Roupen Zartarian
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
Ռուբէն Զարդարեան |
| Nationalité | |
| Domiciles |
Elazığ (à partir de ), Plovdiv (- |
| Formation |
Lycée arménien Guétronagan de Kharpert (d) |
| Activités |
Écrivain, traducteur, journaliste, journaliste d'opinion, éditeur associé, homme politique |
| Enfants |
Raphaël Zartarian (d) Hratch Zartarian |
| A travaillé pour | |
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| Étape de canonisation | |
| Maître |
Roupen Zartarian (en arménien : Ռուբէն Զարդարեան) est un intellectuel, écrivain, éducateur et journaliste arménien de premier plan. Né en 1874 à Siverek, dans la province de Tigranakert (Diyarbakır), il meurt martyrisé le 16 août 1915 à Diyarbakır. Il est l'une des figures centrales de l'élite culturelle victime de la rafle des intellectuels arméniens du 24 avril 1915 à Constantinople[1],[2],[3].
Jeunesse et formation
Bien que né à Siverek, Roupen Zartarian s'installe avec sa famille à Kharberd dès l'âge de deux ans. Il y reçoit son éducation primaire au National College de la ville avant de poursuivre ses études à la célèbre école de Tlgadintsi, dont il ressort diplômé. À l'âge de 18 ans, il entame une carrière d'éducateur qu'il exerce pendant une décennie. Il enseigne d'abord au sein de l'école de son mentor, Tlgadintsi, avant d'intégrer pour une durée de trois ans l'école des ecclésiastiques français[2],[1].
Arrestation et exil
En 1903, son parcours est interrompu par une arrestation orchestrée par le gouvernement ottoman, où il est emprisonné aux côtés d'autres enseignants. Après sa libération, il est contraint de s'installer dans la ville de Plovdiv, en Bulgarie. C'est durant cet exil qu'il fonde le journal Razmig en 1906. Le rétablissement de la Constitution ottomane en 1908 lui permet finalement de rejoindre Constantinople[1].
Carrière journalistique et éditoriale
Une fois installé à Constantinople, Roupen Zartarian déploie une activité de publiciste et de rédacteur qui marque durablement le paysage médiatique arménien. Son influence atteint son apogée en 1909 lorsqu'il accède au poste de rédacteur en chef d'Azadamart, le quotidien le plus influent de la communauté arménienne de l'époque[1],[2].
À travers ce journal, il s'impose comme un porte-parole intellectuel majeur, utilisant sa plume pour défendre les réformes administratives et la protection des populations arméniennes dans les provinces orientales. Tout en menant de front ses importantes responsabilités de presse, il continue de transmettre son savoir en occupant un poste de professeur invité à l'École Centrale (le Guetronagan), où il enseigne la langue et la littérature arménienne occidentale à la future élite intellectuelle de la capitale[1].
En parallèle, il collabore activement à la revue d’art polémique Baguine (Le Temple), fondée par Hrand Nazariantz et le dramaturge Léon Serpossian. Tout en menant de front ces nombreuses responsabilités de presse, il continue de transmettre son savoir en occupant un poste de professeur invité à l'École Centrale, le Guetronagan[1],[2].
Contexte politique et mort
Originaire de Diyarbakır, Zartarian reste lié aux enjeux de sa région natale, marquée par des tensions identitaires et politiques. À travers le journal Azadamart, il défend le programme du Dashnaktsutiun, réclamant l'autonomie, la décentralisation, la reconnaissance de l'arménien comme langue officielle et la fin des injustices (expropriations et abus) commises par certaines tribus kurdes contre les paysans arméniens[1].
Malgré l'existence d'organisations comme la Société d’assistance et de progrès kurde (fondée en 1908 par Müftü Suphî Efendi) qui cherchait une harmonie entre les sujets ottomans, le climat de revanchisme issu des guerres balkaniques exacerbe les conflits.
Zartarian a été déporté de Constantinople vers l'intérieur de l'Anatolie. Il aurait été transféré vers sa région natale, Diyarbakır, pour y être jugé par un conseil de guerre. C'est lors de ce transfert, le 16 août 1915, qu'il aurait été assassiné par des miliciens de l'Organisation Spéciale dans un lieu appelé Karaca Veran, à proximité de la ville. Le 16 août 1915, à l'âge de 41 ans, Roupen Zartarian est martyrisé durant le Génocide à Diyarbakır. Il était marié et père de famille[1].
Style et rayonnement culturel
Zartarian est reconnu comme une figure littéraire brillante dotée d'une nature extrêmement artistique. Esthète et linguiste méticuleux, il maîtrise parfaitement l'arménien occidental et accorde une importance capitale à la pureté du style. Pour signer ses écrits, il utilise les pseudonymes Ezhtahar et L’Œil de Jéhovah[1].
