Roumen Radev
militaire et homme d'État bulgare
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Roumen Radev (en bulgare : Румен Радев, /ˈrumɛn ˈradɛf/), né le à Dimitrovgrad, est un homme d'État bulgare. Il est président de la république de Bulgarie de 2017 à 2026, et Premier ministre depuis le .
| Roumen Radev Румен Радев (bg) | |
Roumen Radev en 2026. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Premier ministre de Bulgarie | |
| En fonction depuis le (6 jours) |
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| Président | Iliana Iotova |
| Gouvernement | Radev |
| Législature | 52e |
| Coalition | BP |
| Prédécesseur | Andreï Giourov (intérim) Rossen Jeliazkov |
| Président de Bulgarie progressiste | |
| En fonction depuis le (27 jours) |
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| Prédécesseur | Création du parti |
| Membre de l'Assemblée nationale | |
| – (8 jours) |
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| Élection | 19 avril 2026 |
| Législature | 52e |
| Groupe politique | BP |
| Président de la république de Bulgarie | |
| – (9 ans et 1 jour) |
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| Élection | |
| Réélection | |
| Vice-président | Iliana Iotova |
| Premier ministre | Boïko Borissov Ognyan Guerdjikov Boïko Borissov Stefan Yanev Kiril Petkov Galab Donev Nikolaï Denkov Dimitar Glavtchev (intérim) Rossen Jeliazkov |
| Prédécesseur | Rossen Plevneliev |
| Successeur | Iliana Iotova |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Roumen Gueorguiev Radev |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Dimitrovgrad (Bulgarie) |
| Nationalité | Bulgare |
| Parti politique | PCB (années 1980) Indépendant (2016-2026) PB (depuis 2026) |
| Profession | Militaire |
| Religion | Christianisme orthodoxe bulgare |
| Résidence | Largo (Sofia) |
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| Présidents de la république de Bulgarie Premiers ministres de Bulgarie |
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| modifier |
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Militaire de profession, il se présente comme indépendant, avec le soutien du BSP, à l'élection présidentielle de 2016 : il remporte avec 59 % des voix au second tour. Il est réélu en 2021 avec 67 %. Un an avant la fin de son second mandat, il démissionne, devenant le premier président bulgare à prendre une telle décision.
En vue des élections législatives qui suivent, il fonde Bulgarie progressiste et remporte la majorité absolue des sièges à l'Assemblée nationale, une première pour une formation politique depuis trente ans dans le pays.
Carrière professionnelle
Roumen Radev est membre de la force aérienne bulgare de 1987 à 2016. Pilote de chasse, il obtient le grade de major-général et occupe le poste de commandant de cette force aérienne entre 2014 et 2016[1].
Débuts en politique
Membre du Parti communiste bulgare
Roumen Radev rejoint le Parti communiste bulgare dans les années 1980. Il déclare plus tard que sa principale raison de rejoindre le parti était qu'il serait destiné aux vols dans un jet supersonique, mais ajoute également qu'il n'a pas honte de son passé et qu'il est fier de ce qu'il avait fait.
Il quitte le Parti communiste bulgare en 1990, lorsqu'une loi nouvellement promulguée interdit aux membres des forces armées du pays d'être membres de partis politiques[2],[3].
Élection présidentielle de 2016
Par la suite membre d'aucun parti politique, Roumen Radev présente sa candidature à l'élection présidentielle de 2016, soutenu par un comité d'initiative affilié au Parti socialiste bulgare (PSB)[4].
Il arrive en tête du premier tour avec 25,4 % des suffrages, devant Tsetska Tsatcheva, présidente de l'Assemblée nationale et candidate du GERB, au pouvoir[5]. Il remporte le scrutin au second tour en recueillant 59,4 % des suffrages, contre 36,2 % à Tsetska Tsacheva et 4,5 % de votes blancs[6],[7].
Président de la république de Bulgarie
Investiture et débuts

Roumen Radev prête serment le et prend ses fonctions trois jours plus tard[8],[9].

