Rosario Dolcet Martí
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Syndicaliste, anarcho-syndicaliste, travailleur du textile, journaliste d'opinion |
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Rosario Dolcet (ou Dulcet) Martí, née le 2 février 1881 à Vilanova i la Geltrú et morte à Carcassonne le 27 octobre 1977, est une militante anarcho-syndicaliste espagnole, exilée en France pendant la dictature franquiste.
Rosario est la fille de Jaume Dolcet, un républicain fédéral[1] qui l'inscrit dans une école où elle a comme professeure la libre penseuse Soledad Gustavo (mère de la future ministre Federica Montseny), qui par ses lectures l'a introduite à l'anarchisme[2]. À 14 ans, elle commence à travailler dans une usine textile de Vilanova i la Geltrú et adhère à la Fédération des Trois Classes de Vapeur, société ouvrière constituée en 1869, qui en 1913 s'intègre à la CNT. Dès lors, notamment avec sa sœur Encarnació , elle participe aux luttes sociales de l'époque[3].
Rosario Dolcet part ensuite à Sabadell, où elle milite dans la Fédération Ouvrière de Sabadell, mais en raison de sa participation active à la grève des tisserands de 1913, où elle est l'organisatrice d'assemblées générales, elle doit quitter la Catalogne pour la France en raison de son activisme politique.
Établie sur la commune française de Sète, pendant la Première Guerre mondiale, elle fait de la propagande antimilitariste, raison pour laquelle elle doit fuir pendant quelques années à Montpellier. En 1917, elle s'établit à Barcelone où elle participe activement à la campagne de la CNT pour la baisse du prix de la nourriture et contre la spéculation par les exportations aux pays belligérants, lors de la grève générale révolutionnaire de cette année-là. Elle participe à des manifestations de femmes qui assaillaient les commerces, et se fait remarquer lors d'un meeting au Centre Républicain de l'Arrabal où elle incite les personnes présentes à abandonner les partis et à intégrer des organisations ouvrières pour détruire le capitalisme et l'État. Toujours militante au sein du Syndicat du Textile de l'Hoyo, elle participe en 1918 à des meetings de la CNT de Tarragone.
Pendant les années 1920, elle participe à de nombreux actes de la CNT et accueille chez elle des victimes de Severiano Martínez Anido; l'un d'eux, Marcelino Silva, est devenu son compagnon. Pendant la dictature de Primo de Rivera elle est arrêtée deux fois pour incitation à la rébellion et distribution de propagande. Elle fuit alors à Tarragone, où elle est accueillie par les militants Hermós Plaja i Salón et Carme Tabicas Sans, avec qui elle a poursuivi les missions de propagande.
En 1931, la Seconde République Espagnole est proclamée. Rosario participe avec Pepita Not et Llibertat Ródenas Rodriguez à des débats à l'Ateneo de Madrid pour dénoncer la persécution des dirigeants anarcho-syndicalistes et organiser la solidarité avec les prisonniers. En 1933, elle est déléguée de la Session plénière Régionale de la CNT. Pendant les premières années de la guerre d'Espagne, elle fait des tournées de propagande et collabore avec différentes collectivités paysannes. Son compagnon Marcelino Silva est assassiné par les communistes pendant les journées de mai 1937. À la fin de la guerre civile, lors de la Retirada, elle doit s'exiler en France[4].
En octobre 1948, elle participe en tant que déléguée de la Fédération Locale de Marseillette au IIe Congrès du Mouvement Libertaire Espagnol à Toulouse. Plus tard, elle emménage à Carcassonne où elle milite à la Fédération Locale de la CNT jusqu'à sa mort. D'après la légende, elle a toujours refusé d'apprendre le français en protestation pour le traitement subi par les exilés espagnols de la part de la France[5], mais depuis Carcassonne, en tant que journaliste, elle écrit des articles dans la publication anarchiste pour les femmes Alejandra.