Rokia Traoré (chanteuse)

autrice-compositrice-interprète malienne From Wikipedia, the free encyclopedia

Rokia Traoré est une chanteuse, auteure-compositrice-interprète et guitariste malienne, née le à Kati dans la banlieue de Bamako.

Naissance (52 ans)
Kati, Drapeau du Mali Mali
Genre musical Musiques du monde
Instruments Guitare, voix
Années actives Depuis 1998
Faits en bref Naissance, Genre musical ...
Rokia Traoré
Description de cette image, également commentée ci-après
Rokia Traoré en 2009.
Informations générales
Naissance (52 ans)
Kati, Drapeau du Mali Mali
Genre musical Musiques du monde
Instruments Guitare, voix
Années actives Depuis 1998
Labels Label Bleu
Site officiel www.rokiatraore.net
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Sa discographie se compose de six albums, sortis entre 1994 et 2016. Elle défraie la chronique judiciaire à partir de 2019 en raison de conflits avec son ancien compagnon pour la garde de leur fillette, ce qui la conduit en prison à plusieurs reprises.

Biographie

Rokia Traoré est une Bambara originaire de la région de Bélédougou. Elle est née le à Kati, dans la banlieue de Bamako, au Mali[1]. Fille de diplomate, elle a beaucoup voyagé durant sa jeunesse : Algérie, Arabie saoudite, France et Belgique, où elle a étudié. Elle se distingue par son style artistique mêlant tradition malienne (musique mandingue) et modernisme occidental. Elle enregistre ses premiers morceaux en 1995 à Bamako, sous la direction artistique d'Ali Farka Touré[réf. nécessaire]. Ses débuts sur la scène européenne datent de 1997 lors d'un concert au festival « Musiques métisses » d'Angoulême. Elle remporte la même année le prix « Découverte Afrique » de Radio France internationale (RFI).

Son premier album Mouneïssa sort en 1998, suivi d'une tournée européenne. Deux ans plus tard, elle sort son deuxième album Wanita, puis ce sera Bowmboï (2003), qui comprend deux morceaux en collaboration avec le groupe américain Kronos Quartet et pour lequel elle part en tournée mondiale.

En 2001, elle est l'une des nombreuses interprètes du titre Que serai-je demain ? en tant que membre du collectif féminin Les Voix de l'espoir créé par Princess Erika[2].

Elle remporte un prix aux World Music Awards de la BBC Radio 3 en Grande-Bretagne en 2003.

Très influencée par Billie Holiday, Rokia Traoré participe en 2005, aux États-Unis, au spectacle « Billie & Me », consacré à la vie de la chanteuse légendaire. En 2006, elle écrit et interprète Wati, spectacle créé à Vienne en Autriche par le metteur en scène américain Peter Sellars à l’occasion de la célébration du 250e anniversaire de la naissance de Mozart où ce dernier apparaît comme un griot, musicien de père en fils, vivant au XIIIe siècle à l'époque de l’Empire Mandingue. Le spectacle fut par la suite donné au Barbican Centre de Londres, en Angleterre, puis à la salle Pleyel à Paris.

Son quatrième album Tchamantché sort en 2008, il comprend une reprise de The Man I Love de Billie Holiday. Pour cet album, elle remporte une Victoire de la musique en 2009 dans la catégorie « musiques du monde »[3] ainsi que le prix de la meilleure artiste aux Songlines Music Awards à Londres en Grande-Bretagne.

Elle retourne au théâtre en 2010, avec le spectacle Desdemona, fruit d'une collaboration avec l’écrivaine Toni Morrison et le metteur en scène Peter Sellars. En 2012, Rokia Traoré participe à la tournée « Africa Express » en Grande-Bretagne, et chante en duo avec Damon Albarn (Blur, Gorillaz).

En 2015, elle fait partie du jury du 68e festival de Cannes. En , elle chante à la cérémonie de clôture de la Coupe d’Afrique des nations de football à Libreville au Gabon en compagnie de quatre autres artistes féminines[4] et en soutien à la lutte contre le cancer du sein.

