Rovéréaz
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Rovéréaz, du français « rouvraie » soit l’endroit où poussent des rouvres, c'est-à-dire des chênes, est cité comme un lieu-dit de Lausanne à partir de 1226[1].
En 1474, Rovéréaz est mentionné comme un fief noble rattaché aux seigneurs de Billens. Entre la fin du XVIIe siècle et le début du XVIIIe siècle, la campagne passe à la famille de Charrière. En 1744, le domaine est vendu à Sébastien Bergier de Roveréaz et devient ensuite la propriété d’un gentilhomme anglais, Henry-Perkins Weston, Esq. of West Horsley, qui épouse Marianne, fille de Sébastien Bergier de Rovéréaz, en 1770[2].
En 1809, le domaine de Rovéréaz passe par alliance à la famille de Cerjat. Charles-Sigismond de Cerjat, colonel de cavalerie dans l’armée britannique, avait épousé Mary Augusta Weston, fille de Henry-Perkins Weston et Marianne Bergier de Rovéréaz[3]. Dès 1810, Charles-Sigismond de Cerjat y fait construire les bâtiments ruraux (grange, ferme, etc.) sans doute sous la direction de l’architecte Jean-Abraham Fraisse, et ensuite de la maison de maître probablement de 1815 à 1818[1].
Charles-Sigismond de Cerjat met sa propriété à la disposition de la Société artistique et littéraire pour des concerts et des représentations[1]. Lors de ses séjours à Lausanne, Sainte-Beuve se rendra souvent à Rovéréaz qui lui inspire en 1837 ces vers : « Etrange est la musique aux derniers soirs d’automne, / Quand vers Rovéréaz, solitaire, j’entends, / Craquer l’orme noueux et mugir les autans / Dans le feuillage mort qui roule et tourbillonne ! ». Eugène Viollet-le-Duc y dessine les bois de Rovéréaz en 1877[4].
Vers 1840 vient s’ajouter sur le domaine une tour néogothique dont il ne reste aujourd’hui que les ruines et qui serait le fruit d’un pari entre Auguste Perdonnet, Charles-Sigismond de Cerjat et William Haldimand[5]. De ce pari serait également issues la Tour Haldimand à Ouchy et la Tour-Belvédère du parc de Mon-Repos[6].
En 1856, Rovéréaz fait la une de l’actualité : on découvre, dans un cordon boisé de la campagne, des os fossilisés appartenant à plusieurs rhinocéros d’une espèce ayant vécu il y a environ vingt-deux millions d’années[1]. Ces fossiles sont présentés au Musée géologique de Lausanne.
Le domaine est acquis en 1897 par Alfred Fallot (1856-1936), beau-frère et associé d’Armand Peugeot, pour 380'000 francs suisses (ca. 6 million de francs suisses actuels)[7]. Alfred Fallot fera construire à quelque distance de la maison de maître une nouvelle résidence, le Château Fallot.
Chronologie des propriétaires
- Vers 1474: Seigneurs de Billens
- XVIIe - XVIIIe: Famille de Charrière
- 1744-1809: Famille Bergier de Rovéréaz
- 1809-1899: Famille de Cerjat
- 1899-1988: Famille Fallot
- Depuis 1988 - Ville de Lausanne
Durant le XIXe siècle, le domaine est confié à un « régisseur », puis à partir de 1844 à son premier fermier. Gilles Berger, dernier fermier en date depuis 2016, est l’actuel associé gérant de la société Ferme de Rovéréaz Sàrl qui exploite le domaine agricole[8].