Son élection conduit le Premier ministre, Boïko Borissov (GERB), à lui présenter sa démission[10]. Roumen Radev nomme alors Ognyan Guerdjikov pour lui succéder, en attendant la tenue des élections législatives anticipées en [11]. Celles-ci aboutissent à la victoire du centre droit, ce qui permet à Boïko Borissov de revenir à la tête du gouvernement[12].
Réputé pour ses positions anti-corruption, il refuse de signer le décret de nomination d'un procureur général, Ivan Geshev, réputé laxiste dans sa lutte contre la corruption[13].
Crises politiques de 2020-2021
En , alors qu’il est en conflit avec le Premier ministre depuis le début de sa présidence, des enquêteurs sont envoyés pour perquisitionner la présidence. Cette initiative est considérée comme un abus de pouvoir et déclenche d’importantes manifestations anti-gouvernementales, qui sont encouragées par Roumen Radev. Le président de la république jouit dès lors d'une image d’opposant à la corruption gangrenant le pays[14]. Il sort du palais présidentiel pour se joindre aux manifestations, le poing levé[15].
Après la démission de Borissov consécutive aux élections législatives d', Radev mandate successivement trois personnes (Daniel Mitov, Antoaneta Stefanova puis Korneliya Ninova), qui échouent à constituer un gouvernement. Par conséquent, en vertu des dispositions constitutionnelles, il annonce que de nouvelles élections se tiendront en et nomme Stefan Yanev comme Premier ministre en attendant qu’un nouveau gouvernement émerge des urnes[16].
Second mandat

Candidat à un second mandat à l’élection présidentielle de 2021, Roumen Radev est réélu au second tour avec 66,7 % des suffrages exprimés face au recteur de l'université de Sofia, Anastas Guerdjikov, soutenu par le parti GERB. Le premier tour du scrutin présidentiel s’est tenu en même temps que de nouvelles élections législatives, aucun gouvernement n'ayant émergé des précédentes.
Il est le président lors de l'entrée de la Bulgarie dans la zone euro le [17].
Démission
Le , Roumen Radev annonce qu'il présentera le lendemain sa démission devant la Cour constitutionnelle de Bulgarie, qui l'approuve le [18],[19]. La vice-présidente, Iliana Iotova, lui succède jusqu'au terme prévu de son mandat en [20].
Élections législatives de 2026
Dès son départ de la présidence, Roumen Radev annonce son intention de fonder une formation politique avec pour objectif d'accéder à la fonction de Premier ministre dans un contexte de forte instabilité politique (huit élections législatives en cinq ans)[21]. Cette décision change la donne à trois mois d'élections législatives anticipées[22].
Le , il lance la coalition sociale-démocrate Bulgarie progressiste (PB), qui se place en tête des sondages. La formation compte des militaires, des sportifs et d'anciennes figures du Parti socialiste bulgare[21]. Une partie substantielle de l'opinion le voit alors comme le seul politique capable d’insuffler un nouvel élan à la Bulgarie[15].
Il axe ses propositions sur lutte contre la corruption, qui est endémique dans le pays et après qu'il a soutenu les manifestations de 2020-2021 et de 2025-2026[15],[23]. Il promet également de lutter contre les inégalités sociales et défend le principe de discipline budgétaire[15]. Tout en affirmant son attachement à l'appartenance à l'Union européenne, il appelle à renouer des liens avec la Russie[15].
Le , dans un contexte de forte hausse de la participation, Bulgarie progressiste arrive en tête du scrutin avec 43,9 % des voix – un score plus élevé que ce qu'indiquaient les sondages — largement devant les partis GERB de Boïko Borissov (13,2 %) et PP-DB de Nikolaï Denkov (12,4 %). Pour la première fois depuis 1997, une formation obtient à elle seule la majorité absolue à l'Assemblée nationale[21]. Cette victoire devrait permettre de mettre un terme à l'instabilité politique dans le pays[21].
Premier ministre de Bulgarie
Roumen Radev est nommé Premier ministre de Bulgarie par la présidente de la République Iliana Iotova le , succédant officiellement à Andreï Giourov qui assurait l'intérim, et indirectement à Rossen Jeliazkov, démissionnaire[24]. Le lendemain, il est élu Premier ministre par l'Assemblée nationale en obtenant 124 voix contre 70 puis présente son gouvernement qui obtient la confiance des parlementaires par 122 voix contre 70[25].