Installée en France, à Amiens, dans les années 1990, elle est revenue vivre à Bamako en 2009 déclarant : « Depuis dix ou quinze ans, il y a pas mal d’artistes qui ont fait le choix de revenir vivre en Afrique, ou d’y ouvrir des lieux. Ils proposent des récits à partir de travaux menés dans leur pays. C’est une première depuis la fin de l’ère coloniale. Petit à petit, cela crée un public », affirme-t-elle[5].

En , au Festival d'Avignon, Rokia Traoré interprète le spectacle Dream Mande Djata créé à Bamako, où elle présente l'épopée de l'empereur Soundiata Keïta, mais aussi l'histoire du Soundiata réel, en mettant en avant l'importance de la charte du Manden dans l'histoire culturelle de l'Afrique avant la colonisation[6],[7]. Pour ce projet, la musicienne confronte à l'aspect mythologique du récit, les travaux d'historiens mandingues encore peu exploités[8]. Ayant travaillé notamment avec la griotte Bako Dagnon sur l'épopée, elle est assistée dans le spectacle du joueur de cora Mamadyba Camara et du joueur de ngoni Mamah Diabaté, et elle chante tantôt en français, tantôt en mandingue[9].

Vie personnelle et poursuites judiciaires

Séparation et conflit autour de la garde de sa fille

De 2013 à 2018, Rokia Traoré est en couple avec Jan Goossens, un dramaturge et directeur artistique belge[10] avec lequel elle a une fille, née en Belgique en 2015. Depuis leur séparation en 2018, le couple est en conflit pour la garde de leur fille.

En , l'ex-compagnon de Rokia Traoré saisit le juge aux affaires familiales du tribunal francophone de Bruxelles afin que celui-ci décide de l'organisation des droits de visite et de la résidence de leur enfant, suite à leur séparation. Le tribunal belge octroie la garde principale (60 % du temps) de l'enfant à son père, Jan Goossens, mais Rokia Traoré refuse de la lui remettre, et l'enfant vit depuis au Mali avec sa mère et son demi-frère, premier enfant de l'artiste, sans aucun contact avec son père.

En 2019, Rokia Traoré engage une procédure en Référé devant la justice malienne, qui lui accorde la garde exclusive de l’enfant à titre provisoire. Dès lors commence un conflit de compétence juridictionnelle entre la justice belge et la justice malienne, qui se transforme en bataille médiatique et diplomatique.

Mandat d'arrêt international contre Rokia Traoré

En , Jan Goossens porte plainte auprès du tribunal correctionnel de Bruxelles pour « non présentation d'enfant » en se constituant partie civile. La justice belge lui donne raison, et émet un premier mandat d'arrêt européen à l'encontre de l'artiste en pour « enlèvement, séquestration et prise d'otage ». Les justices française et belge lui accordent cependant un délai de quelques mois pour présenter l'enfant.

N'ayant pas respecté l'ultime délai du accordé par la justice belge, Rokia Traoré est arrêtée le à Paris. Elle y fait alors escale alors qu'elle se rend en Belgique pour assister à l'audience de l'appel qu'elle a interjeté. Incarcérée à la prison de Fleury-Mérogis, elle entame immédiatement une grève de la faim[10]. Remise en liberté sous contrôle judiciaire deux semaines plus tard, Rokia Traoré s'enfuit au Mali le [11],[12],[13].

Son avocat, Kenneth Feliho, estime que l'arrestation est abusive, mettant notamment en avant le passeport diplomatique de Rokia Traoré, qui rend l'arrestation « en principe […] illégal[e] », et la Convention de la Haye concernant « la résidence habituelle de l'enfant »[14]. Un hashtag « #FreeRokia » Libérez Rokia ») apparaît sur Twitter[15]. Plusieurs personnalités manifestent alors leur soutien envers Rokia Traoré, comme le réalisateur et dramaturge malien Alioune Ifra Ndiaye[14] ainsi qu'un collectif d'artistes et de personnalités[16]. L'économiste et musicien sénégalais Felwine Sarr considère que cette affaire « reflète l'état des rapports politiques, juridiques et symboliques entre l'Afrique et le reste du monde »[14]. La militante Fatma Karali initie une pétition et déclare que cette situation relève à la fois du racisme et du sexisme[14].

