Rosso e Nero
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| Rosso e Nero | |
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| Pays | |
|---|---|
| Zone de diffusion | Rome |
| Langue | italien |
| Périodicité | Hebdomadaire |
| Fondateur | Alberto Giovannini, Ignazio Silone |
| Date de fondation | 27 juillet 1946 |
| Date du dernier numéro | 7 mars 1948 |
| Ville d’édition | Rome |
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Rosso e Nero (en français Rouge et Noir) est un journal hebdomadaire italien fondé en 1946 par Alberto Giovannini et Ignazio Silone.
Ligne éditoriale
Rosso e Nero fut fondé en juillet 1946 par l'ancien fasciste Alberto Giovannini et l'écrivain et député socialiste Ignazio Silone[1].
L’hebdomadaire de Giovannini est considéré par l’historiographie néofasciste comme un journal « de gauche » ; pour l'historien Giuseppe Parlato, Rosso e nero compte parmi les rares journaux, avec Il Pensiero Italiano de Ugo Manunta, qui, dans l’après-guerre, continuèrent à porter le thème de la « socialisation »[2] et la nécessité d'une réconciliation entre fascistes et socialistes-antifascistes. En outre, l'écrivain Ignazio Silone et le jeune socialiste Ugo Zatterin comptaient parmi les collaborateurs du journal.
Dans le premier éditorial de Giovannini intitulé « Il nostro passato e il nostro avvenire », il y exposait les objectifs de Rosso e nero :
« Notre fonction n’est pas, comme certains pourraient le penser, celle du cheval de Troie destiné à introduire sur le terrain démocratique un fascisme renaissant. Car si nous ne renions pas notre passé, nous n’en avons non plus aucun regret et nous sommes donc résolument opposés à toute forme de néofascisme, plus ou moins dissimulé. Le fascisme, ou plutôt encore le système fasciste, est mort, définitivement mort avec Mussolini ; seule force centripète capable de rassembler et de canaliser sur un plan national de nombreuses forces et de multiples idées… car le fascisme fut plus un système qu’une doctrine… dans le fascisme, pendant vingt ans, conservateurs et révolutionnaires ont coexisté, convaincus les uns et les autres de servir le Pays… nous, dans le fascisme, entendions servir un Idéal révolutionnaire, au sens social… nous sommes les survivants de ceux que, à tort ou à raison, on a appelés la gauche du fascisme… nous pensons que, détachés d’un système qui s’est révélé, au moment du bilan, délétère, les idéaux suprêmes auxquels nous avons cru : Italie, République, Socialisation, sont encore vivants et vitaux, dignes d’être poursuivis même sur un plan politique totalement changé. C’est pourquoi nous qui fûmes jusqu’au bout fascistes sans double jeu, nous sommes prêts à serrer la main aux ennemis, aux antifascistes de toujours… mais aux autres… troupeau bêlant à la suite des vainqueurs ira et ira toujours notre suprême et ineffaçable mépris. C’est pourquoi, en nous offrant aujourd’hui nous-mêmes à la reconstruction du Pays, nous nous plaçons résolument à gauche : sans arrière-pensées, sans préjugés inutiles, sans byzantinismes idéologiques ».
Pour sceller cette intention de collaboration avec les socialistes, Giovannini publiait à côté de l’éditorial une lettre du journaliste socialiste, collaborateur de l’Avanti !, Ugo Zatterin[3] ; le journaliste confessait ne pas savoir :
« … ce qui serait advenu de moi si n’était intervenue une loi qui classait les hommes selon le sang et les ascendants, pour me mettre au ban de la vie de tous mes contemporains. Avant, j’avais peu compris du fascisme, j’aimais les uniformes, le style décidé et juvénile, les longs adverbes qui ressemblaient assez aux audacieuses expressions des héros de nos livres d’aventure. Quand je fus exclu de ce monde, je pus en constater les côtés négatifs… l’employé de la Sûreté publique qui écrivait « juif » avec un rictus de mépris. Une révision sereine et objective devra plus tard être faite des jugements sommaires portés en ces temps sur le fascisme… pour définir les causes qui ont provoqué le fascisme dans une démocratie qui mourait quand je naissais et qui reprend aujourd’hui au même point, avec la même monotone vitalité… elle sert justement à nous démontrer que la démocratie bourgeoise, la démocratie de la classe dirigeante préfasciste ne peut que pousser vers des aventures politiques du type de celle qui nous a entraînés pendant vingt ans ».
Pour son éditorial, Giovannini fut suspendu de l’exercice de sa profession par le préfet de Rome et envoyé au confino pour apologie du fascisme ; la publication de l’hebdomadaire fut stoppée pendant seize mois, reprenant le 21 novembre 1947. Après la condamnation de Giovannini, la direction du journal le louera pour ses convictions visant la transformation de la civilisation dans un sens collectif et socialiste :
« on entendait construire un grand parti socialiste dans la vie nationale, moderne et donc dépassant le marxisme, réaliste et donc décidé à ramener l’internationalisme à ses justes termes, en redonnant au concept de Nation sa juste valeur ».
Malgré la reprise du journal en novembre 1947, il disparaîtra 4 mois plus tard en mars 1948.
Notes et références
- ↑ Elisabetta Cassina Wolff, « The meaning and role of the concepts of democracy and corporatism in Italian neo-fascist ideology (1945–1953) », Modern Italy, vol. 16, no 3, , p. 297 (DOI 10.1080/13532944.2010.524887, S2CID 145376470)
- ↑ (it) « Alberto Giovannini una firma fuori dal coro », Secolo d'Italia, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (it) « Pino Rauti », pinorauti.org, (consulté le )
Bibliographie
- Emmanuele Piazza, 'Il Rosso e il nero', Academia, p.25-27.
