Ugo Manunta
journaliste et politicien italien
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Ugo Manunta, né le 13 juillet 1902 à Cagliari et mort le 3 juillet 1988 à Rome, est un journaliste et homme politique fasciste italien.
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Ugo Sardo, G. Baralis |
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Biographie
Jeunesse et carrière durant le régime fasciste
Né à Cagliari de parents nommés Ernesto et Virginia Rais, il s'installe à Turin dans sa jeunesse. Après un bref passage dans les rangs de la jeunesse de l'Association nationaliste italienne, il rejoint la section turinoise du Parti national fasciste (PNF) en 1922 et participe à la Marche sur Rome[1]. Collaborateur du quotidien du PNF, Il Popolo d'Italia, il poursuit sa carrière journalistique, qui le mènera « au sommet de la presse du régime »[1], d'abord comme directeur de La Stampa Sportiva (1924-1925), puis comme collaborateur régulier de La Stampa (1926-1927) et de la Gazzetta del popolo (1928-1930). Toujours à Turin, il est ensuite cofondateur du magazine sportif mensuel Olimpionica, grâce au soutien du CONI.
Manunta s'installa ensuite à Rome en 1930, où il commença à travailler au sein de la presse du Sindacato fascista dei giornalisti, notamment comme rédacteur puis directeur du service syndical du quotidien Il Lavoro fascista, et comme collaborateur de revues importantes du régime telles que Critica fascista, dirigée par Giuseppe Bottai, et L'Ordine corporativo . Il était également directeur adjoint du plus important quotidien génois de l'époque, Il Lavoro[1].
Il a participé activement au débat qui s’est développé dans les années 1930 sur le système corporatif, au sein duquel il a théorisé un rôle important pour le syndicat, qui devait contribuer, d’une part, à réaliser la « déprolétarisation des masses » et, d’autre part, à faire participer les travailleurs aux responsabilités et à la direction de la vie productive du pays.
Il participa comme volontaire à la guerre d'Éthiopie et, pendant la Seconde Guerre mondiale, fut envoyé en Libye comme correspondant de guerre, avant de prendre la direction du Corriere di Tripoli, se consacrant au soutien du projet fasciste de « Grande Italie ».
La République sociale italien : « État social républicain » et socialisation
Après l'armistice du 8 septembre 1943, il rejoignit la République sociale italienne (RSI) dès sa fondation[1], avec l'intention déclarée de participer à la « construction du nouvel État social républicain, dans lequel le travail ne sera plus subordonné au capital, mais la force directrice et dominante d'une société renouvelée à partir de ses fondements ». Durant cette courte période, il théorisa la RSI comme une continuation historique des réalisations sociales du Ventennio ; la socialisation constituait, selon lui, « l’expression, sur le plan économique, de la solidarité inhérente et naturelle entre ceux qui contribuaient au processus productif »[2]. Ainsi, il soutenait la création de syndicats d’entreprise au lieu des syndicats professionnels, lesquels maintenaient le dualisme Capital/Travail et étaient l’expression des intérêts « égoïstes » de chaque catégorie :
« Le fascisme était déjà une doctrine anticapitaliste ; mais son action en ce sens avait été systématiquement entravée par un ensemble d’obstacles, qui maintenaient ambigus les objectifs premiers de la révolution. À partir du 8 septembre, l’anticapitalisme, qui n’avait jamais été effacé du drapeau fasciste, est devenu le but principal de l’action gouvernementale. De là découlent toutes les dispositions qui nous conduisent à une clarification définitive des idées et des institutions. »[2]
Manunta voyait dans le syndicat d’entreprise la réalisation de la « véritable » corporation : « la question sociale ne tourmentera plus une seule classe, mais [sa solution] deviendra le but vers lequel toutes les classes tendent naturellement, y voyant le but ultime et réel des efforts humains. »[2] L'historien Michele Mioni écrit à son sujet :