De leur côté, les avocats de Jan Goossens répondent dans une tribune du journal Libération que l'enfant a été domiciliée à Bruxelles (elle a d'ailleurs la double nationalité belge et malienne) et que, jusqu'à ses quatre ans, elle a régulièrement été en contact avec sa famille du côté belge[17].

Arrestation en Italie et extradition vers la Belgique

En , le tribunal correctionnel de Bruxelles condamne Rokia Traoré par défaut à deux ans de prison, pour « non-représentation d’enfant ». L’artiste affirme ne pas avoir été informée du procès, mais est arrêtée à son arrivée à Rome le à la suite d'un mandat d'arrêt européen émis par la justice belge[18]. Rokia Traoré interjete appel au jugement belge, et s'oppose à son extradition vers la Belgique; son avocat Me Maddalena Del Re plaide pour sa libération, en dénonçant la violation de son droit à un procès équitable par le respect du principe du contradictoire. Le , la justice italienne rejette la demande de Rokia Traoré et autorise son l'extradition vers la Belgique[19]. Le , la Cour de cassation italienne donne son autorisation à l’extradition de Rokia Traoré vers la Belgique, rendant sont jugement d'extraction définitif[20]. Le , Rokia Traoré est extradée depuis l'Italie vers la Belgique, et est écrouée à la prison de Haren, à Bruxelles[21],[22],[23]. Elle est finalement libérée le 22 janvier 2025 par le tribunal correctionnel de Bruxelles, suite à un accord à « l’amiable » conclus avec Jan Goossens[24].

Le , l'audience prévue au tribunal de Bruxelles est finalement ajournée, des discussions étant en cours entre Rokia Traoré et Jan Goossens pour trouver un arrangement à l'amiable[25]. Le , Rokia Traoré accepte de s’entendre avec le père de la fillette, pour que tous deux puissent revoir l’enfant, une audience est prévue en juin à Bruxelles en , pour examiner la mise en œuvre de l’accord et programmer les plaidoiries[26],[27].

Le 6 mai 2026, le tribunal correctionnel de Bruxelles statue sur l'appel introduit par Rokia Traoré, et confirme la condamnation de Rokia Traoré à deux ans de prison (avec sursis pour la partie non déjà purgée en détention provisiore)[28],[29].

Discographie

Filmographie

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Compositrice

  • 2005 : Les Enfants invisibles (film collectif), segment Tanza de Mehdi Charef
  • 2007 : Le Jardin de Lalia : des microcrédits pour les femmes maliennes (documentaire) de Carole Roussopoulos et Anne Zen Ruffinen
  • 2012 : Les Enfants du diable (téléfilm documentaire) de Daniel Grandclément

Actrice

Spectacles

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Autrice ou adaptatrice

Compositrice

Comédienne

Fondation Passerelle et engagements caritatifs

Rokia Traoré crée en 2009 la Fondation Passerelle destinée à aider la jeune création musicale et artistique au Mali[5],[30]. En 2011, le premier projet Dream Mandé voit le jour avec « Roots », série de concerts acoustiques avec les musiciens de sa fondation. En , elle lance la première édition du Festival de Jazz de l'Espace culturel Passerelle à Bamako.

Nommée ambassadrice de bonne volonté pour la région de l'Afrique de l’Ouest et Centrale par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), elle effectue des visites dans les camps de réfugiés du Burkina Faso.

En , elle signe une chanson et un clip, Be Aware, pour la campagne d'information « Migrants conscients » initiée par l'Office des migrations internationales et le Ministère de l'Intérieur italien[31],[32].

Notes et références

Liens externes

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