Royaume de Savè

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Royaume de Savè

1750–1855

Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Abomey
Langue(s) Fon
Religion Animisme
Histoire et événements
1855 Fondation du royaume par
1974

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le royaume de Savè, également appelé Sabé, est un ancien royaume yoruba situé à la frontière orientale de l’actuelle République du Bénin avec le Nigeria. Né d’une mosaïque de cités-États et de groupes culturels, il se développe au XVIIIe siècle autour de la ville d’Ile-Savè (actuelle Savè). Le royaume connaît des périodes de centralisation et d’instabilité, jusqu’à sa chute définitive en 1885 suite à la destruction de la capitale par le royaume du Dahomey.

Le royaume s’étend de la rivière Oyan, à l’ouest, jusqu’à la rivière Ouémé, à l’est. Le relief se caractérise par de grandes collines et des blocs rocheux, à environ 200 km au nord de la côte béninoise. L’environnement, riche en sols alluviaux permet une agriculture stable. Les productions incluent légumes, ignames, tabac et huile de palme, destinés à la consommation locale et aux échanges. L’élevage bovin et la culture du coton s’ajoutent à ces activités[1].

Histoire

Contexte et formation

La région connaît de multiples vagues de peuplement. Les premiers habitants viennent des régions de popo, suivis par des migrants yoruba au XVe et XVIe siècles. Ceux-ci établissent une série de cités-États dans les collines de Savè. Au XVIe siècle, le groupe yoruba des Amusu, originaire du Borgou, s’installe dans la région après l’effondrement de l’Empire songhaï. Prétendant descendre d’Ile-Ife, ils cherchent à imposer leur autorité mais rencontrent de fortes résistances des populations locales. L’un de leurs chefs, Ola Musu, parvient un temps à établir une paix fragile par des sacrifices rituels, mais les conflits reprennent rapidement sous ses successeurs[1].

La tradition officielle affirme que la dernière migration provenant du Borgou est menée par un chef, Baba Gidaï, qui donne son nom au groupe migratoire[2]. Le royaume de Savè prend forme vers 1750, lorsque Yai, chef du groupe Babagidai, parvient à centraliser le pouvoir sur plusieurs cités-États et se fait reconnaître comme oba. Bien que les Babagidai ne soient pas d’origine yoruba, leur assimilation linguistique et culturelle facilite cette prise de pouvoir. Yai tente d’intégrer les Amusu, mais leurs rébellions provoquent trois batailles dont la dernière se conclut par leur soumission. Son autorité s’appuie sur des alliances avec les chefs de lignages. Cependant, la stabilité reste fragile et la succession au décès de Yai et son frère Sabi est compliquée[1].

Crises et chute

Sous le cinquième roi, Akinkanju, le royaume connaît une période d’apaisement. Ce dirigeant instaure un conseil permanent de chefs de lignages et étend son influence grâce au commerce d’esclaves avec Porto Novo. Toutefois, la position ouverte de Savè continue de l’exposer aux pressions extérieures[1].

En 1828, le roi du Dahomey, Ghézo fait décapiter une trentaine de prisonniers Savés capturés à la suite d'un raid, dégradant drastiquement les relations entre les deux royaumes[2]. À partir du milieu du XIXe siècle, des raids de jihadistes peuls fragilisent le royaume. En 1835, l’accession au trône d’Ina Mego, une femme, provoque un sursaut dans le royaume. Elle fait construire des murailles défensives autour de la capitale, mais son règne est contesté dans une société patriarcale. Elle est renversée en 1845, laissant le royaume divisé entre plusieurs prétendants[1].

La seconde moitié du XIXe siècle voit une intensification des attaques extérieures. Des groupes venus du royaume du Dahomey multiplient les incursions. La capitale d’Ile-Savè est détruite en 1848, puis de nouveau en 1855. Malgré des reconstructions, les raids se poursuivent. En 1885, une ultime attaque dahoméenne entraîne la destruction définitive de la capitale et marque la fin de l'indépendance du royaume de Savè[1]. Un roi favorable au Dahomey est placé par Glélé, cependant en 1894, le royaume de Savè accepte le protectorat de la colonie du Dahomey, sans pouvoir récupérer une forme d'autonomie[2].

Le roi de Savé au Bénin vers 1890, entouré de ses marabouts

Durant la période coloniale, les successions au trône se perpétuent sans que l'oba ait un quelconque pouvoir. Le dernier oba, Adégbamifé, meurt en 1973. À l'indépendance du Bénin en 1974, la royauté traditionnelle est définitivement supprimée[2]. Aujourd'hui, un chef traditionnel symbolique est encore intronisé roi afin de préserver les traditions du royaume. Le dernier roi intronisé en juillet 2005 est Adetutu Akikenju[3].

Organisation

Notes et références

Liens externes

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