« Selon Manunta, la « cellule syndicale » était la véritable corporation totalitaire. Grâce à la socialisation, les syndicats et les usines devenaient un centre productif unitaire, rendant superflue toute autre agence ou autorité productive de l’État. Avec la socialisation, le facteur économique (l’usine) et les acteurs sociaux (le syndicat) se fondaient en une entité totalitaire unique. L’autogestion du travail était d’abord réalisée dans les entreprises pour ensuite imprégner toute l’organisation économique nationale, structurée en différentes cellules d’industries autogérées coordonnées par l’État, qui régulait la production par la planification. Pour Manunta, cette solution dépassait le corporatisme : « nous devons substituer à l’ancien système un nouvel ordre. S’il est vrai que le capitalisme peut être banni, alors nous devons nécessairement dépasser également le dualisme des classes. » »[2]
Durant cette période, il occupa le poste de directeur adjoint du Corriere della Sera, à partir du 6 octobre 1943, sous la direction d'Ermanno Amicucci ; il devint ensuite directeur d'Il Secolo-La Sera, où il s'engagea à soutenir les revendications de renouveau social de la RSI. Il poursuivit activement cet engagement en tant que sous-secrétaire d'État au Travail, dont le ministre était alors Giuseppe Spinelli. En raison de son radicalisme révolutionnaire, il devint impopulaire auprès de l'aile conservatrice du Parti fasciste républicain (PFR), notamment auprès de Roberto Farinacci[1] ; suite aux controverses qui en découlèrent, il fut contraint de démissionner de la direction du journal (25 octobre 1944), puis le régime lui confia le poste de commissaire aux éditions Garzanti. Il collabora également à l'hebdomadaire L'Ora, où il tenait la chronique Sestante sociale, et à L'Orizzonte, organe officiel de la Decima Mas.
Activité après guerre : journaliste de la « gauche nationale »
Après-guerre, de par les positions qu'il a défendues durant le Ventennio et lors de la République sociale italienne (RSI), il figurait parmi ceux qui ont participé aux efforts du dirigeant communiste Palmiro Togliatti pour rallier les syndicalistes et les membres de la « gauche fasciste historique » à l'approche du référendum institutionnel. Malgré plusieurs échanges avec le secrétaire du Parti communiste italien (PCI) et une rencontre avec Luigi Longo, Manunta s'est finalement déclaré opposé à l'établissement d'une relation organique avec le PCI et la Confédération générale du travail (CGIL), choisissant de mener son combat politique au sein du Mouvement social italien (MSI), nouvellement créé.
Journaliste à La Stampa et au Corriere della Sera, il fut très actif au sein du MSI, se rangeant dans l'un des quatre courants – selon la subdivision de Giuseppe Parlato – qui divisaient la « gauche fasciste » : Manunta appartenait à la « gauche fasciste historique » (ou « gauche nationale ») – parmi laquelle se distinguaient Edmondo Cione, Alberto Giovannini, Bruno Spampanato et Giorgio Pini –, qui s'efforçait d'empêcher le MSI de dériver vers des positions conservatrices et réactionnaires ; en ce sens, son engagement intellectuel et culturel se concrétisa par sa participation à la création de journal mensuel puis bimensuel (1948) Il Pensiero Italiano, publié par les éditions L'Arnia, qui devint sa plateforme éphémère pour promouvoir les thèmes du socialisme national et de la socialisation contre toute tentative de révision. Collaborèrent au journal divers personnages idéologiquement hétérogènes mais pour la plupart ayants participé à la République sociale italienne (RSI) comme Concetto Pettinato, Alberto Giovannini, Edmondo Cione, Adriano Bolzoni, B. Biagetti, A. Giardini, R. di Lauro, Enrico de Boccard.
Par la suite, il a occupé, entre autres postes, celui de secrétaire du conseil d'arbitrage de l'Associazione della stampa romana, celui de membre du conseil d'administration de l'Istituto nazionale di previdenza dei giornalisti italiani et celui du conseil d'administration du Cassa autonoma di assistenza integrativa dei giornalisti italiani.
Il est décédé à Rome, alors octogénaire, en 1988.
Publications
- Ricerca del sindacato, Ed. "L'Ordine corporativo", Roma 1935 (1ª ed.: 1925).
- La cooperazione di lavoro in Italia, SAIG, Roma 1939.
- I tre pilastri del rinnovamento sociale: azienda, sindacato, socializzazione, De Silvestri, Milano 1944.
- La caduta degli angeli. Storia intima della Repubblica sociale italiana, Azienda editoriale italiana, Roma 1947.
- Premesse e finalità della socializzazione (s.l. né d.).