosges.

En , devenu chef du 3e Bataillon du RMT qui a été placé dans le Groupement Guillebon, il se distingue[1] lors de la prise de Strasbourg, où les tirs de son unité d'une part appuient la progression des chars et de l'infanterie alliés et d'autre part neutralisent les armes antichar ennemies.

Le , le lieutenant Sinaud est grièvement blessé par balle, en Alsace, lors des violents combats du village de Grussenheim, en menant ses hommes à la destruction d'un nid de résistance ennemie. Il est hospitalisé et rapidement démobilisé.

Il est alors fait chevalier de la Légion d'Honneur, puis Compagnon de la Libération par décret du [1].

Carrière dans l'administration coloniale (1946-1967)

Après la guerre, Roger Sinaud retourne de nouveau en Afrique centrale, où il aura une longue carrière dans l'administration coloniale des Territoires d'outre-mer relevant de l'Afrique-Équatoriale française.

Il sert d'abord au Congo de 1947 à 1948, puis au gouvernement général de l'Afrique-Équatoriale française (AEF) de 1948 à 1949.

Il est ensuite affecté au Tchad de 1950 à 1956. Il est d'abord nommé chef de district de Koumra, dans le département du Moyen-Chari, du au [5]. De 1953 à , il est en poste dans la ville de Ati[5], chef-lieu de la région du Batha.

Dès son affectation en 1950 à Koumra, il a à gérer à son niveau les débuts du mouvement de décolonisation et notamment la montée d'hommes politiques tchadiens qui auront un rôle majeur dans la décolonisation, comme l'indiquent ces deux anecdotes[6] :

  • en , Roger Sinaud porte une plainte en diffamation contre François Tombalbaye (futur Chef de l'État/Président du Tchad de 1960 à 1975), à la suite de quoi François Tombalbaye aurait accusé publiquement Roger Sinaud d'avoir fait frapper des Africains ;
  • le , selon la version de proches de Tombalbaye, Roger Sinaud aurait lors d'une manifestation officielle à Koumra fait semblant d'ignorer (alors qu'il est chef de district) la présence de Gabriel Lisette (futur Chef du gouvernement du Tchad), qui était alors député du Tchad à l'Assemblée Nationale française[7]. Gabriel Lisette pu cependant prendre la parole.

Il poursuit ensuite sa carrière au Gabon de 1957 à 1961. Il termine sa carrière en 1967 avec le grade d'administrateur en chef de classe exceptionnelle de la France d'Outre-mer[1].

Polémique sur l'oubli local (Creuse)

Distinctions

Notes et références

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