Positions politiques
Réputé austère, Roumen Radev ne communique pas comme les personnalités politiques traditionnelles[15]. Le média français Mediapart le qualifie d'« ultraconservateur »[26].
Union européenne
Bien qu'étant décrit comme eurosceptique par ses adversaires, il défend l'appartenance de la Bulgarie à l'Union européenne[27],[28]. Pour lui, « la Bulgarie se trouve dans une position unique, car étant le seul État membre de l'UE à être à la fois slave et orthodoxe »[15]. Président de la république, il demande un référendum sur l'entrée de la Bulgarie dans la zone euro, considérant que le pays n'est pas encore prêt à la rejoindre[15]. Sa proposition de référendum n'aboutit pas et le gouvernement bulgare adopte l'euro[13].
Russie
Roumen Radev est qualifié de « pro-russe »[29] ou de « pro-russe modéré »[30] dès 2016, une étiquette que lui-même rejette[27]. En , dans un entretien accordé au Monde quelques semaines avant son entrée en fonction, Radev cite Valéry Giscard d'Estaing qui déclarait qu'« historiquement et culturellement, la Crimée est russe […] son destin doit être défini par ses habitants »[31]. Giscard d'Estaing avait en effet rencontré Vladimir Poutine en avec qui il avait échangé des propos équivalents. Par la suite, trois jours avant sa prestation de serment, Radev réclame la levée des sanctions de l'Union européenne contre la Russie[32]. Alors qu'il estime lors de la campagne présidentielle de 2016 que « la Crimée est ukrainienne en droit mais de facto russe »[33], en Radev qualifie l'annexion de la Crimée par la fédération de Russie de « violation du droit international »[34]. Aussi, le , lors d'une visite de Volodymyr Zelensky à Bruxelles, Radev indique s'opposer aux aides militaires à l'Ukraine car cela consisterait à « jeter de l'huile sur le feu »[35], et se dit en faveur d'une « solution pacifique »[36]. Malgré l'opposition de Radev, le gouvernement et le parlement bulgare livrent des armes à l'Ukraine. Par ailleurs, en , Radev déclare que « l'Ukraine insiste pour mener cette guerre »[37]. Ainsi, le président cherche à saboter la position commune de l'Union européenne et de l'OTAN sur l'Ukraine d'après le journal bulgare Cera (bg) en accusant l'Occident « d'escalade »[38]. Puis, en , lors d'un discours, Radev incrimine l'Union européenne au sujet des victimes de l'offensive ukrainienne de Koursk[39].
Turquie
Le , Radev condamne comme « absolument inacceptable » ce qu'il a décrit comme une intervention turque dans les élections législatives bulgares de 2017 après que l'on a découvert que l'ambassadeur de Turquie en Bulgarie avait fait une apparition dans un clip de campagne en faveur de l'un des partis politiques bulgares et que le ministre turc des affaires sociales avait fait la promotion et avait offert des incitations aux Turcs bulgares en Turquie pour qu'ils traversent la frontière dans le cadre d'une campagne électorale organisée afin de voter pour le même parti. Radev a déclaré qu'il en avait référé à l'Union européenne[40]. Il rencontre le président turc Recep Tayyip Erdoğan plusieurs mois plus tard en juillet, après quoi il décrit la Turquie comme un « voisin, partenaire et allié important », tout en affirmant que ce statut dépendait du respect par la Turquie du « processus politique interne de la Bulgarie, concernant les partis politiques et le système électoral bulgares ». Il est le seul chef d'État de l'Union européenne à assister à l'investiture d'Erdogan, déclarant que son mandat ne lui avait été confié ni par la Commission européenne ni par le gouvernement bulgare, mais par le peuple bulgare[41]. En , Radev condamne l'invasion turque au nord de la Syrie visant à chasser les Kurdes syriens soutenus par les États-Unis de l'enclave d'Afrine et insiste pour que l'Union européenne intervienne pour la stopper[42],[43]. En , il critique les bombardements de Barzé et de Him Shinshar lancés par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, contre des installations du régime syrien, appelant plutôt à « moins d'armes et plus de dialogue »[44],[45].