Royal Worcester
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Royal Worcester est une entreprise britannique de production de céramique de type porcelaine fondée à Worcester en 1751.
| Royal Worcester | |
| Création | |
|---|---|
| Fondateurs | John Wall (en) |
| Action | Société à capitaux privés |
| Siège social | Stoke-on-Trent |
| Direction | Portmeirion Pottery (en) |
| Activité | Céramique |
| Produits | Arts de la table |
| Site web | www.royalworcester.co.uk |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
Avec Royal Crown Derby, elle est l'entreprise britannique de son secteur la plus ancienne à demeurer encore en activité.
Établie à Stoke-on-Trent, elle fait partie depuis 2009 du groupe Portmeirion Pottery (en).
Historique
The Worcester Tonquin Manufactory

À la fin des années 1740, le médecin John Wall (1708-1776) et le pharmacien William Davis travaillent ensemble sur une méthode pour fabriquer et produire de la porcelaine à Worcester afin d'y développer l'emploi et la production manufacturière. Dans le contexte du tout début de la révolution industrielle britannique, ils entrent en contact avec la manufacture de porcelaine Lund's Bristol Ware située à Bristol et dirigée par le quaker Benjamin Lund et le banquier-négociant William Miller, qui utilisent la stéatite comme matériau de base. Notons que le kaolin, appelé en Angleterre Cornish china stone, avait été identifié par William Cookworthy (1705-1780) seulement vers 1745. La stéatite reste à cette époque en Angleterre le principal composant de ce type de porcelaine dite tendre, proche de ce qui était par exemple fabriqué en France à la manufacture de Saint-Cloud. En 1751, Wall et Davis parviennent à réunir treize investisseurs et ouvrent le 16 mai suivant un premier site de production, appelé Warmstry House, à Worcester, sur les rives du Severn ; la mise de fonds est de 4 500 livres sterling et l'entreprise prend d'abord le nom de The Worcester Tonquin Manufactory. Il n'est pas établi si oui ou non le site de Bristol investit une part de capital dans ce montage. Toujours est-il qu'en 1752, vingt tonnes de stéatite provenant des carrières de Cornouailles sont acheminées vers le site de Worcester, par le biais de Benjamin Lund[1].


Les premières porcelaines tendres à être produites ont été analysées, elles ressemblent dans leur composition à celles produites à la même époque à la manufacture de Bristol. D'autres sites produisent au même moment des céramiques d'une composition voisine, entre autres à Caughley (Much Wenlock) et Liverpool[3].
Vers 1756, le dessinateur-graveur Robert Hancock est embauché par John Wall afin d'y développer une technique de transfert de motif décoratif qui semble avoir donné à l'entreprise un certain succès sur le marché. La société baptisée Worcester Porcelain Works est recapitalisée au cours des deux décennies suivantes ; Hancock y devient même l'un des actionnaires majoritaires entre le 3 mars 1772 au 31 octobre 1774. D'autres artistes ou personnalités transitèrent par Worcester à cette époque, tels Valentine Green ou Thomas Turner, formés par Hancock[4].
Worcester Royal Porcelain Works

En 1783, la manufacture est rachetée par Thomas Flight, leur ancien concessionnaire londonien, pour la somme de 3 000 guinées. Jusqu'en 1791 (année de sa mort), il dirige le site avec ses deux fils, Thomas et Joseph. En 1788, ils obtiennent un Royal Warrant de George III[5] : la Royal Porcelain Works peut ainsi rivaliser avec ses concurrents tels la Caughley Factory, dirigée par Thomas Turner — et où travailla Hancock — et les importations massives et à moindre prix de céramique chinoise, souffrant toutefois d'un vieillissement de leurs locaux et outils. Aussi, en 1792, un nouvel investisseur entre dans le capital, Martin Barr — qui laisse sa signature, « B », au revers des productions. En 1800, Joseph Flight et Martin Barr sont seuls aux commandes, puis au cours de la décennie, Martin junior et George Barr, les fils du propriétaire, entrent dans la compagnie. Ils obtiennent deux nouveaux Royal Warrant, respectivement du prince et de la princesse de Galles. Cependant, l'invention de la porcelaine à la cendre d'os (bone china) se traduit à la fin des années 1790 par un désintérêt progressif pour la Worcester Porcelain, composée de stéatite. Par ailleurs, Flight et Bone ne changèrent en rien leurs méthodes de production, avant 1840, s'obstinant dans la porcelaine tendre, quand leurs concurrents choisissaient de transférer leurs investissements dans la porcelaine dure et la bone china[1].
The Worcester Royal Porcelain Company Limited
En 1841, les héritiers de Flight et Barr cèdent la Worcester Porcelain à Chamberlain & Company, une manufacture qui avait dès 1791 adopter la méthode de production de porcelaine dure. Un incendie se déclare en 1852 et réduit l'usine en cendres. Les difficultés de la Chamberlain & Company conduisent de nouveaux actionnaires à fonder en 1862 la Worcester Royal Porcelain Company Limited. En 1889, l'entreprise rachète la Grainger & Co, producteur de porcelaine depuis 1807. En 1905, la Royal Worcester rachète la James Hadley and Sons, entreprise fondée en 1897 par l'un de leurs anciens cadres[1].
Au XXe siècle, l'une de leur ligne de produits les plus célèbres reste la Evesham Gold, développée à partir de 1961[6].
En 1976, a lieu une fusion avec Spode (en), fondée en 1770 à Stoke-on-Trent. Les trois décennies suivantes sont le théâtre de fortes restructurations du fait de la concurrence des produits importés. Le site de Worcester est peu à peu délaissé au profit de celui de Stoke. Dans les années 2000, des centaines d'employés sont licenciés. En 2009, le site de Worcester est fermé et la Royal Worcester est rachetée par le groupe Portmeirion Pottery (en) qui possède déjà une usine à Stoke, ce qui conduit là encore à des économies d'échelle[7]. En 2019, Portmeirion Pottery réalise une chiffre d'affaires de près de 100 millions de livres sterling[8].
Museum of Royal Worcester

L'espace muséal situé à Worcester remonte à 1751. L'idée de conserver et exposer les productions de la manufacture en ses locaux était déjà inscrit dans les statuts d'origine, sans doute dans un souci promotionnel. Sous l'époque victorienne, le Museum of Worcester Porcelain connaît un certain succès au niveau national. En 2009, à la suite de la fermeture de la manufacture historique, le Dyson Perrins Trust, du nom du fondateur de la sauce Worcestershire vendue par Lea & Perrins (en) incorpore le site et fonde le Dyson Perrins Museum and Worcester Porcelain Museum qui devient ensuite le Museum of Royal Worcester. Charles William Dyson Perrins (1854-1958) était lui-même un important collectionneur de céramiques et d'ouvrages anciens — dont des incunables. Ce musée propose la plus grande collection de porcelaine de type Worcester au monde, soit plus de 10 000 objets, mais aussi des archives[9].
On peut y découvrir les créations graphiques de nombreux artistes qui travaillèrent en collaboration avec la manufacture dont Robert Hancock, William Billingsley, James Hardley (de 1880 à 1906), les figurines conçues par Freda Doughty et Dora Lindner (années 1930), les créations art déco de René Crevel, et celles plus contemporaines de Scottie Wilson[10].